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mercredi 1 septembre 2021

[Fiche de bloc] L'Océane ou la traversée du désert des Gros Sablons

Voilà plus de 6 mois que j'ai publié une image de grimpe à Fontainebleau ! Une véritable traversée du désert due tant à la crise sanitaire qu'à ma motivation très faible pour l'escalade ces dernières années... Du coup, très heureux de reprendre ce type de publication en commençant avec une photographie d'une bleausarde : Françoise Roumégoux !

C'est donc l'occasion donc de vous présenter la traversée d'Océane ouverte il y a bien longtemps par Eric Allayaud dans le secteur dit des Cassis sur la pente nord des Gros Sablons (Trois Pignons). Cette rampe surplombante est désormais balisée en rouge pour la version basse en 6A et en bleu, pour la version haute, en ... 5+ ? Un bloc parfait pour s'échauffer avant de visiter les classiques du coin comme Balade pour Manon du même ouvreur !














Ce secteur rassemblait dans les années 90 les voies du circuit orange n°2 et des blocs isolés (en majorité des traversées). Depuis presque deux ans, il connait un regain d'intérêt car les voies ont été complétées et balisées. Vous pouvez donc y suivre un circuit bleu plutôt sévère et un rouge très sérieux...

Du parking de la Croix Saint-Jérôme, il faut suivre le chemin de la Vallée Close sur 1km environ puis traverser la plaine de sable pour prendre le chemin des Cassis. Les départs du circuit  dont l'orange historique sont sur la gauche du chemin et les traversées les plus célèbres, une centaine de mètres plus loin, au niveau du sentier rouge des 25 Bosses.

mardi 15 mai 2018

[insecte] Identifier les demoiselles de Bleau

l'Agrion Jouvencelle

Du printemps à l’automne, les occasions de photographier les libellules sont très nombreuses pour peu que l'on se rapproche des mares et autres points d'eau du Pays de Fontainebleau. Et ce n'est que le début car l’été est la saison idéale pour partir à leur rencontre. Plus ça brûle, mieux c’est car elles adorent les heures les plus chaudes de l’été, quand les oiseaux ne chantent même plus et que tous les  animaux sont au repos.  

J'ai déjà évoqué quelques lieux d'observation intéressants comme les grandes mares (Mare aux Evées, Mare aux Fées, etc.) mais aussi bords du Loing ou de la Seine, et les ENS comme La Sorques ou, celui de la prairie de Malécot à Boissise le Roi. Problème, de retour à la maison, outre la qualité esthétique des images, vous allez sans doute vouloir donner un nom ces belles inconnues. Voici donc quelques images des demoiselles les plus communément rencontrées chez nous !
 
Comme je l'ai déjà expliqué dans ce vieux billet, les libellules (odonates) se classent en deux grandes familles : les Anisoptères (les libellules/Epiproctophora) dont entre autres, les orthétrums, les libellules, les anax, les aeschnes, les gomphes, les sympetrums etc. et les Zygoptères (aussi appelées demoiselles). Ce sont ces dernières qui nous intéressent ici. On les reconnaît immédiatement à leur long abdomen tubulaire et surtout parce qu’elles tiennent leurs ailes pliées le long du corps au repos à la différence des libellules qui se tiennent en mode biplan !
 

Calopterix éclatant mâle (Calopteryx splendens) Seine et Marne
Calopterix éclatant mâle (Calopteryx splendens)
ENS de la Prairie de Malécot, 77
Le nombre d’individus peut varier de manière très importante d’une année à l’autre, en fonction des conditions météorologiques. Par exemple, un printemps trop frais et très pluvieux comme en 2016 est meurtrier pour les libellules et demoiselles les plus précoces : réfugiées à l’abri des gouttes, elles ne chassent plus et meurt de faim... Par ailleurs, face au dérèglement climatique des tendances à long terme commencent à se dessiner : certaines espèces méridionales vont remonter alors que d’autres, liées à des milieux frais comme les tourbières, disparaissent déjà.

