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jeudi 8 juin 2023

[Fiche de bloc] Basse Pierre et Sous Pierre, deux voies du noir de Haute Piere

Cette fois, c'est sur le circuit noir de Haute Pierre, le secteur ouvert pour le Festival d'escalade Oh my Bloc de Milly (2ème édition ce week-end) que vous invite pour découvrir les numéros 18 et 19. Le premier est une traversée au ras du sol qui pompe un peu les bras et dont la principale difficulté réside dans les derniers mètres avec un virage un peu retord. C'est la Traversée de la Sous Pierre, 6c+. Le second est un bel exemple de rétablissement bleausard : la Basse Pierre, 6B et t le tout forme la Traversée de la Basse Pierre pour un 7a bien sympathique.

C'est en contre-bas du bloc sommitale de Haute Pierre et à l'ombre l'après-midi. Idéal pour s'muser en petit groupe ! Merci à Sandrine, Tony, Xav', et Ivan pour ce bon moment.



















Mieux vaut avoir un peu de souplesse et de petites jambe pour le rétablissement.



 

lundi 5 juin 2023

[Fiche de bloc] Les arquées du Pic cendré sur le circuit rouge de Haute Pierre

Le petit site de Haute Pierre, dans les bois de Milly-la-Forêt (Essonne) est équipé depuis l'an dernier de plusieurs circuits d'escalade suite au Festival Oh My Bloc (lien externe) dont un circuit rouge aussi court que teigneux. C'est dans un couloir, non loin du sommet du pignon, au numéro 16 du circuit rouge, que se cache le départ assis du Pic cendré, un 6B retord. Doigts fragiles s'abstenir ! Un des beaux blocs à découvrir le week-end prochain lors de la seconde édition du festival !






Voilà des arquées bleausardes qui ne vous arracheront pas que des sourires 







Merci notamment à Ivan et Nicolas qui se sont prêtés au jeu de la torture du photographe...






vendredi 5 mai 2023

[AGENDA] Mes prochaines expositions !

 

La saison des expositions photos a débuté et pour moi, elle sera pleine de nouveautés ! 

Pour commencer, cette année, j’expose à Milly la Forêt (Essonne) et en extérieur. Répondant  à l’appel de la ville de Milly et des organisateurs du Festival d’escalade Oh my bloc (du 9 au 11 juin), j’exposerai 5 photographies d’escalade à Bleau en très grand format (180X120cm) aux côtés de 3 autres photographes talentueux de la forêt. 

Pour cette exposition qui se tiendra du 22 mai au 9 juillet 2023 dans le Parc du Moustier, j’ai choisi de vous proposer uniquement du noir et blanc et de la photographie d’escalade en format paysage. Ainsi, nos 4 regards devraient bien se compléter et refléter la diversité de la pratique de la photographie d’escalade. En effet, Andy Day vous proposera des images de type reportage, Xavier Raynal, des photos colorées de grimpeurs et grimpeuses et Arthur Delicque, sa douce mise en lumière de très forts grimpeurs dans des blocs extrêmes et de haut vol. 

Rénové en 2019, le superbe parc du Moustier est ouvert de 8h à 20h sur cette période de l’année et il est gratuit ! C’est situé juste derrière l’Office de Tourisme de Milly à quelques mètres de la Halle.

Ensuite, comme vous avez déjà pu le constater, la 5ème saison de PhotoBleau ne se tiendra pas en marge des Naturiales. C’est triste car vous étiez très nombreux à venir nous voir lors de ce RDV. L’occasion pour moi de rappeler que si les artistes que nous sommes prennent un immense plaisir à créer et exposer, cela nous coûte plus que cela nous rapporte ! Outre les matériaux nécessaires à nos créations, la très grande majorité des salles d’exposition – pourtant souvent subventionnées au titre de la culture – réclame des sommes colossales pour leur location. De 450€ à 1700 € le week-end ! Alors si en plus, il nous est interdit d’y vendre nos œuvres… 

Mais comme on ne baisse pas les bras facilement, nous avons lancé avec notre collectif Artmosphère IDF  « La Collection », une sélection d’œuvres de plusieurs artistes locaux à destination des municipalités et agglomérations pour faire connaître la diversité des talents du Pays de Fontainebleau et ses environs. Et c’est donc à Fontainebleau encore, qu’ArtMosphère exposera une petite sélection de sa Collection d’artistes à la Charité Royale de Fontainebleau du 21 juin au 25 juin 2023. Une première pour moi et mes collègues. La Charité Royale est un espace culturel situé au sein de la Médiathèque municipale  inauguré en septembre 2019. C'est pas très loin des lieux où nous exposions jusqu'ici puisque c'est au 15 rue Royale ! 

Ensuite, si je trouve le temps, je devrai sans doute exposer à la Salle Hippolyte Bayard quelques-unes de mes photographies de rue issues de mon challenge quotidien, pour répondre à la demande insistante de quelques consœurs et confrères des clubs photo. Si cela se confirme, je reviendrai vers vous pour les détails. J’ai aussi plusieurs projets sur Melun et Dammarie-les-Lys pour la rentrée.

