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| Scille à deux feuilles (Scilla bifolia), Pays de Fontainebleau |
Caractéristiques :
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| Scille à deux feuilles (Scilla bifolia), Pays de Fontainebleau |
Le Pays de Fontainebleau en photographies. Articles sur la nature, les paysages, les trésors et les loisirs sportifs de Bleau notamment l'escalade et la randonnée.
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| Scille à deux feuilles (Scilla bifolia), Pays de Fontainebleau |
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| Scille à deux feuilles (Scilla bifolia), Pays de Fontainebleau |
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| Epipactis palustris, Epipactis des marais, Fontainebleau |
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| Epipactis palustris, Epipactis des marais, Fontainebleau |
L'épipactis des marais possède une tige (20 à 60 cm) verte teinté de pourpre et couverte de poils au niveau des fleurs. Les feuilles sont ovales à lancéolées, réunies au bas de la tige, pliées et dirigées vers le haut. Les bractées sont étroites et courtes. Les fleurs sont grandes (12 à 18 mm), assez nombreuses, généralement horizontales à légèrement pendues. Les sépales sont verts veinés de pourpre et les pétales sont de couleur générale blanche et carmin à la base contrastant avec le labelle blanc. Le labelle est formé de deux parties distinctes, bien séparées par un étranglement : l'hypochile en forme de coupe contient peu de nectar, il est blanc veiné de rouge violacé ; l'épichile en forme de gouttière est blanc avec des crêtes jaunes près de l'étranglement. L'ovaire duveteux est attaché à la tige par un long pédicelle.
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| Epipactis palustris, Epipactis des marais, Fontainebleau |
J'ai déjà évoqué ce genre sur le blog avec la découverte en 2020 de l'une des plus rares en forêt de Fontainebleau, l'Epipactis microphylla Il est temps de parler de sa sœur aux fleurs colorées.
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| Epipactis atrorubens, Forêt de Fontainebleau |
Le genre Epipactis est assez peu représenté en France et le nombre d'espèces dans le Pays de Fontainebleau est assez limité avec seulement 4 à 5 espèces. Ce sont des plantes à rhizomes, dont certaines sont très inféodées à leur biotope (forêt, marais…).
Notre Atrorubens quand elle fleurit mesure de 15 à 50 cm de haut. Ses feuilles sont ovales, lancéolées et ses toutes petites fleurs d'un magnifique rouge sombre au très léger parfum de vanille s'agitent au bout d'une tige plus ou moins longue de début juin à mi-juillet dans la région... C'est une plante assez commune des sols squelettiques, des éboulis ou des sols sableux sur substrat calcaire et secs. Héliophile, on peut la rencontrer sur des dunes, des pelouses ou bois clairs, du niveau de la mer jusqu'à 2 400 m d'altitude environ.
Sa tige est légèrement velue, ses feuilles sont alternées et engainantes. L’épichile des fleurs (partie extérieure du labelle) est pourvu de boursouflures très développées et rugueuses, ce qui constitue le principal critère d’identification même s'il y a peu de risques de confusion, d'autant que cette espèce est assez peu variable. Les rosettes des feuilles sont aussi très caractéristiques de l'espèce et apparaissent au début du mois d'avril avec feuilles vertes nervurées et bordées de pourpre. Elle peut être localement abondante mais devient rare sur la partie ouest de la France.
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| Epipactis atrorubens, Forêt de Fontainebleau |
Vous le savez, je suis assez fan des orchidées sauvages. Comme je l'ai déjà écrit ici plusieurs fois, sur les 160 espèces observables en France métropolitaine, seule une trentaine sont présentes dans le sud de l’Ile-de-France dont certaines sont très menacées. La récente découverte de 4 panneaux de permis de construire à Dammarie les Lys (77) m'amène donc à pousser un appel à l'aide et un coup de gueule !