Chez les demoiselles (Zygoptera) donc, on classera nos observations selon 3 sous ordres : les zygoptères les caloptéryx, les agrions et les lestes.
Si l'insecte place ses ailes allongées parallèles à son abdomen quand il se posent, il est de la famille Coenagrionidae. Les couleurs et motifs qui ornent leurs corps aident à déterminer leurs espèces, mais il y en a tellement qui se ressemblent que c'est souvent très difficile. Si l'insecte possèdes des ailes plus larges et colorées que le corps, il est probablement de la famille Calopterygidae. En revanche, quand l'insecte a le corps tubulaire beaucoup plus long, et que les ailes sont étalées ou écartées quand il est posé, c'est un odonate de la famille des lestes (Lestidae).
 
Calopterix éclatant femelle (Calopteryx splendens)
Calopterix éclatant femelle (Calopteryx splendens)
 

Une fois n'est pas coutume, chez les demoiselles, le plus facile à identifier, c'est le mâle !

En effet, il est plus difficile d’identifier les femelles. Pour l’identification des femelles mieux vaut les ouvrages scientifiques, de la patience et de très bonnes photographies car les critères d’identification sont trop complexes et nombreux. Ces femelles ayant été vues avec les mâles cela m'a facilité l'identification. Enfin, ces photographies ne présentent que quelques unes des espèces que l’on peut trouver. Il s’agit uniquement de celles que j'ai déjà rencontrées lors de mes dernières sorties, il y a quelques jours.


Calopterix éclatant femelle (Calopteryx splendens
Calopterix éclatant femelle (Calopteryx splendens)
 

Faire de la photographie de proxy ou macro de sujets vivants n'est pas toujours simple. Sur le terrain, si les conditions sont réunies (bonne lumière, absence de vent...) il faut parfois beaucoup de patience pour réussir une belle image (cadrage, posture, profondeur de champ...) car ces petites bêtes ont la bougeotte et de très grands yeux ! 
Qui plus est, esthétisme ne va pas de paire avec identification... En effet, les critères de différenciation sont parfois très petits ou bien cachés et donc pas toujours visibles sur les photos. Dorénavant, lors de vos sorties photographiques pensez à faire aussi 2 ou 3 images spécialement pour l’identification des libellules rencontrées. De retour à la maison, cela deviendra alors beaucoup plus facile !
 
Agrion orangé (Platycnemis acutipennis) mâle, ENS Malécot, 77
Les pattes sont blanchâtres à rayure noire et il porte sur la tête une bande noire
 Au début, je prenais des photographies puis les comparais avec les celle de l’Observatoire des libellules d’Île-de-France. Si cela vous passionne,  procurez-vous un guide papier (voir liste en bas de page). Ensuite, le top c'est de participer à des sorties animées par des spécialistes. L’Observatoire des libellules d’Île-de-France met en ligne un calendrier annuel des sorties. En région, de nombreuses associations de naturalistes proposent formations et animations. Songez qu'à Jablines, au nord de la Seine et Marne,  la diversité est telle qu’un odonatologue — c’est le nom du spécialiste des libellules et demoiselles — pourrait y perdre son latin avec 34 espèces différentes recensées sur le secteur ! Là, les naturalistes passionnés vont jusqu'à la capture (avec un filet adapté) pour observer de près l'ensembles des critères avant de relâcher l'individu.

Exemple avec les Agrions mâles qui affichent le plus souvent de belles couleurs noir et bleu clair.
Il est donc assez difficile de faire la différence des différentes espèces de la famille des Coenagrionidae. C'est par la répartition des couleurs et décorations de la tête, du thorax et de l'abdomen qu'on peut parfois réussir leur identification. 

 
ici : Agrion de Mercure (Coeragrion mercuriale) mâle, bord du Loing, 77
Il s'identifie part ses 2 traits noirs latéraux sur la zone centrale, un 8ème segment bleu avec souvent deux traits et un 9ème à moitié noir. Ses appendices anaux sont longs et à 4 pointes. Sur le dos, on peut observer le dessin d'un casque à 2 cornes

Son cousin l'Agrion porte coupe (Enallagma cyathigerum),  lui aussi très commun, n'a qu'un trait noir latéral, S8 et S9 sont bleus et surtout, le dessin à la base du thorax ressemble à une coupe (ou un champignon).