Enfin, j’ai l’honneur d’inaugurer deux espaces d’exposition « corporate » au sein du grand magasin parisien du Printemps Haussmann. Une exposition privée et donc réservée aux collaborateurs du Printemps mais promis, je vous ferai une photographie !


mardi 12 avril 2022

[ESPECE] La mouche de Saint Marc et le lézard glouton

La mouche de la Saint Marc (Bibio marci) ou Bibion est une espèce d'insectes de l'ordre des diptères, de la famille des Bibionidae. Cette mouche noire au corps allongé et velu s'envole dès les premières chaleurs de la fin mars et traditionnellement à partir du 25 avril (d'où son petit nom). Commun et répandu dans toute l’Europe, ce diptère de 8 à 15 mm a un vol assez lent et maladroit. Du coup, ce week-end, il faisait le régal de ce très beau lézard des murailles (Podarcis Muralis). Il ne lui aura fallu que deux minutes pour gober la dizaine de Bibions qui volaient à moins de 50 cm du sol.  Un spectacle captivant dont hélas, je n'ai pu saisir les bonds tant ce lézard était rapide !

Lézard des murailles en chasse dans les Grands Avaux, PNR du Gâtinais, Pays de Fontainebleau
Lézard des murailles en chasse dans les Grands Avaux, PNR du Gâtinais, Pays de Fontainebleau

Et me voilà donc en train de vous proposer une fiche espèce, sans aucune image de la mouche ! Les bibions sont de plusieurs espèces et seul une observation attentive et pointue permet de les distinguer... Ainsi, Bibio hortulanus a la pilosité des côtés du thorax et de l’abdomen grise, Bibio anglicus a les deux nervures de l’apex de la cellule près du ptérostigma de longueur égale, Bibio clavipes vole en automne. Il parait plus mince, avec des pattes plus longues et fines, Bibio leucopterus a les ailes laiteuses, Bibio venosus a toutes les nervures alaires noircies alors que Bibio Marci est entièrement noire, y compris les pattes et les poils. L’apex des tibias possède un éperon fort en forme de bec. Les antennes sont courtes et robustes, insérées sous les yeux. Les yeux sont nettement séparés chez la femelle, contigus et sensiblement plus gros chez le mâle. Le mâle a les ailes subhyalines et la cellule costale noirâtre alors que la femelle a les ailes brunies et noirâtres le long de la costale.

Lézard des murailles gobe une mouche de Saint Marc dans les Grands Avaux, PNR du Gâtinais.
Lézard des murailles englouti une mouche de Saint Marc dans les Grands Avaux, PNR du Gâtinais.

Très communs, les bibions volent peu et souvent à basse altitude En vol, les pattes arrières des bibions restent pendantes et bien visibles. On les trouvent dans des endroits plutôt humides d'autant qu'ils affectionnent les sols en décomposition où ils vont pondre à partir du mois de juin. Les larves vont s'y développer, souvent en amas, avant l'éclosion a lieu de mi-avril à mi-mai. Se nourrissant des litières végétales forestières en décomposition, ils affectionnent donc les rives des cours d'eau. L'apparition des mouches adultes provoque une véritable frénésie alimentaire chez la truite rendant difficile toute tentative d'utilisation d'un autre appât ce qui explique son " imitation " chez les pêcheurs à la mouche !

Lézard des murailles gobe une mouche de Saint Marc dans les Grands Avaux, PNR du Gâtinais.
Lézard des murailles gobe une autre mouche de Saint Marc dans les Grands Avaux, PNR du Gâtinais.


Lézard des murailles gobe une mouche de Saint Marc dans les Grands Avaux, PNR du Gâtinais.
En quelques secondes mon lézard des murailles aura englouti tous mes sujets du jour


Promis, la prochaine fois, j'en fais des photographies et je mets à jour la fiche ! 

En attendant, je vous invite vivement à parcourir les hashtags Faune et Flore (ou cette page) pour découvrir les nombreuses espèces du moment à commencer par les orchidées sauvages dont les premières font actuellement leur apparition dans le Pays de Fontainebleau (mes guides papier et pdf sont encore disponibles) A observer en ce moment, vous avez par exemple : l'Anémone Sylvie, la sublime Anémone Pulsatille, la non moins belle Jacynthe des bois, l'étrange Corydale solide, ou le succulent et très convoité Ail des ours...

Lézard des murailles gobe une mouche de Saint Marc dans les Grands Avaux, PNR du Gâtinais.
Un dernier regard et mon Lézard des murailles, repu, s'échappe...



lundi 3 mai 2021

[ESPECE] La drôle de vie des Méloés.