Lors de la rédaction de mon guide photographique sur l’identification des orchidées, j’ai pu observer la présence d'au moins 3 espèces en pleine ville sur le territoire de la commune :
- l'orchis bouc (Himantoglossum hircinum)
- l'orchis Pyramidal (Anacamptis
pyramidalis)
- l'Ophrys abeille (Ophrys apifera)
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En revanche, l'orchis Pyramidal et l'Ophrys apifera ne sont, à ma connaissance, visibles qu'en un seul secteur de la commune. En effet, Dammarie a la chance d’abriter l'une des plus belles stations de Seine-et-Marne pour l'observation de ces trois espèces en un seul lieu : les pelouses humides des abords du rondpoint de la Justice (Chamlys). Sur celle qui fait face à Roc Eclerc, la floraison des trois espèces débute en mai et s'étale jusqu'à la fin juin. Plus trente pieds d'apifera y côtoient une soixantaine de Pyramidal et une dizaine d'orchis bouc ! La pelouse face à l'avenue de la liberté n'abrite que quelques pieds d'Orchis bouc. Enfin, le petit triangle face à l'allée du maraîcher abrite lui plus d'une trentaine de pied de cette même orchis.
| Rond point de la Justice à Dammarie les Lys (77), les deux zones en rouge abritent plus d'une centaine d'orchidées sauvages qui seront sacrifiées pour un parking à droite, un BK à gauche... |
Hélas, déjà menacé par leur fauchage régulier en pleine période de floraison, le site fait maintenant l'objet de plusieurs permis de construire. L'un concerne un parking, l'autre un restaurant Burger King. Je ne doute pas de l'intérêt économique de ces projets pour la ville (qui compte déjà plusieurs de ces fastfood sans compter ceux des communes voisines) mais ils vont détruire le seul endroit de la commune où deux de ces orchidées peuvent être vues et l'un des sites les plus importants du Département hors ENS.
Alors, certes au regard de la Loi, ces petites plantes ne sont pas suffisamment menacées pour justifier l’arrêt du projet. En 2021 elles sont classées "Espèce de préoccupation mineure (LC)" par l'UICN. Mais Anacamptis et Apifera sont tout de même considérés comme étant des espèces déterminantes des Znieff (Zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique).
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Mais quand même ! La ville sacrifie ici une bonne partie de sa biodiversité sur l’hôtel de la malbouffe ! Et ce d’autant plus que ces espaces sont aussi le refuge d’une importante faune aquatique présente dans les deux bassins qu'ils abritent.
Ce sont d’ailleurs ces bassins de drainage et de rétention des eaux qui auraient pu empêcher le projet de voir le jour car la loi protège depuis 1992 l’ensemble des zones humides (Art 211-1 et 2146-1 du Code de l’environnement). Hélas, il semble que le Conseil Municipal n’ait pas considéré ces zones comme essentiel à la biodiversité de la commune. Visiblement, Dammarie préfère fleurir artificiellement ses trottoirs de plantes horticoles que de protéger l’environnement.
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Le délai légal pour s'opposer aux permis est hélas dépassé et le Conseil Communautaire du 7 mars dernier n'a pas ne s'y est pas opposé ! Je sollicite votre aide pour faire imposer, à défaut d'empêcher ces constructions, des mesures permettant d’assurer la protection des automobilistes, des zones humides et, pour tenter de sauver ces rares orchidées sauvages.
Les orchidées sont très fragiles et il est presque impossible de tenter une transplantation sur d’autres pelouses calcaires de la commune. Toutefois, certains orchidophiles passionnés semblent avoir obtenus de bons résultats (voir cet article de France Orchidées). Je propose donc que des mesures conservatoires soient prises immédiatement (avant fin juillet) pour prélever un maximum de pieds d'orchidées avec leur terre (10 cm autour et 20 cm de profondeur au moins) et de les installer sur d'autres pelouses calcaires et talus de Dammarie-les-Lys.
À l'heure où la sauvegarde de l'environnement est devenue une urgence climatique, je ne doute pas que vous ferez le nécessaire. N’hésitez pas à interpeller vos élus locaux et régionaux, les candidats aux législatives, la préfecture, le Département, etc.
