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vendredi 8 février 2019

Des hêtres remarquables assassinés au Bas Cuvier !

Un fois n'est pas coutume, je vais profiter de ce post pour piquer un coup de gueule ! Comme vous le savez j'ai une affection particulière pour les vieux hêtres tortueux de la forêt de Fontainebleau et notamment cet hêtre remarquable, signalé comme tel et marqué de son rond bleu, situé dans la Réserve Biologique Dirigée du Bas Cuvier. Je republie ces images In Memoriam pour dénoncer un massacre puisque cet arbre a été amputé !


In Memoriam de ces superbes Fagus Sylvatica massacrés en février 2019 !















Cela faisait plusieurs mois que ces deux arbres situés à quelques mètres du parking étaient régulièrement encerclés de rubalise et affublés d'affichettes manuscrites et non officielles indiquant "attention, chutes de branches" mais je croyais plutôt à une moquerie envers l'idéologie sécuritaire qui frappe l'administration forestière locale.
Oui, dans une forêt - qui plus est dans une réserve biologique - il y a un risque objectif de chutes de branches. Qui peut l'ignorer ? Qui peut croire qu'il arrivera à sécuriser une forêt ? Et pourtant, le massacre ci-dessous, c'est bien un humain qui l'a ordonné ! J'ai contacté par mail l'ONF qui n'a pas daigné répondre à mes interrogations mais nul doute qu'une tête pensante a considéré ses arbres dangereux pour les visiteurs et ordonné leur amputation ! Un paranoïaque ubuesque certainement… En attendant, si les grimpeurs ne risquent plus de prendre une branche sur la tête, ils risquent la chute dans les branches.
Ah oui, j'oubliais, il suffit de faire une cinquantaine de mètres pour trouver d'autre arbres mourants et potentiellement dangereux. Que fait l'ONF ?! Quant à ces deux victimes d'un âge avancée mais en bonne santé (pas de cœur rouge…), je doute qu'elles survivent...

Hêtre remarquable assassiné au Bas Cuvier, forêt de Fontainebleau en février 2019
Hêtre remarquable assassiné au Bas Cuvier, forêt de Fontainebleau en février 2019



Hêtre remarquable assassiné au Bas Cuvier, forêt de Fontainebleau en février 2019
Un autre Hêtre assassiné au Bas Cuvier, forêt de Fontainebleau en février 2019




Merci à Jean Claude Valluet pour le signalement

lundi 26 septembre 2016

Rencontre avec René Paul Eustache

La semaine dernière, j'ai publié ici un court article sur le rassemblement Handi-escalade à Fontainebleau organisé par René Paul Eustache et l'américain Ronnie Dickson. J'avais déjà brièvement rencontré René Paul à la Canche aux Merciers en 2015 et sa détermination à franchir certains blocs du circuit bleu m'avait carrément halluciné. Moi qui me plains sans cesse de quelques douleurs tendineuses chroniques et d'une certaine surcharge pondérale, voici une belle leçon d'humilité. Ingénieur chimiste à Serquigny, marié et père de deux enfants, René-Paul Eustache est un grimpeur passionné comme les autres sauf,... qu'il est privé de sa main gauche.

Au-delà des difficultés rencontrées dans la pratique d'un sport aussi difficile que l'escalade, trouver la motivation pour progresser force l'admiration car cette pratique est forcément différente de celle des valides. L'handi-escalade n'est que balbutiante en France et les règlements des compétitions encore trop flous (malgré l'énorme travail de la fédé en 2015) pour permettre à René-Paul de trouver des compagnons de jeu. D'ailleurs, s'il n'était pas présent aux Mondiaux de Paris, c'est simplement que les quotas (5 personnes minimum et 4 nations) n'étaient pas remplis pour que l'épreuve ait lieu dans sa catégorie. Pour une personne manquante, le voilà privé, comme les trois autres grimpeurs amputés bras, de cette grande fête.

René Paul a longtemps cherché sur Internet des personnes dans son cas pour partager cette expérience. Peine perdue, il ne trouve pas en France de grimpeurs ou grimpeuses ayant un handicap équivalent. Difficile de se motiver et surtout de progresser sans alter-égo ! Finalement, c'est Jacky Godoffe, notre maestro bleausard, qui va l'y aider. Avec un tel coach, René Paul progresse en force et souplesse mais surtout, il dépasse ses limites psychologiques notamment celle de la peur de la chute, inévitable en bloc.