Il y a bien longtemps que je n’ai plus partagé avec vous mes observations naturalistes en Pays de Fontainebleau. Le Printemps est déjà bien avancé mais à l’occasion du déconfinement, vous allez sans doute reprendre les chemins de la forêt et vous aurez encore la possibilité d’observer la flore et la faune printanière. J’ai publié au fil du temps de très nombreuses fiches espèces pour la Flore et la Faune et dont vous retrouverez la plupart dans le menu également. C’est à la faveur d’une petite balade dans la forêt départementale des Grands Avaux que j’ai croisé ce drôle de coléoptère. Ce scarabée plutôt facile à reconnaitre est un Méloé. Un gros bonhomme aux reflets bleutés, totalement inoffensif et incapable de voler pour prendre la fuite. D’ailleurs ses élytres ne parviennent même pas à recouvrir son abdomen rebondi. J’ai écrit inoffensif, ce n’est pas tout à fait vrai !
Méloé violacé (mâle), Grands Avaux, 91


On les observe entre avril et juillet surtout le long des chemins, en bordure de talus plutôt dénudés et bien exposés au soleil mais aussi dans les landes basses, les bois ouverts ou sur leurs lisières et les prairies sèches fleuries. Globalement, ils recherchent plutôt des sites sablonneux secs et bien exposés. Rien d’étonnant donc à les croiser dans nos massifs gréseux d’Ile-de-France. On les associe donc aux régions chaudes et steppiques et leur diversité augmente vers le bassin méditerranéen ou vers les steppes d’Europe centrale. Ils évitent donc les végétations buissonnantes et recherchent les endroits avec du sol nu et des touffes d’herbes éparses. Mais, leurs exigences précises varient selon les espèces. Ainsi, en Europe centrale, le méloé violacé habite plutôt des boisements assez humides en bords de rivières. Il semble plus précoce ce qui lui permet de profiter de l’éclairement au sol tant que les feuillages ne sont pas sortis. Le méloé ténébreux serait lui, plus « xérophile », amateur de lieux secs, ouverts et chauds. On peut observer ces méloés jusque dans les jardins (à la campagne ou dans les petits villages) non aseptisés par les traitements chimiques ou un entretien excessif. Si les grands épisodes de déforestation massive en Europe de l’Ouest au cours des siècles passés ont favorisé les méloés, depuis le milieu du vingtième siècle, avec le recul des pratiques pastorales et la reforestation de nombreux espaces autrefois défrichés, les méloés connaissent maintenant un net déclin.

Lent mais pas si inoffensif !


Comme d’autres coléoptère, le Méloé pratique la saignée réflexe en cas de danger. Autrement dit, il sécrète un liquide répulsif. Il s’agit de gouttes d’hémolymphe (l’équivalent de notre sang) qui suintent au niveau des articulations des pattes. Ce liquide jaune orangé, de consistance huileuse, leur vaut le surnom anglais de « oil-beetle », scarabées à huile ou enfle bœuf. En effet, ce liquide renferme un poison (au moins pour les vertébrés), la cantharidine qui inhibe une enzyme clé du cycle du glycogène et induit des effets de vasodilatation. Le nom vernaculaire, enfle-bœuf, fait référence aux conséquences de ce poison sur les bovins qui auraient ingéré un méloé avec de l’herbe. Bon, à mon avis, il faut en manger plus d’un… Ce qui vaut aussi au méloé d’être parfois désigné à tort sous le nom de cantharide puisque c’est en réalité à une autre espèce de coléoptère. Au contact de la peau, elle peut provoquer des réactions sous forme de cloques mais il faut manipuler ces insectes longuement pour subir de tels effets. Donc pas de panique et lavez-vous les mains…

Autre singularité de cette charmante bestiole, sa larve se développe en parasitant les nids d’abeilles solitaires. Un vrai profiteur ce Méloé ! En effet, si les adultes se nourrissent de végétaux et de pollen (notamment les fleurs de ficaires), sa larve, le triongulin, mange des œufs d’abeille ! Notre femelle Méloé pond ses œufs sur le sol. A l’éclosion, les larves se rassemblent souvent en masse sur une fleur et s’accrochent au premier butineur venu en espérant qu’il s’agisse d’une abeille solitaire. Pour cela, la larve est munie des trois griffes qui lui permettent de s’accrocher (d’où « triongulin »). Parvenu dans une cellule d’abeille solitaire, une andrène généralement, le triongulin mange l’œuf, puis les réserves de nectar et de pollen et se transforme alors en un deuxième type de larve, qui ressemble cette fois à un asticot. Après avoir mué, cette larve quitte le nid de l’abeille et mue encore deux fois avant de se nymphoser. On comprend vite à la lecture de ce cycle de vie combien la probabilité qu’un triongulin devienne un Méloé adulte est faible…


Méloé violacé femelle (Meloe violaceus) Grand Avaux, 91
Méloé violacé femelle (Meloe violaceus) Grand Avaux, 91

Primo, il leur faut d’abord trouver une abeille. En début de printemps, sil la période fraîche se prolonge, les abeilles ne volent pas. Deusio, il faut qu’il choisisse une abeille solitaire. Il n’aurait aucune chance avec les abeilles sociales vivant dans les ruches ou un autre insecte velu. Tertio, il faut qu’il s’accroche à une femelle ! Bref, c’est pas gagné d’avance. Du coup, les méloés compensent par une extrême fécondité. L’abdomen démesuré des femelles est un véritable « sacs à œufs ambulant ». Selon les espèces, une femelle méloé peut pondre plus de 25 000 (M. rugosus) et jusqu’à 40 000 (M. proscarabeus). De tels chiffres ne se retrouvent que chez des insectes sociaux avec par exemple les reines des abeilles ou des termites. Selon les espèces de méloés, ces milliers d’œufs sont soit pondus en gros paquets dans quelques terriers seulement ou en petits lots dans de multiples terriers. A cela s’ajoute la sélection de sites de ponte proches de colonies installées d’abeilles solitaires. L’habitat des méloés se trouve ainsi intiment lié à celui des hôtes de ses larves.