L'Ophrys petite araignée (Ophrys araneola) par exemple dite aussi Ophrys litigieux (Ophrys litigiosa) ou Ophrys verdissante (Ophrys virescens) est une petite orchidée sauvage qui est désormais considérée comme une sous espèce de l'Ophrys araignée (O. sphegodes). La petite se nomme donc désormais scientifiquement : Ophrys sphegodes subsp. araneola. Cette fleur a longtemps été considérée comme une espèce à part entière mais qui hélas, ne se distinguait de sa grande sœur, que par une difficile et incertaine comparaison.
Les différences sont minimes et d'ordre morphologique (fleurs plus petites, sépales plus ou moins grands par rapport au labelle, couleurs des pétales et sépales), d'ordre géographique mais aussi donc calendaire (floraison plus ou moins précoce).
Bref, mieux vaut parler d'Ophrys araignée donc Sphegodes ou aranifera que de se risquer à la sous-espèces finalement assez rare dans notre région. D'ailleurs, pour revenir à ce que je disais en introduction, vouloir identifier une espèce à travers les photographies laisse souvent un doute. Mieux vaut ne pas se fier au dessin de la macule. C'est pourquoi, sur les photographies de mes guides et fiches espèces, j'indique clairement les critères de détermination.
| Critères de détermination de l'Ophrys araignée (O. Sphegodes ou aranifera) Pays de Fontainebleau |
Ophrys araignée et petite araignée se caractérisent par des feuilles vert-bleu à aspect réticulé en rosette basale (comme les autre Ophrys), par une inflorescence de 4 à 10 petites fleurs sur des tiges de 10 à 30 cm. La fleur comporte deux petits pétales latéraux plus étroits à bords ondulés-crénelés de couleur verdâtre à brunâtre. Les trois sépales verts forment une structure protégeant le « gynostème ». Le labelle est brun rougeâtre pratiquement entier, à pilosité marginale claire et bordure généralement jaune (parfois orange) et il porte des marques grises ou bleutées voir violettes en forme de ‘H’ ou X au centre de la partie supérieure du labelle, ce qui le fait ressembler à l’abdomen d’une araignée. De chaque côté du champ basal, il y a deux petites boules luisantes, dont l’aspect globuleux et la couleur leur donnent l’aspect d’yeux, c’est pourquoi, on les appelle les « pseudo-yeux ».
C’est grâce à cette morphologie spécifique du labelle et aux substances attractives émises, que la pollinisation se fait par l’abeille Andrena nigroaenea.
C'est une plante de pleine lumière poussant sur un substrat calcaire dans les pelouses, garrigues, et bois clairs. Elle est plutôt précoce en Seine et Marne avec une floraison début avril, voir mi-mars sur certaines pentes dans la variante petite araignée. Les fleurs fanant très rapidement après la fécondation ce qui amène souvent à penser à tort que certains pieds sont hypochromes. On le voit bien quand il ne reste que la fleur sommitale pour comparer.
Des plantes menacées par le réchauffement climatique !
Le professeur Michaël Hutchings de l’université du Sussex (Grande-Bretagne) affirme avoir prouvé que le réchauffement climatique perturbe bien les interdépendances entre la plante et son polinisateur. Ses travaux publiés dans Botanical journal of the Linnean society démontrent en effet que les relations entre l’ophrys araignée, Ophrys sphegodes, et son pollinisateur associé, l’hyménoptère Andrena nigroaenea, se dérèglent à mesure que les températures printanières montent. La démonstration court sur les trois derniers siècles, période où la température moyenne mondiale n'a crû que de 1°C.
Le succès de la reproduction de l’ophrys araignée repose sur un timing précis. Outre son appendice velouté et son labelle, qui imite à la perfection l’abdomen d’une femelle d’Andrena nigroaenea, la fleur. diffuse également des substances chimiques similaires aux phéromones pour attirer les mâles. Ceux-ci émergent quelques jours après la floraison et avant les femelles. Pour sa pollinisation, l’orchidée sauvage profite donc d’une petite période où elle n’est pas concurrencée pour attiser la visite des hyménoptères bernés par une pseudo-copulation. Mais la plante et son pollinisateur ne réagissent pas de la même façon à la hausse des températures.