René Paul nous montre le fonctionnement de sa prothèse.
René Paul nous montre le fonctionnement de sa prothèse.
Lorsque je l'avais rencontré en 2015, il grimpait avec un manchon en caoutchouc (une grande chaussette souple) mais cela le limitait énormément dans le choix des prises et donc des blocs possibles. Alors, il y a un an, il s'est lance dans la fabrication d'une prothèse adaptée à son amputation et cherche aujourd'hui, avec des étudiants ingénieurs, à l'améliorer.

« J’ai plusieurs prothèses: une prothèse esthétique, une prothèse fonctionnelle pour bricoler, mon manchon... Il existe des systèmes disponibles dans le commerce et j’en ai testé plusieurs depuis une quinzaine d’années mais rien de bien adapté à ma pratique de l'escalade. Du coup, c’est moi qui ai conçu et fabriqué celle que j’utilise depuis moins d’un an. Elle est constituée de 3 crochets métalliques recouverts de gomme, pour assurer une meilleure adhérence. Cela me permet d'aborder de nouvelles voies, notamment dans les surplombs. Mais c'est loin d'être au point ! Primo, l'assemblage des crochets est trop long et fastidieux, secundo, je ne sais jamais quand elle va décrocher. Je cherche donc de nouvelles solutions (capteurs de pression, système de fixation, compensation de rotation pour dépasser son point d'ancrage ».

Donc, si vous avez des idées, n'hésitez pas à lui transmettre !

Je profite pour signaler que le petit groupe en visite la semaine dernière a perdu un gros crash pad pliant et épais (de type “ mondo ) Il a été oublié mercredi dernier dans les secteurs du cul du chien et du 91.1 ou à la Roche aux Sabots. Si vous l'avez trouvé ou entendu parler d’un crash pad abandonné merci de me faire signe. Il y a un scotch noir sur une des poignées.

samedi 24 septembre 2016

Rencontre Handi-Escalade à Fontainebleau

La semaine dernière, le monde de l'escalade était rassemblé à l'ancien Palais Omnisports de Bercy pour les Championnats du Monde. Un rendez-vous crucial pour notre milieu qui sera sport olympique en 2020 et pour les parisiens qui briguent l'organisation des JO en 2024. Au delà de la compétition, je suis toujours bluffé par la détermination et le niveau de performance des grimpeurs handicapés. Car oui, à l'image des autres disciplines sportives présentent aux J.O., l'escalade est pratiquée par des hommes et des femmes marqués par la vie et qui ont choisi de dépasser leur handicap.

En marge des mondiaux, le français René Paul Eustache (portrait à suivre), amputé d'un avant-bras à l'âge de 15 ans pour avoir bricolé un feu d'artifice,  a organisé avec un ami américain, Ronnie Dickson  un rassemblement informel d'une trentaine de grimpeurs handicapés venus des 4 coins de la planète pour leur faire découvrir notre magnifique forêt de Fontainebleau, destination incontournable dans le monde de l'escalade.

Un groupe convivial, loin des objectifs de compétition, composé de grimpeurs et grimpeuses solidaires entre eux malgré leur handicap, venus vivre une aventure d'échange et de découverte. Pas facile de se guider sur un bloc au simple toucher des prises ou aux bruits des grimpeurs servant de guide. Difficile de se hisser en haut d'un bloc quand votre corps ne vous permet pas de plier la jambe ou le bras pour faire un rétablissement. Et que dire de la chute ?! Voici donc quelques photos de ce groupe qui force le respect rencontré à Franchard Isatis.

Après notre rencontre, la petite troupe s'est rendue à la salle d'escalade Karma pour une séance de sensibilisation des valides qui pouvaient s'essayer à la grimpe d'une main ou les yeux bandés. Au passage, quelques uns de nos handi-grimpeurs vous ont ouverts de nouveaux blocs dans la salle avec l'aide de Jacky ! Merci à eux !