Donc, si vous croisez un insecte aux allures de fourmi géante noire aux reflets métalliques à gros ventre, c'est peut être un Méloé. Ces insectes mesurent jusqu’à 3,5 cm pour les femelles (les mâles sont un peu plus petits). Pour distinguer les deux espèces les plus répandues, il faut d’abord vérifier si les antennes possèdent une partie centrale avec des articles (articulations) épaissis ; si oui, vous êtes sur une de ces deux espèces. Ensuite, observer de près le thorax (pronotum) qui porte chez le méloé violacé (Meloe violaceus) un sillon transversal vers sa base inférieure et une échancrure, sillon absent chez le méloé ténébreux (M. proscarabaeus) ; ce dernier est, en général plus noir que l’autre et la ponctuation de sa carapace plus grossière. Donc si vous photographiez un de ces insectes pensez à zoomer sur le thorax vu de dessus pour pouvoir discriminer ces deux espèces. Les antennes des mâles présentent un coude marqué (presque à 90°) au niveau du sixième ou septième article mais ceci ne vaut que pour les deux espèces les plus communes.

Critères d'identification Méloé violacé femelle (Meloe violaceus)
Critères d'identification Méloé violacé femelle (Meloe violaceus



REMARQUES : D’autres espèces de Meloe sont très proches notamment Meloe variegatus.

vendredi 19 juin 2020

Tronches de blocs et CréNatures

Il y a bien trop longtemps que je n'ai pas publié quelques images de mes safaris aux CréNatures de la forêt de Fontainebleau et des Trois Pignons. Voici mes dernières "trouvailles" de ces sculptures naturelles,  des tronches de blocs, esprits du rocher et autres lusus naturae.












La murène
T R O I S   P I G N O N S
Gorge aux Chats


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Extrait des tarifs 2020 à retrouver dans cette page

jeudi 28 mai 2020

Jouer dans la lumière dans la directe de l'instable




Le week-end approche et les grimpeurs bleausards vont chercher des spots loin des foules de franciliens qui visitent dans notre belle forêt. C'est donc souvent vers les sites de l'Essonne qu'il faut se réfugier pour grimper au calme en privilégiant le matin et la fin d'après midi ! Ce fut notre cas au Rocher Châtillon, petit secteur chaotique et fragile dont la fréquentation doit rester discrète pour éviter des problèmes avec les chasseurs. Nous évoluons ici dans des forêts privées où l'escalade n'est que tolérée par les propriétaires. Voici notre fin de journée dans les surplombs ombragés mais un peu exposés du circuit bleu à l'image de cette esthétique Directe de l'Instable, 4+ (19 bleu).
Directe de l'Instable, 4+ (19 bleu), Rer Châtillon, 91


Directe de l'Instable, 4+ (19 bleu), Rer Châtillon, 91

Directe de l'Instable, 4+ (19 bleu), Rer Châtillon, 91

Tony F O U C H E R E AU
dans
La Directe de l'Instable


Directe de l'Instable, 4+ (19 bleu), Rer Châtillon, 91

lundi 4 juin 2018

Le châtaignier gaulois aux Grand Avaux

Si la forêt de Fontainebleau cache bien quelques châtaigners, c'est en Essonne que les bleausards croisent les plus beaux spécimens et notamment (pour les forêts faciles d'accès et ouvertes au public) dans la forêt départementale des Grands Avaux. En général, ils ne sont pas très hauts mais certains présentent des troncs de plusieurs mètres de diamètre, témoin d'une longévité exceptionnelle.
Celui-ci est un de mes préférés avec son tronc d'à peine 1 m 40 de haut pour une bonne quinzaine de mètres d'envergure !


Notez que le châtaignier commun (Castanea sativa Mill.) est de la famille des fagacées (Fagaceae, anciennement Cupulifères) qui comprend 900 espèces réparties en 7 à 9 genres. C'est à dire que c'est un proche parent des Fagus (hêtre) et Quercus (chêne).

jeudi 3 mai 2018

Le Monocle à la Guinguette

Quel drôle de rencontre que ce Monsieur au monocle sur la Platière du Télégraphe de Beauvais (Grands-Avaux, 91). Notez qu'en plus il (se) grimpe !


Le monocle, Grands-Avaux, Essonne
Le monocle, Grands-Avaux, Essonne
En effet, vous trouverez sur ce superbe cailloux plusieurs voies dont la diagonale du Monocle qui l'escalade (6C+) dans un secteur ouvert entre autres par Stéphan Denys, David Evrad et baptisé Beauvais Guinguette

vendredi 12 mai 2017

La flore remarquable des platières Natura 2000 de l'Essonne

Bleau, ce n'est pas que la domaniale de Fontainebleau et des Trois Pignons. Le Pays Bleausard est celui des grès et s'étant bien au-delà de la Seine et Marne, en Essonne mais aussi par îlots dans les Yvelines et même dans l'Oise. Cette géologie particulière permet l'apparition et le maintient d'une faune et d'une flore extraordinaire, souvent méconnues du Grand Public. Ainsi, les platières de l’Essonne sont connues depuis longtemps par les botanistes pour leur richesse floristique. Le programme d’inventaire écologique lancé, sous l’égide du Conseil Général de l’Essonne  au début des années 90 se poursuit encore sur les platières gréseuses du département, biotope retenu comme prioritaire dans le cadre de la politique des Espaces Naturels Sensibles. Une récente balade dans ce secteur est l'occasion que j'attendais de vous parler un peu de la flore de la Platière du Télégraphe, dans la forêt départementale des Grands Avaux, très connue des grimpeurs sous le nom de "Beauvais".