Enfin, il ne peut pas dans cette posture être confondus avec l'Agrion Jouvencelle qui est notre photo de couverture (Coenagrion puella, dont S3 à S5 sont annelés de noir, dessin en U sur S2) et l'Agrion Elégant (noir vue du dessus avec deux points bleus sur la tête et un S8 totalement bleu)
 

Calopterix éclatant mâle (Calopteryx splendens)
Calopterix éclatant mâle (Calopteryx splendens)
Facile à reconnaître : Ils sont bleus métallisés et surtout leurs ailes sont fumées
à la base et à l'extrémité avec une limite arrondie
Il peut être confondu avec le Calopterix Vierge (Calopteryx Virgo) mais ce dernier a des ailes fumées bleues (parfois décolorées uniquement à la base)

 

OUVRAGES UTILES


Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg, par D. Grand et J.-P. Boudot, 2006. Parthénope Collection, Biotope Éditions. 480 pages en couleurs.
Guide des libellules de France et d’Europe, par K.-D. B. Dijkstra (éd.). Illustré par R. Lewington, 2007. Traduction et adaptation française de Phillipe Jourde. Les guides du naturaliste. Éditions Delachaux et Niestlé, Neuchatel-Paris. Relié, couverture en couleurs souple, plus de 1.000 illustrations, 320 pages.
Libellules de France - Guide photographique des imagos de France métropolitaine, par Jean-Laurent Hentz, Cyrille Deliry et Christophe Bernier, 2011, édité par Gard Nature et le Groupe Sympetrum (GRPLS), 195 pages, plus de 600 photographies, broché, format 11 x 16 cm.


Agrion de Mercure (Coeragrion mercuriale) mâle, ENS de Malécot, 77
Agrion Jouvencelle (Coeragrion puella) mâle, ENS de Malécot, 77
 



lundi 12 mars 2018

Balai de sorcière ou nid de Marsupilami ?

Si lors de vos randonnées en forêt de Fontainebleau vous levez la tête pour voir plus loin que le bout de vos chaussures ou le sac à dos de votre compagnon, vous avez sans doute déjà remarqué c'et très grosses boules dans les branches d'un arbre. C'est ce que l'on appelle un balai de sorcière, appellation sans grand rapport avec notre représentation d'un balais traditionnelle. Et si c'était en réalité un nid de Marsupilami européen, espèce jusqu'ici jamais observée ?

Un balai de sorcière est donc le nom donné à cette excroissance touffue visibles sur différents types de plantes ligneuses. Dans la forêt de Fontainebleau et des Trois Pignons, on les observe le plus souvent sur les grands pins et certaines formations sont spectaculaires. Elles sont provoquées suivant la plante support par des champignons, des phytoplasmes, des plantes supérieures, voire des virus ou des bactéries qui stimulent une surproduction de cytokinine et le développement incontrôlé et excessif de bourgeons axillaires puis de branches. La physionomie générale du balai de sorcière est bien différente du reste de la plante, par exemple, les aiguilles sont plus courtes et plus denses que celle du reste des aiguilles du Pin sylvestre non infecté ! Ce phénomène ne peut être confondu avec les touffes de gui, plante parasite.


Balai de sorcière, Gros Sablons, Trois Pignons.
Balai de sorcière, Gros Sablons, Trois Pignons.
L'origine de cette expression est sans doute liée à cette légende dont nous n'avons plus trace véritable aujourd'hui. En effet, s'il est couramment admis que les sorcières utilisaient comme monture des manches à balais à leur retour du sabbat, elles sont aujourd'hui représentées sur des balais entiers. Certains disent qu'elles auraient été surprises par le jour au cours d'une de leur chevauchée et auraient abandonné leurs balais dans un arbre pour se cacher. Les balais aurait alors fusionné avec l'arbre formant cette grosse boule. Bon, aujourd'hui, on ne croise plus beaucoup des sorcières et les balais sont plutôt en plastique...

Balai de sorcière, Gros Sablons, Trois Pignons.
Balai de sorcière, Gros Sablons, Trois Pignons.


Alors, pourquoi ne s'agirait-il pas plutôt de nids de Marsupilamis européens ?

Le Marsupilami est un animal sud américain imaginé par André Franquin en 1952 sous le pseudo-nom scientifique de Marsupilamus fantasii, dans la série Spirou et Fantasio, avant d'accéder à sa propre série. Il a également un cousin africain. Alors pourquoi pas une variante européenne encore non observée et sans doute nocturne vivant cachée le jour dans ces très denses boules ?