Ils étaient une trentaine de grimpeurs pas tout à fait comme les autres à visiter notre forêt pendant 4 jours
Ils étaient une trentaine de grimpeurs pas tout à fait comme les autres à visiter notre forêt pendant 4 jours


Grimper en bloc naturel avec une prothèse de jambe, ou c'est possible !
Grimper en bloc naturel avec une prothèse de jambe, ou c'est possible !
 
Grimper sur le circuit rouge en étant non voyant, oui c'est possible !



Le groupe :

Ronnie Dickson (US)
Graciela Dickson (US)
Andrew Chao (US)
James Scheri (US)
Kareemah Batts (US)
Maureen Beck (US)
Brian Beck (US)
Philip Kaminski (US)
Kristina Ericson (US)
Jasmine Raskas (US)
Shawn Sturges (US)
Adam Payne (US)
Jillian Bukoski (US)
Jennifer Gold (US)
Jake Sanchez +2 (US)
Colin Torpey (US)
Abbey Lefkove (US)
Bill Casson (US)
Stephanie Chen (US)
Kirsten Martin (de Suisse)
Kyle Douglas (de Suisse)
Koba Kobayashi (Japon)
Tamiko Kimoto (Japon)
Naoya Suzuki (Japon)
Pablo Blanco Barrios (Espagne)
Simone Salvagin (Italie )
Alessandro Biggi (Italie)
Melinda Vigh (Hongrie )
Maliha Khusrawy (France) Rene-Paul Eustache (France)
 

René-Paul, pourquoi ce rassemblement ?

"J’avais depuis longtemps en tête l’envie de rencontrer d’autres grimpeurs amputés bras, mais très vite l’idée d’un rassemblement ouvert à tous les grimpeurs handicapés, quel que soit leur niveau d’escalade, s’est imposée à moi.
Alors que nous sommes si peu nombreux et dispersés de part le monde, trop d’entre nous sont en effet aujourd’hui exclus des compétitions pour diverses raisons.
L’évènement de Bercy a été l’occasion rêvée de pouvoir rassembler des grimpeurs venus du monde entier. Je m’en suis ouvert à Ronnie Dickson qui avait le même souhait que moi.
Ce rassemblement au cœur de la forêt magique de Fontainebleau nous a tous motivés et galvanisés. Nous avons tous pu apprécier et applaudir nos exploits respectifs. Parfois nous nous sommes dépassés, et surtout nous nous sommes entraidés. De tous ces moments passés ensemble sont nés de vrais liens forts et solides, pareils aux blocs rocheux de la forêt.
Nous pensions partager entre handicapés et nous avons finalement vécu une expérience humaine et fraternelle inoubliable.
Tout cela a été rendu possible grâce aux bonne volontés des participants. Je remercie chaleureusement Pierre Boisson pour l’hébergement, Maliha (une collègue) qui a donné de son temps sans compter, et enfin Jacky Godoffe qui nous a donné une leçon d’ouverture de blocs à Karma, et nous accompagné en forêt."

mercredi 31 août 2016

Sus à l'envahissant Prunus serotina ou cerisier tardif

Comme mes nombreux confrères photographes et amoureux du Pays de Fontainebleau, je suis sensible à l'état des paysages des sites naturels où je vais faire mes photos. En tant que photographe illustrateur, je ne peux que regretter les nombreuses dégradations constatées sur ces sites, en témoigner et inciter aux changements, quand ils sont encore possibles !

Outre le portail d'information de la Tribune Libre de Bleau qui y participe, je souhaite que vous puissiez trouver sur mon blog photo les informations nécessaires à la sauvegarde de nos sites. Dans cette optique, je diffuserai régulièrement des informations sur les programmes de sciences participatives liés aux inventaires de la faune et de la flore mais aussi aux espèces invasives ! Je commence donc cette série avec celui que l'on appelle  Cerisier d'automne, Cerisier noir ou Cerisier tardif et qui répond au nom de Prunus serotina !


Cet arbre est une espèce originaire de l'Est du continent Nord-Américain (parfois confondu avec Prunus padus). Le genre Prunus regroupe plus de 200 espèces d'arbres et arbustes de la famille des Rosacées, dont beaucoup sont cultivées pour leurs fruits (Abricotier, Amandier, Cerisier, Pêcher, Prunier) ou pour leur valeur ornementale (Cerisier du Japon, Cerisier de Virginie, Laurier-cerise...).