La Forêt départementale des Grands Avaux est un site remarquable à plus d'un titre. Si les grimpeurs connaissent très bien les chaos rocheux et ses innombrables circuits d'escalade, les randonneurs ne devraient pas manquer d'y aller parcourir le sentier bleu ou les tronçons du GR et PR. Ce faisant, ils trouveront dans cet espace forestier aux portes de Paris et de Corbeil, un concentré de Bleau. C'est d'ailleurs cette proximité avec la Capitale dont on aperçoit les Tour Eiffel, Montparnasse et de La Défense depuis la Tour du Buisson qui font de cette forêt l'un des sites les plus fréquentés du Pays de Fontainebleau, au cœur du PNR du Gâtinais Français. Je reviendrai aussi sur d'autres facettes de ce massif forestier notamment sur la sylviculture mais là, je vais évoquer la Zone Natura 2000.


Tour Eiffel, Montparnasse et de La Défense depuis la Tour du Buisson
Tour Eiffel, Montparnasse et de La Défense depuis la Tour du Buisson

Profitant d'une trop courte balade sur le site, j'ai pu faire quelques repérages pour l'étude de la faune et flore locale. En attendant donc d'y retourner faire de plus amples investigations, voici un long article rédigé sur la base des informations  du DOCOB (DOCUMENT D’OBJECTIFS NATURA 2000) des Buttes gréseuses de l’Essonne (N°1100806 révisé en Juin 2010) qui est un des plus intéressants que je connaisse car précisant la localisation des espèces. Pour de plus ample informations, je vous invite à lire celui-ci (et bon nombre d'autres documents très intéressants) via la page qui leur est consacré dans la Tribune Libre de Bleau et Cie (http://www.tl2b.com/p/documentation.html).

Survol de la Forêt Départementale des Grands Avaux, Essonne, (C) 2012 Greg Clouzeau
Forêt Départementale des Grands Avaux vue du ciel, Essonne, (C) 2012 Greg Clouzeau
Ces milieux de très faible productivité n’ont pas été soumis à  une exploitation agricole et il y a bien longtemps que les troupeaux ont disparu de nos forêts. Seul les taillis (surtout de Chênes pubescents mais aussi de Châtaigniers) ont été exploités pour la production de bois de chauffage. Plus tard, les résineux ont été introduits dans les secteurs de landes et chaos rocheux. En fait, ce sont surtout les extractions de grès qui ont profondément modifié le paysage et réduit la superficie des platières. Aux grandes tables de grès ont succédé d'immense fronts de taille et aplats gréseux secondaires, ainsi que des affleurements sableux plus ou moins mélangés à des cailloutis siliceux et calcaires.

L’intérêt écologique de ces milieux est aujourd’hui reconnu à divers titres (ZNIEFF, ENS,
Natura 2000). Une gestion conservatoire y est engagée afin de préserver ce patrimoine remarquable dans le cadre de programmes pluriannuels. Au total 6 habitats d’intérêt communautaire ont été recensés sur le site des buttes gréseuses de l’Essonne. L'un des sites les plus remarquables avec la Platière de Bellevue est sans doute la Platière du Télégraphe.



La Platière de Télégraphe



La Platière de Télégraphe est située au cœur de la forêt départementale des Grands Avaux, propriété du Conseil général, soumise au régime forestier et dont la gestion est confiée à l’Office National des Forêts (triage n° 74 de Saint-Vrain, Révision d’Aménagement Forestier 2006-2020).
Elle couvre une superficie de 11,4 ha sur la commune de Champcueil. Délimitée par deux vallées alluviales où coulent l’Essonne et l’Ecole, la commune se situe à cheval sur le plateau de Mondeville et la plaine de Chevannes.

Son intérêt biologique a été mis en évidence officiellement lors de la création d’une ZNIEFF de type 1 (N° rég : 91135002, N° SPN : 110001646) décrite en 1984 puis révisée en 1999 sous le nom de « Boisement sur grès à Beauvais » (188,72 ha, alt. 80-135 m), puis des classements en ENS et en Zone Natura 2000.

Les différentes zones de la forêt départementale des Grands Avaux sur fond IGN Top 25

Quatre habitats de grand intérêt communautaire y sont étudiés au sein de la Zone Natura 2000 :
- des formations amphibies, et des rives exondées, des lacs, étangs et mares ;
- des pelouses sèches silicicoles ;
- des pelouses permanentes denses et steppes medio-européennes ;
- des landes sèches.

