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mardi 15 mai 2018

[insecte] Identifier les demoiselles de Bleau

l'Agrion Jouvencelle

Du printemps à l’automne, les occasions de photographier les libellules sont très nombreuses pour peu que l'on se rapproche des mares et autres points d'eau du Pays de Fontainebleau. Et ce n'est que le début car l’été est la saison idéale pour partir à leur rencontre. Plus ça brûle, mieux c’est car elles adorent les heures les plus chaudes de l’été, quand les oiseaux ne chantent même plus et que tous les  animaux sont au repos.  

J'ai déjà évoqué quelques lieux d'observation intéressants comme les grandes mares (Mare aux Evées, Mare aux Fées, etc.) mais aussi bords du Loing ou de la Seine, et les ENS comme La Sorques ou, celui de la prairie de Malécot à Boissise le Roi. Problème, de retour à la maison, outre la qualité esthétique des images, vous allez sans doute vouloir donner un nom ces belles inconnues. Voici donc quelques images des demoiselles les plus communément rencontrées chez nous !
 
Comme je l'ai déjà expliqué dans ce vieux billet, les libellules (odonates) se classent en deux grandes familles : les Anisoptères (les libellules/Epiproctophora) dont entre autres, les orthétrums, les libellules, les anax, les aeschnes, les gomphes, les sympetrums etc. et les Zygoptères (aussi appelées demoiselles). Ce sont ces dernières qui nous intéressent ici. On les reconnaît immédiatement à leur long abdomen tubulaire et surtout parce qu’elles tiennent leurs ailes pliées le long du corps au repos à la différence des libellules qui se tiennent en mode biplan !
 

Calopterix éclatant mâle (Calopteryx splendens) Seine et Marne
Calopterix éclatant mâle (Calopteryx splendens)
ENS de la Prairie de Malécot, 77
Le nombre d’individus peut varier de manière très importante d’une année à l’autre, en fonction des conditions météorologiques. Par exemple, un printemps trop frais et très pluvieux comme en 2016 est meurtrier pour les libellules et demoiselles les plus précoces : réfugiées à l’abri des gouttes, elles ne chassent plus et meurt de faim... Par ailleurs, face au dérèglement climatique des tendances à long terme commencent à se dessiner : certaines espèces méridionales vont remonter alors que d’autres, liées à des milieux frais comme les tourbières, disparaissent déjà.

Chez les demoiselles (Zygoptera) donc, on classera nos observations selon 3 sous ordres : les zygoptères les caloptéryx, les agrions et les lestes.
Si l'insecte place ses ailes allongées parallèles à son abdomen quand il se posent, il est de la famille Coenagrionidae. Les couleurs et motifs qui ornent leurs corps aident à déterminer leurs espèces, mais il y en a tellement qui se ressemblent que c'est souvent très difficile. Si l'insecte possèdes des ailes plus larges et colorées que le corps, il est probablement de la famille Calopterygidae. En revanche, quand l'insecte a le corps tubulaire beaucoup plus long, et que les ailes sont étalées ou écartées quand il est posé, c'est un odonate de la famille des lestes (Lestidae).
 
Calopterix éclatant femelle (Calopteryx splendens)
Calopterix éclatant femelle (Calopteryx splendens)
 

Une fois n'est pas coutume, chez les demoiselles, le plus facile à identifier, c'est le mâle !

En effet, il est plus difficile d’identifier les femelles. Pour l’identification des femelles mieux vaut les ouvrages scientifiques, de la patience et de très bonnes photographies car les critères d’identification sont trop complexes et nombreux. Ces femelles ayant été vues avec les mâles cela m'a facilité l'identification. Enfin, ces photographies ne présentent que quelques unes des espèces que l’on peut trouver. Il s’agit uniquement de celles que j'ai déjà rencontrées lors de mes dernières sorties, il y a quelques jours.


Calopterix éclatant femelle (Calopteryx splendens
Calopterix éclatant femelle (Calopteryx splendens)
 

Faire de la photographie de proxy ou macro de sujets vivants n'est pas toujours simple. Sur le terrain, si les conditions sont réunies (bonne lumière, absence de vent...) il faut parfois beaucoup de patience pour réussir une belle image (cadrage, posture, profondeur de champ...) car ces petites bêtes ont la bougeotte et de très grands yeux ! 
Qui plus est, esthétisme ne va pas de paire avec identification... En effet, les critères de différenciation sont parfois très petits ou bien cachés et donc pas toujours visibles sur les photos. Dorénavant, lors de vos sorties photographiques pensez à faire aussi 2 ou 3 images spécialement pour l’identification des libellules rencontrées. De retour à la maison, cela deviendra alors beaucoup plus facile !
 