Prunus Serotonia lorsqu'il prend la taille d'un arbre est donc un beau cerisier même s'il n'a que peu d'intérêt dans la production de fruit. Les feuilles, les rameaux et les graines contiennent des substances toxiques (glycosides cyanogènes).



Feuille de Prunus serotina
Feuille de Prunus serotina

Alors pourquoi donc s'inquiéter de sa présence à Fontainebleau ou en Ile-de-France ?






Son introduction en Europe remonte à 1623 ou 1629 par Robin, près de Paris. Il fut rapidement planté dans les parcs et arboretums dans les décennies suivantes. Il aurait été planté en forêt vers le 18ème siècle, soit comme plante ornementale, soit pour la production de bois, puisqu’on y voit alors une sorte de « merisier à croissance rapide ». Jusque dans les années 1950 on recommande de le planter en sous étage des plantations de résineux, pour limiter la dégradation des sols. Parallèlement, on en fait la promotion comme parefeu !
Depuis quelques décennies, il est reconnu comme une espèce exotique envahissante présente dans presque tous les pays d’Europe occidentale  du fait de sa très forte colonisation d'espaces !

En effet, ce Cerisier colonise les espaces forestiers semi-naturels, en particulier sur les sols acides, pauvres et bien drainés. Il peut s’établir dans des clairières et le long des lisières forestières.

En forêt de Compiègne, dans l'Oise, il couvre désormais 80 % de la surface de la forêt domaniale ! Sur la TL²B, nous avons plusieurs fois relayé le cris d'alarme des associations de sauvegarde (voir l'article d'hier). A Fontainebleau, autour de Bois le Roi, sa très rapide propagation, me fait craindre le pire car s'en débarrasser est très complexe et surtout extrêmement couteux !

Son impact est surtout économique puisqu'il altère considérablement la fonction de production Sylvicole notamment dans la phase de régénération des parcelles. Depuis plusieurs décennies, les forestiers ont pu constater l’envahissement total de parcelles forestières mises en régénération. Par sa rapide croissance et le couvert qu'il développe, il entraîne un gros retard dans le développement . Pour une période de référence de 30 ans, la perte financière à l’hectare sur sol podzolique et sec (type de station le plus touché par l’invasion) représenterait 288 euros/ha/an en moyenne pour une régénération artificielle de chêne sessile, ou 114 euros/ha/an en moyenne pour une régénération naturelle de hêtre (Decocq 2008).

Le coût de l’éradication du cerisier tardif pour la forêt de Compiègne est estimé à environ 48 millions d’euros soit 4137euros/ha !

Les autres massifs de la région sont en phase de colonisation par Prunus serotina et les surfaces d’intervention seraient limitées à un total de 96 ha répartis sur 5 massifs. Le coût total d’éradication du Cerisier tardif dans ces massifs est estimé à 387 000 euros. Si les coûts d’intervention rendent utopique toute éradication du Cerisier tardif en forêt de Compiègne, il n’en n’est pas encore de même pour les autres massifs de la région où l’invasion est pour l’instant très localisée. Traiter 96 ha permettrait théoriquement de protéger une surface cumulée de 30 000 ha de l’invasion !



 Que sait-on sur son pouvoir invasif ?


Un programme de recherche sous la responsabilité de G. Decocq (Université de Picardie) intitulé « Dynamique invasive du cerisier tardif, Prunus serotina Ehrh., en système forestier tempéré : déterminants, mécanismes, impacts écologiques, économiques et socioanthropologiques » a été engagé en 2003. L’objectif principal de cette recherche était d’explorer les modalités de l'invasion des massifs forestiers du nord de la France par Prunus serotina et d’en évaluer les conséquences écologiques, économiques et socio anthropologiques.