La composition floristique de ces milieux est remarquable, notamment au lieu-dit de la Platière de Télégraphe avec des espèces strictement inféodées aux platières gréseuses temporairement humides : notamment Crassula vaillantii et Sedum villosum protégées à l’échelle régionale, accompagnées d’espèces déterminantes comme Moenchia erecta et Ranunculus paludosus.
On notera également la grande richesse entomologique de ces sites mise en évidence par M. Gérard Luquet qui y a mené des inventaires de 1994 à 2009 avec 34 espèces de lépidoptères (dont 2 menacées d’extinction en Ile de France et une protégée au niveau régional), 13 espèces d’orthoptères (dont 1 vulnérable en Ile de France et 3 protégées au niveau régional).

On peut découper la Platière de Télégraphe en trois grandes zones :
- une zone plane centrale comportant des affleurements gréseux et calcaires en place (marettes, dalles, landes, chênaie pubescente) ;
- un coteau boisé au nord occupé par un taillis dense de Châtaigniers avec de nombreux rochers
et blocs de grès affleurants (chaos) ;
- l’ancienne carrière du Buisson qui comporte des fronts de taille et des affleurements sableux.

Le site est ceinturé au nord par une plantation de Douglas, à l’est par de la Chênaie acidiphile,
à l’ouest et au sud par des taillis de Chênes pubescents et châtaigniers.

Les châtaigniers sont une des essences dominantes des vallées de l'Essonne
Les châtaigniers sont une des essences dominantes des vallées de l'Essonne et atteignent des tailles respectables...


Je vous suggère d'accéder au site de la Platière en prenant la grande allée bordée de petits chênes, juste après la Tour du Buisson dont je reparlerai. Un panneau marque l'entrée de la Zone Natura 2000. Respectez les sentiers et le site. Ne cueilliez rien !


Panneau de présentation de la Platière et rappel des réglementations sur le site


Les différents milieux suivis par le Réseau Natura 2000 font l'objet d'un classement codifié. Par exemple, les Landes sèches répondent au Code NATURA 2000 : 4030

Les landes sèches


Le code 4030 regroupe tous les types de landes mésophiles à sèches. Ces formations ligneuses
basses structurées par les Ericacées, les ajoncs ou les genêts sont caractéristiques du domaine
atlantique et sub-atlantique. Elles sont souvent issues d’une dégradation de milieux forestiers
acidiphiles.

Malgré leur inscription comme habitat prioritaire au sein de la directive européenne, les landes sont des habitats relativement banals dans l’ouest de la France. ils sont cependant moins fréquents en Ile-de-France. Il est donc importants de maintenir leur présence dans notre région.

La zone de landes occupe une petite partie de la Platière de Télégraphe (6000 à 7000m²)
Ces landes sont structurées par 2 espèces d’Ericacées bien présentes sur l’ensemble de la
zone : la Callune (Calluna vulgaris) et la Bruyère cendrée (Erica cinerea) que j'avais déjà évoqué dans un article sur ces deux plantes typiques de Bleau et souvent confondues par le citadin. On y trouve aussi quelques chênes rabougris et bouleaux disséminés ainsi que des pins qui sont accompagnés par des espèces végétales typiques des ourlets comme la Germandrée scorodoine (Teucrium scorodonia), la Laîche à pilules (Carex pilulifera) ou la Fougère aigle (Pteridium aquilinum). Des faciès dégradés de pelouses à Canche flexueuse (Deschampsia flexuosa) y sont aussi imbriqués par endroit.  Les landes correspondent ici surtout à une dégradation de la végétation  des chênaies acidiphiles avec laquelle elles forment une mosaïque imbriquée.

Paysage typique des landes du Pays de Fontainebleau avec ce mélange de Callune et Bruyère.
Paysage typique des landes sèches du Pays de Fontainebleau avec ce mélange de Callune et Bruyère.

Les pelouses


Comme pour les landes, les pelouses répondent à un code dans la nomenclature Natura 2000.

Pelouses ouvertes à Corynephorus canescens et Agrostis des dunes continentales (Code 2330)


Cet habitat remarquable est rare en France. Il regroupe les pelouses pionnières colonisant les affleurements sableux siliceux de l’intérieur des terres (« dunes continentales »).

Sur le site, ce sont certaines perturbations d’origine anthropique et localisées au niveau d’anciennes
carrières ou sur les bords qui ont permis le maintien de cet habitat. Comme fréquemment pour ces végétations d’origine secondaire, le cortège floristique typique est appauvri et banalisé (développement d’espèces rudérales, c'est à dire des plantes qui poussent spontanément dans les friches, les ruines, le long des chemins, souvent à proximité des lieux transformés par l'homme). Les espèces caractéristiques sont présentes ponctuellement et disséminées çà et là : Corynéphore blanchâtre (Corynephorus canescens), Jasione des montagnes (Jasione montana) et espèces annuelles psammophiles comme la Téesdalie à tige nue (Teesdalia nudicaulis), la Linaire couchée (Linaria supina), la Petite oseille (Rumex acetosella), le Pied d’oiseau délicat (Ornithopus perpusillus), la Cotonnière naine (Logfia minima), etc.

