jeudi 5 novembre 2015

Route ronde à l'autome

Greg CLOUZEAU
Au moyen-âge, très peu de routes traversaient les forêts qui allaient composer le futur domaine royal de Fontainebleau. L'axe principal était une ancienne voie romaine qui longe la Seine et qui allait devenir la route de Bourgogne. La deuxième grande voie de communication importante traversait la forêt, et permettait de relier Melun à Orléans. Enfin, il avait aussi quelques chemins plus ou moins carrossables reliant entre eux les villages limitrophes de la forêt.



C’est Henri IV (1153-1610) qui fit ouvrir la célèbre Route Ronde. De forme presque circulaire, elle permettait aux lourdes calèches de suivre la chasse du roi. Louis XIV poursuivit les travaux de son grand-père et fit tracer de nombreuses routes forestières sur environ 600 km permettant ainsi aux calèches de faire demi-tour grâce aux nombreux carrefours en étoile. Il entreprit aussi d’élargir et faire paver l’ancien chemin de Chailly à Fontainebleau qui deviendra, bien plus tard, la route Nationale 7.







Et ces travaux vont se poursuivre au gré des chasses royales notamment sous Louis XV à qui l’on doit une soixantaine de routes. Ces routes forestières sont restées longtemps sans dénomination et l’usage en était interdit par des barrières fermées à clef en dehors du temps de la chasse. Il faut attendre 1835 pour que le conservateur des forêts de la liste civile du roi, Monsieur le baron de Sahune, demande de combler cette lacune. Ainsi, plus 800 nouveaux noms furent attribués et peints sur des panneaux afin de faciliter le travail des forestiers et pour aider les premiers touristes !


L’amateur d’histoire pourra découvrir l’explication de ces noms dans l’excellent ouvrage d’Alain Monnier, publié en 2010 et intitulé « Guide des noms de la forêt de Fontainebleau » aux Éditions de la Route Ronde, dont la présentation est faite ici.


Par ailleurs, pour en savoir plus, c’est encore une fois vers le site photo d’Olivier Blaise qu’il faut se tourner (et dont s’inspire ce texte). En effet, il publie régulièrement d’excellents reportages dans lesquels il explique notamment l’histoire des noms de chemin et autres rochers des sentiers bleus en attendant sont livre, le mien étant, pour le moment repoussé.