Feuille de Prunus serotina
Feuille et fruit Prunus serotina

Mode de propagation

Les graines sont dispersées par gravité et par les animaux notamment les mammifères (grande faune, rongeurs, renards) et les oiseaux. Bien que les animaux puissent transporter les graines sur de longues distances, il a été évalué que 50% des semis sont présents à moins de 200 m du pied mère et un tiers entre 200 et 400 m. Le Cerf élaphe (Cervus elaphus), le Chevreuil (Capreolus capreolus) et le Sanglier (Sus scrofa) consomment les fruits de l’arbuste mais en présence d'autres sources de nourriture (glands) ils préfèrent les délaisser. En raison de composés cyanhydriques toxiques présents dans les feuilles, ces dernières ne sont pas sonsommées par les herbivores

Cette étude a permis de montrer que l’invasion par Prunus serotina est la conséquence de certaines perturbations récentes, en partie liées à la gestion forestière, mais qu’à court terme, cette invasion a peu d’effet direct sur l’écosystème forestier, n’altérant pas son fonctionnement à court ou moyen terme. Il y aurait suffisamment d’énergie disponible dans l’écosystème pour que l’envahisseur puisse se développer sans nuire aux essences indigènes, tout au moins dans les premières décennies suivant son implantation (Decocq 2008).

Les différences entre parcelles envahies et parcelles non envahies observées sur le site de la forêt de Compiègne répondent à un déterminisme complexe et multifactoriel. Mais quels seront les effets à long terme de Prunus serotina sur cette forêt ? Cette espèce semble avoir les atouts lui permettant de se maintenir durablement et massivement dans l’écosystème. Un impact sur le fonctionnement des écosystèmes forestiers envahis est donc naturellement attendu...

"Etant donné le pas de temps très long sur lequel évolue un système forestier tempéré, un tel impact ne pourra certainement pas être objectivé avant plusieurs décennies, voire plusieurs siècles (Decocq 2008)". Pour autant, doit-on laisser faire et jouer aux apprentis sorciers ?


Fleurs de Prunus serotina , Rocher Saint Germain, Fontainebleau 2016


Paradoxalement, alors que le Cerisier tardif peut devenir l'espèce dominante de la canopée dans les forêts gérées, peu de changements ont été observés sur la composition et la richesse spécifique de la strate herbacée, ce qui suggère que l’espèce peut se naturaliser avec peu d'impacts sur la communauté d’accueil, du moins dans les premières décennies après l'invasion du couvert forestier (d'après Chabrerie et al. 2008; Godefroid et al. 2005; Verheyen et al. 2007).

Chabrerie et al. démontrent en 2009 que le Cerisier tardif induit une baisse de la diversité fonctionnelle dans les sites envahis. Il devient en fait une « espèce structurante » dans l’écosystème envahit en induisant la convergence des traits biologiques des espèces présentes et la spécialisation de la communauté végétale (adaptation à l’ombre). Il favorise ainsi des traits qui permettent aux espèces de capturer les ressources dans le nouvel environnement qu’il a crée, et réduit les hétérogénéités locales du milieu.


Les résultats du programme de recherche engagé en 2003 a permis de proposer trois stratégies de gestion différentes en fonction de l’état des parcelles forestières envahies.

- pour éviter l’extension du Cerisier tardif dans de nouveaux sites : mise en place d’un système de suivi visant à détecter le plus précocement possible la présence de l’espèce aux stades de plantule et de très jeune arbuste (augmenter la fréquence de visite des parcelles, élimination systématique des sources de graines, en coupant les arbres adultes avant la maturité des fruits en septembre. Pour éviter les rejets, un traitement chimique des souches est souhaitable).

- pour éviter que les parcelles déjà colonisées par les plantules atteignent le niveau 2 (i.e., l’établissement d’arbres adultes) : allongement des rotations de coupes de manière à réduire la fréquence d’arrivée de la lumière au niveau du sol. Des coupes « pied à pied » devraient être préférées aux coupes « à blanc » pour accélérer la fermeture de la canopée, et donc réduire le risque que le Cerisier tardif comble la trouée avant les essences indigènes. Eviter la destruction des arbustes du sous étage et favoriser leur développement afin d’augmenter la compétition entre les plantules du Cerisier tardif et les espèces indigènes.

- pour empêcher que les parcelles présentant déjà des arbres adultes établis atteignent le niveau 3 (i.e., invasion complète), les mêmes mesures que précédemment  peuvent être recommandées. De plus, tous les arbres matures du Cerisier tardif devraient être abattus pour éviter la dispersion de graines et la mise en place d’une banque de plantules. Pour éviter que les individus juvéniles déjà présents en sous bois atteignent la canopée, il serait intéressant de démarrer artificiellement une phase d’aggradation dans les trouées en plantant des essences indigènes tolérant l’ombre et à croissance rapide (e.g. hêtre, charme, érable sycomore) qui sont associés à de faibles indices de risque partiels.