Ces pelouses sableuses hébergent une entomofaune spécialisée notamment en Coléoptères ou
Hyménoptères. Le maintien et l’amélioration de cet habitat sur le site nécessitent une gestion active : hersage, mise en défend, mise en lumière... Le maintien d’un piétinement maîtrisé peut également
contribuer à l’entretien de ce milieu.

Deux pelouses ponctuelles à Corynéphore blanchâtre de quelques mètres carrés ont été
observées. Ailleurs, les pelouses siliceuses ne comportent qu’un cortège disséminé d’annuelles sur les affleurements sableux de la carrière du Buisson.

Formations herbeuses sèches semi-naturelles et faciès d’embuissonnement (Code 6210)


Les pelouses du 6210 observées sur le site sont à rattacher au sous type 2 : pelouses calcicoles semi-sèches subatlantiques.
Les pelouses calcaires sont des habitats semi-naturels remarquables. Ces milieux herbacés extensifs hébergent fréquemment, tant au niveau floristique (notamment nombreuses orchidées) que faunistique (entomofaune), un patrimoine écologique remarquable.

Les pelouses sont disséminées au niveau de la chênaie pubescente, essentiellement le long du
GR et du chemin menant de la Tour du Buisson à la carrière, ainsi que sur la partie sommitale
des fronts de taille de la carrière.



La grande allée du Chemin des Platières, Grands Avaux, Essonne
La grande allée du Chemin des Platières, Grands Avaux, Essonne


La végétation qui borde ces allées n'a pas grand chose d'exceptionnelle mais ces pelouses offrent tout de mes un beau spectacle avec au printemps, des tapis de jacinthes des bois, de superbes bouquet de Sceau de Salomon et ici et là des mosaïque de Bugle.  Elles hébergent quand même quelques espèces remarquables comme la Campanule à feuilles de pêcher (Campanula percicifolia) ou l'Orchis singe (Orchis simia) en lisière de la Chênaie pubescente ainsi que l’Azuré bleu céleste (Lysandra bellargus).



Dans les parties les plus fraîches, on trouve de superbes tapis de Jacinthe des Bois.
Dans les parties les plus fraîches, on trouve de superbes tapis de Jacinthe des Bois.


La bugle rampante (Ajuga reptans)
Et de bugle rampante (Ajuga reptans)


Les Pelouses pionnières sur dômes rocheux (Code NATURA 2000 : 8230)


Elles correspondent à un habitat spécifique que l'on trouve habituellement plutôt en montagne. Sur la Platière de Télégraphe, l’habitat 8230 est particulièrement remarquable par son originalité, son état de conservation et son intérêt patrimonial. Compte tenu de la très faible épaisseur du sol et de la sécheresse des stations en période estivale, ces formations végétales sont particulièrement sensibles au piétinement qui, s’il est trop intense, banalise la flore jusqu’à éliminer totalement les espèces caractéristiques de cet habitat. Le maintien d’un éclairement important et surtout, la limitation du piétinement permettront de maintenir cet habitat dans un bon état de conservation.

Ce groupement végétal comprend les communautés colonisant les dalles rocheuses siliceuses bien
exposées, dominées par des plantes de la famille des Crassulacées (notamment Sedum ssp).

Les habitats les plus remarquables sont sans aucun doute ces pelouses sur dômes rocheux et les gazons amphibies des mares et vasques temporaires. En bon état de conservation, ils hébergent une flore riche et diversifiée d’un grand intérêt patrimonial au niveau régional.

Localisées essentiellement sur la platière, les pelouses siliceuses à orpins d’origine naturelle constituent l’un des plus beaux groupements végétaux du site par son originalité et le nombre d’espèces remarquables qu’il héberge comme le Trèfle strié (Trifolium striatum), le Trèfle scabre (Trifolium scabrum), la Crassule tillée (Crassula tillae), l’Orpin de Bologne (Sedum sexangulare), la Renoncule des marais (Ranunculus paludosus), etc. Elles occupent seulement 10 à 20 mètres carrés disséminés sur les franges des affleurements gréseux. Cette station est traversée par le GR. Au centre, sur le GR, la zone est très dégradées par le piétinement qui ne permet que le maintient d'une végétation banale à Pâturin annuel (Poa annua).

L’Orpin blanc (Sedum album) est une plante crassulescente à l’aspect rougeâtre, très sensible au piétinement. Sur les aplats gréseux des fronts de taille de la carrière du Buisson, des pelouses d’origine secondaire se sont installées. Apparentées aux pelouses naturelles de la platière, leur composition floristique est appauvrie par le manque de maturité de ces groupements d’origine anthropique. Aucune espèce remarquable n’y a été recensée.

L’Orpin blanc (Sedum album), très fragile, borde parfois le chemin sur la Platière...
L’Orpin blanc (Sedum album), très fragile, borde parfois le chemin sur la Platière...


L’Orpin de Bologne (Sedum sexangulare) est une espèce rare en France (Fournier, 1961). Elle est légalement protégée en Ile-de-France, très rare et en forte régression. Caractéristique des végétations éparses et pelouses sur dalles, rochers et vieux murs, l’Orpin de Bologne occupe sur le site une dizaine de mètres carrés, répartis en deux petites tâches d’environ 5m² sur la platière.