D'après Wikipédia "L'animal est doté d'une force herculéenne et d'une queue préhensile démesurée ainsi que de toutes sortes de particularités zoologiques dévoilées au fil des albums. Les familles de marsupilamis vivent dans un nid fabriqué à partir de lianes tressées sur une carcasse arrondie, présentant la forme d'un mollusque bivalve, fixée à des lianes pendantes grâce à de solides nœuds. Ce nid est tapissé de plumes et de duvet d'ara, et orné de fleurs odorantes. En cas de besoin, le nid peut se refermer rapidement, par le rapprochement de ses deux valves. La tradition veut que ce nid soit inauguré par la femelle du marsupilami. Une cérémonie a lieu une fois la construction de nid terminée. La famille marsupilami danse et honore la terre fertile de la forêt vierge qui la nourrit, en jetant dans un trou creusé dans la terre les pépins d'une pomme, comme on le voit dans la saison 2 (Mon ami marsupilami) du dessin animé".
 
Balai de sorcière, Gros Sablons, Trois Pignons.
Balai de sorcière, Gros Sablons, Trois Pignons.
 






mardi 27 février 2018

Balade pour Manon aux Gros Sablons

En farfouillant mes archives, j'ai retrouvé de nouvelle diapositives datant de la période où je rédigeais les chroniques bleausardes pour Vertical Magazine dont celle-ci de l'ami Eric Allayaud dont j'ai eu un peu de mal à identifier le bloc. Pourtant un dévers pareil ne s'oublie pas !

Il s'agit d'une de ses nombreuses ouvertures de traversées dans la parcelle forestière 114 des Trois Pignons aux Gros Sablons Nord : Balade pour Manon 7a+.            
Une traversée basse qui va de gauche vers la droite avec une section assez bloc de 4 mouvements avant de remonter un gros dévers à trous. On peut faire le même départ et sortir par l'arête pour la balade de la vipère 6C ou la faire dans le sens inverse (La vipère) en sortant par l'arête 7a+.
 
Il y a plusieurs voies intéressantes dans ce secteur situé quelques mètres à droite du circuit des 25 bosses en remontant depuis le Chemin des Cassis.


Eric Allayaud dans Balade pour Manon 7a+, Gros Sablons Nord, Trois Pignons
Eric Allayaud dans Balade pour Manon 7a+, Gros Sablons Nord, Trois Pignons

vendredi 7 octobre 2016

Sus au raisin d'Amérique, l'envahissant Phytolaque !

Fleur de Phytolaque, ou Raisin d’Amérique (phytolacca americana)
Après l'article sur l'envahissant Prunus, je vais vous (re) parler de l'invasive "star" de la forêt de Fontainebleau : le Phytolaque, ou Raisin d’Amérique (phytolacca americana). Voilà déjà pas mal d'années que les bleausards ont été sensibilisés à la colonisation de nos parcelles forestières par cette pante d'ornement importé au XVII pour les teintures. Et pourtant, malgré de nombreux chantiers d'arrachage, elle est toujours là, tuant à petit feu certains milieux protégés !
En Ile-de-France, outre Saclay et la forêt départementale des Grands Aveaux en Essonne, la forêt de Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines, on rencontre le Raisin d'Amérique surtout dans les forêts de Fontainebleau, des Trois Pignons, ainsi qu'à la Commanderie, Darvault et Nanteau. S'il apprécie particulièrement les clairières créées par la coupe ou la chute d’arbres, il prospère ensuite rapidement dans tout l’éventail de luminosité possible. En fait, il pousse un peu partout, et même parfois au contact des grès. Mais c'est dans les réserves biologiques intégrales (RBI) où il bénéficie d’une totale impunité, puisqu’il est actuellement interdit d’y intervenir, qu'il fait le plus de dégâts. Il prospère également dans toutes les parcelles grillagées par l'ONF !

Une peste végétale non reconnue par le Ministère de l'Environnement !