Pas moins d'une dizaine de jeunes Prunus serotina , sur quelques mètres carrés ! L'invasion a débuté...
 Rocher Saint Germain, Fontainebleau 2016

- Enfin, pour les parcelles déjà complètement envahis (niveau 3), un seuil irréversible a été probablement atteint et aucune solution immédiate ne peut être proposée. Cependant, il est recommandé d’éliminer tous les individus du Cerisier tardif sur une bande de terrain de plus de 100 m de large le long du front d’invasion. Même si une végétation forestière indigène ne peut être restaurée dans ces parcelles, cela pourrait au moins réduire l’invasion des parcelles voisines.


Voilà ! Donc, si comme moi vous souhaitez que notre belle forêt de Fontainebleau ne se transforme pas dans ses sous étages en forêt de Prunus, rejoignez le mouvement des Arracheurs de plantes invasives et notamment l'ASABEPI dont parle la TL²B.

WANTED !


En attendant, voici à quoi ressemble Prunus serotina Ehrh.
Arbre à feuillage caduc pouvant atteindre jusqu'à 30 m de hauteur mais qui s’observe fréquemment comme arbuste ou petit arbre.




Ecorce de Prunus serotina ,
Rocher Saint Germain, Fontainebleau 2016
L’écorce du jeune tronc est lisse, de couleur brun rougeâtre, foncé à noire. Avec l’âge, elle se fracture et laisse apparaître des écailles plus ou moins rectangulaires dont les bords inférieurs et supérieurs tendent à se recourber vers l’extérieur.

Les feuilles sont entières, alternées, légèrement denticulées et effilées à l’extrémité. La face supérieure est d'un vert luisant tandis que la face inférieure est mate.  Le Cerisier tardif commence à fleurir à l'âge de sept ans. La floraison s'étale de mai à juillet. Les fleurs blanches sont organisées en une grappe terminale de 10 à 15 cm de long et de forme oblongue cylindrique.
Les fruits ressemblent à de petites cerise de couleur rouge foncé à noir et larges et contiennent une graine.

Dernier conseil, réfléchissez avant de planter de tels arbres dans votre jardin... Nul doute que ceux qui ont envahi le Rocher Saint Germain viennent tout droit de Bois le Roi. Autour de cette ville, l'invasion ne cesse de s'étendre... et ce n'est pas la seule ville limitrophe de la forêt de Fontainebleau.

samedi 24 janvier 2015

Ne racontez pas de salade à Chailly en Bière !

Salades et cultures vue du Ciel,
Survoler les lisières de la forêt de Fontainebleau, c'est prendre conscience de l'importance des cultures dans le Pays du Gâtinais Français. La formidable mosaïque constituée par nos agriculteurs est parfois ponctuées de lignes à poids : les salades ! En effet, les paysages de la Plaine de Bière sont constitués de nombreux champs céréaliers mais aussi de cultures maraîchères.

Ainsi, autour d'Arbonne-la-Forêt, Barbizon, Cély-en-Bière, Chailly-en-Bière, Fleury-en-Bière, Perthes-en-Gâtinais, Pringy, Saint-Martin-en-Bière, Saint-Sauveur-sur-École, Villiers-en-Bière, vous découvrirez nos salades dont Chailly-en-Bière est la principale commune productrice de l’Ile de France !

Si aujourd’hui le peintre Jean-François Millet posait son chevalet dans nos champs, nul doute qu’il représentait des maraîchers de la Plaine de Chailly. Il convient d’ailleurs de souligner, au regard du tableau « les Glaneuses » que depuis la mécanisation de l’agriculture, seul le maraîchage offre les même images de travailleurs courbés dans les champs.


Salades et cultures vue du Ciel,
Salades et cultures vue du Ciel,
Chailly en bière, (C) 2012 Greg Clouzeau
Le Baron Georges Haussmann, Préfet de Paris (1853-1870), est chargé de diriger les grands travaux qui embelliront Paris. Les maraîchers quitte alors la capitale et s’installent alors dans les villages proches de Bobigny, Montesson, Charenton, Vincennes, Pantin…

Jusqu'à la guerre de 14/18, les activités maraîchères y restèrent concentrées. Puis, au fur et à mesure de l’urbanisation de la banlieue, les maraîchers on été contraints de s’expatrier et de s’implanter de plus en plus loin du centre de Paris.