L’Orpin velu (Sedum villosum) est très rare dans l’Essonne et en Ile-de-France, légalement protégée au niveau régional. Il a été vu pour la dernière fois en 2000 par Alain Fontaine disséminé le long du GR où il apparaît moins hygrophile que la Crassule de Vaillant, espèce avec laquelle il est fréquemment associé. L’absence d’observation lors de la campagne d'étude en 2005 illustre le caractère à « éclipse » de ces espèces caractéristiques des milieux amphibies temporaires qui se développent uniquement lorsque les conditions hydriques stationnelles leur sont favorables. 

La Crassule de Vaillant (Crassula vaillantii) considérée comme très rare en France par Fournier (1961), est sans aucun doute l’une des espèces les plus intéressantes de ce site. Légalement protégée
en Ile-de-France, cette espèce présente encore un bastion important dans l’Essonne qui renforce le rôle du Département pour la sauvegarde de l’espèce en France. Caractéristique des milieux siliceux temporairement immergés, elle occupe sur le site deux vasques boueuses piétinées par les promeneurs et les VTT, de part et d’autre du GR.

Cet aspect « rudéral » des stations à Crassule de Vaillant a également été constaté dans l’ouest de la France (territoire du Conservatoire Botanique de Brest) où elles sont localisées sur des parkings, des lieux fréquentés…Sur les deux vasques de la platière, chaque station fait environ 1m² et comporte plusieurs dizaines d’individus (environ 100 et 50 pieds observés suivant les passages).  Chaque zone se découpe en 3, de la bordure du GR où l’intensité du piétinement empêche le développement de l’espèce, sur une frange boueuse les premiers pieds chétifs commencent à apparaître. Ensuite, on remarque une situation optimale où les pieds sont bien développés. Enfin, une zone où la densité de la végétation empêche à nouveau le développement de petite plante.


La végétation annuelle des rives exondées (Code NATURA 2000 : 3130)  


Les écoulements de surface sur les bords de platière et l’eau temporairement stagnante dans les vasques conditionnent la présence de groupements végétaux tout à fait originaux. Ces communautés sont constituées de plantes petites à naines contrairement aux zones humides « classiques » souvent caractérisées par des roselières et des mégaphorbiaies. Ces plantes souvent annuelles redoutent la concurrence des hautes herbes vivaces dont le développement est limité sur ces stations par l’alternance des immersions / assèchements, la pauvreté et l’acidité des substrats et la perturbation anthropique des stations (piétinement, VTT…).

La concurrence est rude pour émerger des hautes herbes, joncs...
La concurrence est rude pour émerger des hautes herbes, joncs...


Le code 3130 regroupe diverses communautés végétales apparentées à caractères amphibies et héliophiles. Sur la platière du Télégraphe, on observe une variante de ce groupe (3130.4) qui concerne les "Communautés annuelles oligotrophiques à mésotrophiques, de bas niveau topographique, planitiaires, d’affinités atlantiques, des Isoeto-Juncetea". Cet habitat rare et très localisé en France.

Les gazons amphibies à annuelles occupent 2 vasques temporaires de quelques mètres carrés de part et d’autre du GR La végétation caractéristique s’exprime sur une frange étroite entre le GR, piétiné, et la végétation plus dense en arrière (Joncs épars…). Une perturbation anthropique légère (piétinement) semble favorable au maintien de cet habitat.


Saxifrage granulée, je n'ai même pas vu la zygène cachée dans le coin droit
Concentré sur l'identification de cette Saxifrage granulée, je n'ai même pas vu la zygène cachée dans le coin droit. Grrrr.


La végétation, souvent mal caractérisée au niveau phytosociologique dans ce type de groupement, comporte un cortège hétérogène « d’espèces amphibies » assez important sur la Platière de Télégraphe :

Liste des espèces caractéristiques des gazons amphibies observées en 2005 sur la Platière de Télégraphe

Alopecurus geniculatus L. Vulpin genouillé AR
Crassula vaillantii (Willd.) Roth Crassule de Vaillant R
Isolepis setaca (L.) R. Br. Scirpe sétacé R
Juncus bufonius L. s.s. (excl. ambiguus & foliosus) Jonc des crapauds C
Juncus tenuis Willd. Jonc grêle C
Lythrum portula (L.) D.A. Webb Pourpier d'eau AC
Mentha pulegium L. Menthe pouliot TR
Montia fontana L.ssp chondrosperma (Fenzl) Walters Montie printanière R
Polygonum minus Hudson Petite renouée TR

Statut de rareté dans le département de l’Essonne TR = très rare – R = rare – AR = assez rare – AC =
assez commune – C = commune

On remarque dans ce tableau le nombre élevé d’espèces présentant un intérêt patrimonial fort au niveau départemental ou régional (espèces très rares, rares et légalement protégées), mais plus faible au niveau national (Crassula vaillantii).

Malgré l’exiguïté des stations, l’habitat d’intérêt communautaire 3130.4 recensé sur la Platière de Télégraphe héberge de nombreuses espèces remarquables caractéristiques et apparaît comme assez typique et en bon état de conservation. Les stations sont actuellement peu menacées. Le contrôle de la fréquentation, de l’éclairement et du développement du Jonc épars devrait permettre de maintenir cet habitat dans un bon état de conservation.