Agrion orangé (Platycnemis acutipennis) mâle, ENS Malécot, 77
Les pattes sont blanchâtres à rayure noire et il porte sur la tête une bande noire
 Au début, je prenais des photographies puis les comparais avec les celle de l’Observatoire des libellules d’Île-de-France. Si cela vous passionne,  procurez-vous un guide papier (voir liste en bas de page). Ensuite, le top c'est de participer à des sorties animées par des spécialistes. L’Observatoire des libellules d’Île-de-France met en ligne un calendrier annuel des sorties. En région, de nombreuses associations de naturalistes proposent formations et animations. Songez qu'à Jablines, au nord de la Seine et Marne,  la diversité est telle qu’un odonatologue — c’est le nom du spécialiste des libellules et demoiselles — pourrait y perdre son latin avec 34 espèces différentes recensées sur le secteur ! Là, les naturalistes passionnés vont jusqu'à la capture (avec un filet adapté) pour observer de près l'ensembles des critères avant de relâcher l'individu.

Exemple avec les Agrions mâles qui affichent le plus souvent de belles couleurs noir et bleu clair.
Il est donc assez difficile de faire la différence des différentes espèces de la famille des Coenagrionidae. C'est par la répartition des couleurs et décorations de la tête, du thorax et de l'abdomen qu'on peut parfois réussir leur identification. 

 
ici : Agrion de Mercure (Coeragrion mercuriale) mâle, bord du Loing, 77
Il s'identifie part ses 2 traits noirs latéraux sur la zone centrale, un 8ème segment bleu avec souvent deux traits et un 9ème à moitié noir. Ses appendices anaux sont longs et à 4 pointes. Sur le dos, on peut observer le dessin d'un casque à 2 cornes

Son cousin l'Agrion porte coupe (Enallagma cyathigerum),  lui aussi très commun, n'a qu'un trait noir latéral, S8 et S9 sont bleus et surtout, le dessin à la base du thorax ressemble à une coupe (ou un champignon).

Enfin, il ne peut pas dans cette posture être confondus avec l'Agrion Jouvencelle qui est notre photo de couverture (Coenagrion puella, dont S3 à S5 sont annelés de noir, dessin en U sur S2) et l'Agrion Elégant (noir vue du dessus avec deux points bleus sur la tête et un S8 totalement bleu)
 

Calopterix éclatant mâle (Calopteryx splendens)
Calopterix éclatant mâle (Calopteryx splendens)
Facile à reconnaître : Ils sont bleus métallisés et surtout leurs ailes sont fumées
à la base et à l'extrémité avec une limite arrondie
Il peut être confondu avec le Calopterix Vierge (Calopteryx Virgo) mais ce dernier a des ailes fumées bleues (parfois décolorées uniquement à la base)

 

OUVRAGES UTILES


Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg, par D. Grand et J.-P. Boudot, 2006. Parthénope Collection, Biotope Éditions. 480 pages en couleurs.
Guide des libellules de France et d’Europe, par K.-D. B. Dijkstra (éd.). Illustré par R. Lewington, 2007. Traduction et adaptation française de Phillipe Jourde. Les guides du naturaliste. Éditions Delachaux et Niestlé, Neuchatel-Paris. Relié, couverture en couleurs souple, plus de 1.000 illustrations, 320 pages.
Libellules de France - Guide photographique des imagos de France métropolitaine, par Jean-Laurent Hentz, Cyrille Deliry et Christophe Bernier, 2011, édité par Gard Nature et le Groupe Sympetrum (GRPLS), 195 pages, plus de 600 photographies, broché, format 11 x 16 cm.


Agrion de Mercure (Coeragrion mercuriale) mâle, ENS de Malécot, 77
Agrion Jouvencelle (Coeragrion puella) mâle, ENS de Malécot, 77
 



mercredi 22 février 2017

Ca sent l'ail des ours dans certains coins du Pays de Fontainebleau

L'hiver n'est pas terminé que déjà les perce-neiges, jonquilles, narcisses et autres plantes annonciatrices du Printemps pointent leur nez dans les sous-bois du Pays de Fontainebleau. Parmi elles, l’ail des ours a fait son apparition.


Les premières pousses trouvées ces jours-ci étaient encore peu nombreuses et sont vraiment trop petites pour être cueillies. La frustration ne va pas durer car très rapidement, dans certains secteurs, un très dense tapis vert va couvrir le sol de nos sous-bois.