C'est comme ça que Chailly-en-Bière, jadis commune exclusivement agricole, est devenue, l’une des premières communes maraîchères de France. Les salades et les herbes produites à Chailly, sont exportées pour une partie vers l’Union Européenne (le marché anglais est le plus important,  60 % des salades rouges traversent la Manche) et pour une autre partie vers le Moyen-Orient (Koweït et Arabie Saoudite) et également en Afrique.

Sur les milliers de petits maraîchers installés en petite banlieue qui livraient leurs produits aux halles, il ne reste guère plus d’une centaine d’entre eux. A Chailly, on compte 8 maraîchers originaires de la Seine et de la Seine-et-Oise arrivés dans le village au début des années 70.

Pourquoi Chailly ?


Salades et cultures vue du Ciel,
La terre, légère et sableuse est particulièrement propice à cette culture. Par ailleurs, la nappe phréatique étant affleurante, l'arrosage peut être limité.

Les maraîchers pratiquent la culture « raisonnée » qui consiste essentiellement à apporter aux plantes les éléments nécessaires, tout excès étant préjudiciables à leur croissance. Ils exploitent environ 850 hectares sur lesquels ils pratiquent l’assolement (alternance légumes/blé).

En dépit d’une mécanisation en constante évolution, les maraîchers emploient 150 personnes. Chaque année, on plante à Chailly de 70 à 80 millions de salades mais les caprices du du ciel et les aléas économique ne permettent pas la vente de la totalité plantée.

Bon en revanche, côté pesticide, je suis pas certain que se soit super...

vendredi 23 janvier 2015

Vol au dessus des sablières de Fontainebleau

Le sable de Fontainebleau est exploité industriellement depuis très longtemps pour ses caractéristiques faisant de lui un matériau très recherché. Plus de deux millions de tonnes sortaient de notre sous-sol en 2004. En effet, les sables de Fontainebleau sont considérés comme le meilleur gisement européen de sables siliceux, avec celui de Mol en Belgique, et s’étendent de Nemours à Étampes et Dourdan sur près de 50 km.

Ils sont essentiellement utilisés en verrerie, en second lieu dans la métallurgie, et très spécifiquement dans l'industrie chimique. Ils sont également utilisés en fonderie, dans l'industrie réfractaire et dans l'industrie du béton.

 
Le sable de surface ne peut être utilisé, car il contient beaucoup trop d'impuretés et ne présente pas une forte teneur en silice. En revanche, en profondeur, le sable n'est pas altéré par les infiltrations et sa concentration en silice est maximum ! Ainsi, les sables extra-siliceux de fonderie requièrent un pourcentage de fines inférieur à 2 %, une composition chimique correcte (SiO2 > 98 % et CaCO3 < 1 %) et une répartition granulométrique adéquate (distribution symétrique comprise entre 100 et 600 µm). Des niveaux de sables industriels du sud Seine et Marne correspondent à ces spécifications industrielles, notamment à Bourron-Marlotte.
 
Sablière du Bois Rond vue du Ciel, Milly la Forêt, (C) 2012 Greg Clouzeau
 

Depuis 1920, la société FULCHIRON exploite des gisements de sables siliceux de haute qualité, destinés principalement à des applications industrielles. La première exploitation ouverte à Maisse dans l’Essonne, se caractérise par la pureté de la silice. Aujourd’hui encore, la qualité de ce site assure la satisfaction des industriels les plus exigeants dans des domaines aussi divers que la verrerie, la fonderie, les produits du bâtiment, la céramique… La société possède aujourd’hui 4 sites de production qui lui permettent de rayonner à l’échelle Européenne :

mardi 18 novembre 2014

Reportage sur le secours en forêt de Fontainebleau

En dehors de mes sites photo, j'écris pour divers médias d'information sur les loisirs de pleine nature.
Sur la Tribune Libre de Bleau (TL2B), j'ai mis en ligne un reportage sur le secours à victime en forêt de Fontainebleau dont voici quelques images.
Un article rendu possible grâce au GRIMP 77 et à l'Association des Amis de la Forêt de Fontainebleau (AAFF) et qui je l'espère vous sera (in)utile sauf si, hélas, la situation se présente !
Merci à eux !