Ce que l’équipe de Michaël Hutchings a découvert, c’est qu’avec la hausse des températures, ces trois étapes se produisent plus tôt dans l’année mais pas à la même vitesse. Pour 1°C supplémentaire, le pic d’émergence des insectes mâles se déroule 9,2 jours plus tôt, celui des femelles 15,6 jours tandis que les fleurs ne glissent que de 6,4 jours. Lorsque le printemps est chaud, l’intervalle de temps entre l’émergence des insectes mâles et femelles diminue fortement, mais plus grave, la sortie de l’hibernation du pollinisateur s’opère avant que l’orchidée ait eu le temps de fleurir. La fleur se retrouve donc en compétition avec les femelles. Et les insectes mâles préfèrent évidemment s’accoupler avec les membres de leur espèce plutôt que d’opérer une pseudo-copulation avec une fleur.
Pour mesurer ces évolutions, les chercheurs se sont appuyés sur les observations de terrain de la démographie des orchidées effectuées depuis le milieu des années 1970. Ils ont ensuite pu remonter jusqu’en 1848 pour calculer la date de floraison des ophrys grâce aux herbiers du Royal Botanic Gardens Kew et du British Museum de Londres tandis que les collections entomologiques du Natural History Museum et de l’université d’Oxford ont permis d’établir les dates annuelles des émergences des insectes depuis 1893. Grâce aux mesures de températures effectuées depuis 1659, les chercheurs ont pu estimer les dates d’émergence des insectes sur trois siècles. On sait ainsi désormais qu’entre 1659 et 1710, la sortie d'hibernation des insectes femelles ne précède la floraison des ophrys que dans 40 % des années. Entre 1961 et 2014, ce sont 80 % des printemps qui se révèlent défavorables à la reproduction de la fleur !
Très documentée, cette étude fournit une preuve indiscutable que la hausse des températures fausse des relations entre espèces essentielles pour leurs survies. Les écosystèmes sont ainsi remplis d’interactions entre espèces végétales et animales et entre animaux entre eux. Ainsi, la date de naissance des oisillons de la plupart des espèces d’oiseaux coïncide avec le pic de prolifération des insectes dont ils se nourrissent. La hausse des températures bouleverse ces équilibres, provoquant des effets que les écologues tentent d’évaluer. Bref, il est urgent d'agir...
Depuis quelques années je publie assez régulièrement mes photographies des orchidées sauvages du Pays de Fontainebleau et du sud francilien. L'an dernier, j'avais mis en ligne un petit guide d'identification des Orchis et Ophrys. Fort de son succès, il était grand temps de le mettre à jour. La nouvelle édition prend donc la forme d'un fichier pdf de 48 pages à télécharger.
| Couverture du Guide Identifier les orchidées sauvages d'Ile-de-France |
J'ai passé beaucoup de temps à faire les illustrations, c'est à dire à indiquer sur mes photographies, les principaux critères à observer pour identifier les orchidées que vous pouvez rencontrer dans vos randonnées ou en ville quand on pratique le fauchage tardif, en ville !
Ce nouveau guide présente donc 17 espèces des orchidées les plus remarquables et visibles plus 1 intrus parmi la trentaine d'espèces présentes en Ile-de-France (sur 160 en France). Je ne présente pas les hybrides et lusus pour ne pas vous embrouiller mais j'aurai grand plaisir à discuter de vos observations.
| Identifier les orchidées sauvages d'Ile-de-France |
Mais voilà, vu le travail que cela représente, je vous propose le téléchargement de ce fichier pour 4,99€ ! Et à ce prix là, je vous offre même la mise à jour de l'édition suivante. Je vous présente le guide plus en détail sur cette page sur les orchidées sauvages en plus de celle de l'album photographique.
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| l'Epipactis microphylla Forêt de Fontainebleau |
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| l'Epipactis microphylla Forêt de Fontainebleau |
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| l'Epipactis microphylla Forêt de Fontainebleau |
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| l'Epipactis microphylla Forêt de Fontainebleau |
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| l'Epipactis microphylla Forêt de Fontainebleau |