Le Raisin d'Amérique est classé comme peste végétale par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Pourtant, il est en vente dans de nombreuses jardineries et recommandés par certains magazines comme plante d'ornement ! Un paradoxe qui a été le sujet, en juin 2015, d'une question de Jean Vincent Placé (Question écrite n° 16869 )à notre Ministre de l'environnement devant le Sénat. Cinq mois plus tard, la réponse de la ministre tombait démontrant une très mauvaise connaissance du sujet qui met en péril les efforts de nos amis de l'ASABEPI et ceux de l'ONF dans la lutte contre cette plante (voir l'article de la Tribune Libre de Bleau)

A quoi ressemble ce Phytolaque ?



La plante ne passe pas inaperçue ! Elle se reconnaît aisément à ses tiges creuses allant du rouge violacé au vert tendre et se divisant en rameaux secondaires. Les plus grosses cannes atteignent un diamètre de 4 cm et une hauteur de 1 à 3 mètres. Ses grandes feuilles ne sont pas sans rappeler celles du tabac. Au printemps, elle se pare de fleurs blanches en épi qui donneront à partir du mois d’août des fruits verts qui deviendront noirs rappelant les grappes de raisin. En hiver, on retrouve le Phytolaque sous la forme de cannes blanchâtres cassées. Mais c'est son système racinaire très profond en forme de carotte qui rend son élimination complexe !

Phytolaque, ou Raisin d’Amérique (phytolacca americana)
Phytolaque, ou Raisin d’Amérique (phytolacca americana)
Rocher Saint Germain, Fontainebleau (C) Greg Clouzeau


Invasif et toxique !


 
Comme le Prunus et bon nombre de plantes invasives, c'est la dispersion des graines par les oiseaux sur de vastes territoires qui assure son extension ! La lumière plus forte dans les trouées forestières
favorisent la levée des nombreuses graines en dormance et marque le début de l'invasion. C'est ainsi qu'il prospère, généreusement protégé par des grillages, dans les parcelles mises en coupe de régénération !

Il semble que la consommation de ses feuilles et de ses racines puisse provoquer la mort des chevaux et des porcs et des dommages chez les moutons et les chèvres. Pourtant, aucune mortalité de chevreuils ou de cerfs n’a pu lui être imputée avec certitude et on constate parfois que des jeunes feuilles, peu toxiques, sont activement broutées, en forêt. Mais la consommation du Phytolaque par les grands herbivores sauvages reste très faible ! En revanche, les oiseaux, semble raffoler de ses baies et sèment ses graines dans leurs fientes.



Feuille de Phytolaque, ou Raisin d’Amérique (phytolacca americana)
Les fleurs de Phytolaque (phytolacca americana) donnent des fruits qui lui valent son nom
Les fleurs de Phytolaque (phytolacca americana) donnent des fruits qui lui valent son nom
de Raisin d’Amérique quand ils vont prendre cette couleur bordeau
Chez les humains, outre des effets inflammatoires cutanés, et des effets laxatifs, on évoquera une modification de la proportion de leucocytes, des affections cardiaques, des diarrhées sanglantes « incoercibles », des brûlures buccales, œsophagiennes, gastriques, des vomissements, des embolies, des attaques rénales, etc. en cas de consommation ! Du coup, pour les chantiers d'arrachage, on ne saurait trop vous recommander de porter des gants !

Hélas, comme pour bien d’autres plantes toxiques, le Phytolaque est aussi une source de molécules à étudier pour la pharmacologie, notamment en homéopathie. Il contient une protéine anti-virale, étudiée pour lutter contre le sida. Ses applications médicales en justifient la culture, mais il convient alors d’empêcher, par des filets ou autres, la dispersion de ses graines.



Et pourquoi limiter l'invasion en forêt de Fontainebleau ou ailleurs ?



Le Phytolaque pour assurer sans domination détruit hélas la microfaune et la microflore du sol. D'ailleurs à ses pieds, rien de pousse et même les vers de terres, acteurs majeurs de la fertilité des sols, disparaissent. Très gourmant, il pompe énormément d'eau et épuise l'humus. Du coup, dans les parcelles en régénération, les plantules meurent, les graminées et les champignons disparaissent, obligeant les grands herbivores à se rabattre sur les cultures si l’invasion s’aggrave. Bien entendu, les glands, privés de lumière, ne germent plus ce qui pour le forestier est une catastrophe !