Car l’ail des ours (allium ursinum), aussi appelé ail des bois, aime bien pousser entouré de ses congénères. D’ici tros à quatre mois, le tapis vert fera place à un tapis moucheté de fleurs blanches. Entre temps, il pourra être cueilli et dégusté à volonté (mais avec modération tout de même).

Ail des ours (allium ursinum) Pays de Fontainebleau
Ail des ours (allium ursinum) Pays de Fontainebleau

 

 

Où trouver l'ail des ours dans le Pays de Fontainebleau ?




L'ail des ours, c'est comme les bons coin à champignons, on refuse souvent de donner sa localisation. Disons qu'on le rencontre dans la vallée du Loing et dans certains bois des bords de Seine. C'est une plante typique de certains sous-bois humides au sous-sol argilo-siliceux.


A quoi ressemble l'ail des Ours ?



D'après la description dans la flore de Coste c'est une plante vivace de 15 à 35 cm, glabre, à forte odeur d’ail. Le bulbe est petit, oblong, à tunique blanche membraneuse, la tige faible, demi-cylindrique, munie à la base de 2 feuilles ovales-lancéolées, larges de 2 à 5 cm, pétiolées, planes, molles, à nervures convergentes. Les fleurs sont d'un blanc pur, en ombelle plane un peu lâche non bulbillifère.



Et son intérêt réside bien entendu dans ses qualités culinaires et gustatives !

Du bulbe aux les feuilles en passant par les fleurs, tout est comestible crus ou cuit.

Ail des ours (allium ursinum) Pays de Fontainebleau
Ail des ours (allium ursinum) Pays de Fontainebleau

Toutefois, pour la cueillette, bien que toute la plante soit comestible, évitez de l’arracher avec son bulbe afin qu'il repousse l'année suivante. En début de saison, on peut même se contenter des feuilles périphériques qui sont encore très tendres. Sans avoir la force de son cousin l’ail cultivé (allium sativum), il a un vrai goût d'ail, notamment des pétioles (les tiges des feuilles) qui, en plus d'une saveur aillée moins puissante, ont également un goût presque sucré.


Attention au muguet


Les feuilles ressemblent, de loin, à du muguet qui lui est très toxique, mais la confusion ne me semble pas possible ! D'abord il ne semble pas cohabiter avec le muguet d’après mes observations. Ensuite, il y a l'odeur... Enfin, une observation rapide vous confirmera que la feuille de l’ail des ours est beaucoup moins épaisse


Ail des ours (allium ursinum) Pays de Fontainebleau


Ail des ours (allium ursinum) Pays de Fontainebleau

Comment le consommer ?


A déguster cru ou cuit mais toujours bien lavé.
Crues, les feuilles finement hachées et les fleurs peuvent accompagner salade, asperges ou être incorporer dans une mayonnaise ou dans du beurre par exemple. Le beurre doit être soit tartiné sur un pain grillé soit utilisé pour la cuisson.


Nom : Allium ursinum L. ( Ail des ours )

Famille : AMARYLLIDACEAE

Floraison : Avril – Juin

Forme biologique :

Géophyte.

Protection :

– Liste rouge européenne IUCN 2012 LC

http://www.preservons-la-nature.fr/flore/taxon/3997.html

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/81541

http://www.consoglobe.com/ail-ours-plante-condimentaire-decouvrir-4078-cg#hgFJWyXY4hRCSlEd.99

http://sauvagement-bon.blogspot.fr/

lundi 20 janvier 2014

Naissance d'un Odonate en bord de Loing

Au cours d'une balade sur les berges du Loing, aux plus fortes chaleurs de l'été 2013, photographiant quelques "libellules" bleues, je tombe sur ce spécimen d'Odonate (voir Wikipédia) qui semble bien plus coopératif. Son immobilité m'intrigue. Morte ?








Et bien non, tout juste née cette libellule qui se sèche les ailles au soleil après sa mue !










Extraits Wikipédia :

"En langue française, le terme de libellule est en général employé au sens large pour désigner les odonates, qui regroupent deux sous-ordres : les demoiselles (Zygoptera) et les libellules stricto sensu (Anisoptera)."

Les deux sous-ordres d'odonates  présentent quelques différences morphologiques permettant de les distinguer :


  • les yeux : gros et joints au moins en un point chez tous les anisoptères (exception faite des Gomphidae qui ont les yeux séparés), les yeux sont plus petits et toujours séparés chez les zygoptères,

  • les ailes : repliées au-dessus du corps en position de repos (chez les zygoptères), ou étendues à l'horizontale (chez les anisoptères),


Par exemple, ce même jour, sur les bords du Loing, j'ai pu photographier celles-ci :