Vous pouvez liker, commenter, partager... mais ces photographies ne sont pas libres de droits !
Cliquez sur une image pour basculer en plein écran


Forêt de Fontainebleau, Sauvetage à victime (exercice)
 
Forêt de Fontainebleau, Sauvetage à victime (exercice)
 
photo 1-3
Forêt de Fontainebleau, Sauvetage à victime (exercice)
 
Forêt de Fontainebleau, Sauvetage à victime (exercice)
 
photo 1-3
Forêt de Fontainebleau, Sauvetage à victime (exercice)
 
Forêt de Fontainebleau, Sauvetage à victime (exercice)
 
photo 1-3
Forêt de Fontainebleau, Sauvetage à victime (exercice)
 
Forêt de Fontainebleau, Sauvetage à victime (exercice)
 
Forêt de Fontainebleau, Sauvetage à victime (exercice)
 
Forêt de Fontainebleau, Sauvetage à victime (exercice)
 
Forêt de Fontainebleau, Sauvetage à victime (exercice)
 
Forêt de Fontainebleau, Sauvetage à victime (exercice)
 
Forêt de Fontainebleau, Sauvetage à victime (exercice)
 
Forêt de Fontainebleau, Sauvetage à victime (exercice)
 

Relire aussi notre article sur la trousse de secours et celui-ci, consacré au sauvetage en forêt par hélitreuillage

lundi 23 juin 2014

Photo-reportage sur les Secours en forêt de Fontainebleau et des Trois Pignons

Parmi les articles que j'ai publié sur la Tribune Libre de Bleau et Cie, il y en a plusieurs sur les difficiles secours qui nécessitent l'usage d'un hélicoptère et l'engagement du GRIMP (Groupe de Recherche et d'Intervention en Milieu Périlleux).

Celui-ci date de 2013, au cœur de la Vallée Close, dans les Trois Pignons et m'avait permis de faire quelques très belles images dont celles-ci du Dragon* de la Sécurité Civile posé sur la plage de sable de la Vallée Close.
Vous pouvez liker, commenter, partager mais je vous rappelle que ces images ne sont pas libre de droit ! Cliquez sur une photographie pour basculer en plein écran.

Pompier et équipe du GRIMP 77 en reconnaissance
Pompier et équipe du GRIMP 77 en reconnaissance
 

Pompiers et équipe du GRIMP 77 sur la Vallée Close
Pompiers et équipe du GRIMP 77 sur la Vallée Close
 
Pompiers et équipe du GRIMP 77 sur la Vallée Close
Dragon 75 (EC145) posé sur la Vallée Close
 
Dragon 75 (EC145) posé sur la Vallée Close
Dragon 75 (EC145) posé sur la Vallée Close
 

Dragon 75 (EC145) posé sur la Vallée Close
Dragon 75 (EC145) posé sur la Vallée Close
 

Dragon 75 (EC145) en vol pour treuillage
Dragon 75 (EC145) en vol pour treuillage
 

Dragon 75 (EC145) en vol pour treuillage
Dragon 75 (EC145) en vol pour treuillage
 

Dragon 75 (EC145) en vol pour treuillage
Dragon 75 (EC145) en vol pour treuillage
* Dragon est fait l'indicatif radio des hélicoptères appartenant à la Sécurité Civile. Celui-ci s'énonce généralement par le mot lui-même, suivi du numéro de son département de rattachement. Il faut souligner que Paris et ses trois départements limitrophes possèdent tous le même indicatif, celui de Dragon 75. En réalité, ces hélicoptères développés par Airbus Helicopters sont des modèles EC145, dont une version avec un nouveau moteur plus puissant est sorti en 2011, le EC145 T2. La différence visuelle se fait au niveau du rotor de queue avec un fenestron en lieu et place de l'hélice bipale.


Dragon 75 (EC145) posé sur la Vallée Close devant la croix de Lorraine, Noisy sur Ecole
Dragon 75 (EC145) posé sur la Vallée Close devant la croix de Lorraine, Noisy sur Ecole