Un beau pied de Raisin d’Amérique en parcelle de régénération
Un beau pied de Raisin d’Amérique en parcelle de régénération
Gorges d'Apremont, Fontainebleau, (C) 2016 Greg Clouzeau
Vu la situation, seul l'arrachage de la plante avec ses racines, à l’occasion de chantiers spécifiques, permet de limiter les dégâts ! Mais Bleau c'est déjà plus de 27000 hectares ! Bien entendu, un suivi régulier est nécessaire jusqu’à épuisement du stock de graines. Malheureusement, la tâche est rude et les bénévoles ne se bousculent pas. Dans le même temps, il faudrait cesser les plantations ornementales de ce mauvais raisins dans les jardins et autres espaces verts ! A Bleau, la lutte débutée par Thierry Pain a été reprise par Danielle et Jean Claude Perré


Renseignements :
Site Internet : http://phytolaque.wifeo.com/
Danielle et J Claude Perrée
phyto[@]netcourrier.com
tél 068053882six

Je  vous invitons aussi à relire ce très bon article sur les espèces invasives en général
http://www.calameo.com/read/001079350593488be28ff

Les fleurs de Phytolaque (phytolacca americana) donnent des fruits qui lui valent son nom
Les fleurs de Phytolaque (phytolacca americana) donnent des fruits qui lui valent son nom
de Raisin d’Amérique quand ils vont prendre cette couleur bordeau

mardi 14 juin 2016

Flocon de mousse

En matière de photographie, la forêt, et bien entendu celles de Fontainebleau et des Trois Pignons, offrent une infinité de sujets (paysage, naturaliste, macro, loisirs...). J'aime aussi beaucoup les arts graphiques et minimalistes. La photo des lichens crustacés d'hier ou ce flocon de mousse s'inscrivent directement dans cette idée du "less is more".



Flocon de mousse, Fontainebleau, (C) 2016 Greg Clouzeau
Flocon de mousse, Fontainebleau, (C) 2016 Greg Clouzeau


En gros, moins vous incluez d’éléments dans une oeuvre, plus vous accentuez son propos et sa portée. Le courant minimaliste dans les arts visuels (voir Wikitruc) est né aux USA dans les années 60 en réaction à des styles picturaux débordants de couleurs et de formes comme le PopArt. J’aime assez le minimalisme dont fait parfois preuve Dame Nature en privilégiant la pureté des lignes et des formes sans aucun foisonnement. Ainsi, cette mousse m'a fait pensé par sa structure géométrique aux flocons de neige.  Pourtant, en y regardant de plus près, le sujet s'avère bien plus complexe qu'il n'y paraît. Comme avec les flocons.

Tiens, saviez-vous qu'il existe 35 formes de flocons différents sans qu'il en existe deux identiques ? Ainsi Wilson Bentley, un photographe américain du 19ème siècle a immortalisé les flocons observés au microscope pendant plus de 40 ans sans qu'aucun ne se ressemble.
En 1635, René Descartes est un des premiers à les observer précisément à l'œil nu et à répertorier des formes rares. Quelques années plus tard, les premiers microscopes permettent d'aller plus loin dans l'observation des détails. En 1952, sept catégories de cristaux de neige distinctes sont reconnues par l'Organisation météorologique mondiale : plats, étoilés, colonnes, aiguilles, dendrites, colonnes coiffées et formes irrégulières. Chacune se divise en plusieurs formes, ce qui donne au minimum 35 structures différentes, d'après le professeur de chimie britannique Andy Brunning. D'autres chercheurs comme le physicien japonais Ukichiro Nakaya proposent des classifications différentes, avec 41 types de flocon.

vendredi 9 janvier 2015

Liberté !

La Liberté

La liberté, 6b+, 35 bis noir, Gros Sablons, Trois Pignons
La liberté, 6b+, 35 bis noir, Gros Sablons, Trois Pignons
Au passage, ne manquez pas cette superbe fissure des Gros Sablons numéro 35 bis du circuit noir ED ouvert par Jacques Olivet en 1972 et dont toutes les cotations (ou presque) ont été remontées d'un cran ;-) C'est certain, remonter cette fissure en Dülfer, c'est encore plus dur !