Identifier les principales orchidées sauvages de Bleau


A la base, je suis nul en botanique mais je suis curieux de nature (et par nature). S'il existe plus d'une trentaine d'espèces d'orchidées sauvages à observer dans le Pays de Fontainebleau, certaines sont assez faciles à observer mais à identifier au premier regard, c'est pas si simple. Pour vous y aider, en plus des articles publiés régulièrement sur le blog, voici une page guide qui reprend sur photographies les principales caractéristiques des espèces les plus courantes que j'ai pu observer sur le terrain et dont l'album photographique complet (autres espèces en plus) se trouve dans cette page.






Commençons avec une remarque évidente mais nécessaire : les orchidées sont des fleurs fragiles et relativement rares. Il convient donc de ne pas les cueillir ! 


Les orchidées sauvages n'ont souvent rien à envier en terme de beauté à leurs homologues horticoles.  Le nom Orchidée vient du grec orchis, qui signifie "testicules", en référence à la forme des tubercules souterrains de certaines espèces.  Les Orchidacées (Orchidaceae) forment une des familles les plus diversifiées avec plus de 25 000 espèces réparties sur la planète notamment en zone tropicale. Elles peuvent prendre de très nombreuses formes et pousser aussi bien au sol qu'à la cimes des arbres. Pour pousser, elles ont besoin d'entrer en symbiose avec un élément de leur milieu ce qui les rend particulièrement sensibles aux changements. Elles adoptent aussi diverses stratégies pour leur reproduction. La symbiose, qu'elle soit de type autotrophique, saprophytique, voire parasitique, se fait avec un champignon microscopique qui permet à la plante de pallier l'absence de toute réserve dans ses graines ainsi que l'absence de radicelles au niveau de ses racines. La classification phylogénétique situe aujourd'hui cette famille dans l'ordre des Asparagales et plusieurs orchidées ont changé de noms ces dernières années après analyse génétique. En Ile-de-France, on trouve plus d'une trentaine d'espèces. Si certaines poussent dans des milieux préservés, d'autres jouent les colonisatrices de friches industrielles et autres bords de route.






Comment reconnaître une orchidée dans la nature ?


Quatre détails de la plante pour permettront de déterminer si vous avez à faire à une orchidée ou pas :

  1. Les feuilles sont sans dents, sans découpes et plutôt rectiligne et forment souvent une rosette.
  2. Les nervures des feuilles d'orchidée sont parallèles aux bords de la feuille.  
  3. Enfin à la base de chaque fleur une grosseur est visible. Elle contiendra la future graine après fécondation. 
  4. Certaines (la Néottie par exemple) peuvent facilement être confondues avec d'autres plantes et toutes les fleurs exubérantes ne sont pas des orchidées. 









Deux familles sont assez faciles à observer et identifier : les Ophrys et les Orchis.
Les premières imitent des insectes pour faciliter leur reproduction, les secondes portent un casque !
Voici quelques espèces que j'ai pu photographier dans le Pays de Fontainebleau et qui sont faciles à identifier. Je vous indique sur les photographies les principales caractéristiques.






Les ophrys


Les Ophrys dont les fleurs imitent à la perfection différentes espèces animales sont aussi présentent dans le Pays de Fontainebleau. On peut trouver 4 ophrys en Ile de France mais les distinguer n'est pas toujours très aisé... Ne vous fiez pas au motif ou dessin qu'elles porte sur le labelle. D'ailleurs, pour compliquer les choses, les ophrys s'hybrident et portent parfois les attributs de leurs 2 parents !! Voici donc les caractéristiques de la mouche, l'abeille et le bourdon. L'araignée sera ajoutée dès que j'en aurai une présentable !








 
O. fuciflora
O. aranifera
O. apifera
O. insectifera
Labelle
non divisé, avec 2 gibbosités coniques

non divisé: gibbosités présentes ou absentes

divisé (2 "petits bras" de chaque côté)

divisé (2 "bras" et 2 "jambes")
Labelle
avec un appendice dressé jaunâtre

marge jaune
 
 
Gyniostème (Canard)
 
 
extrémité en S
 
Sépales
roses pâles avec une nervure centrale verte
verts

roses pâles avec une nervure centrale verte, souvent rabattus en arrière
verts
Pétales latéraux
roses, grands, triangulaires,

verts, à bords ondulés

petits non colorés

brun-noir, étroits (formant les "antennes")
Motif du labelle
variable
en sorte de H bleuté
variable
variable
Terrain
calcaire
calcaire
calcaire
calcaire
Floraison
mai à juin
mai à juin
juin à juillet
mai à juin

Ophrys Mouche (Ophrys insectifera)



L'Ophrys mouche atteint 30 à 40 cm en moyenne et dépasse parfois 70 cm. Il préfère l'ombre et les sols calcaires ou neutres. La floraison va de fin avril à mi-juin. Il est assez commun et on le trouve lui aussi toujours aux mêmes lieux. Menacé par la disparition de son biotope et par les indélicats, comme pour toutes les autres orchidées, il est inutile de me contacter pour connaître les lieux de mes prises de vue !





Ophrys insectifera
Ophrys insectifera à Fontainebleau
L'ophrys Apifera






Ophrys apifera, Pays de Fontainebleau
Ophrys apifera, Pays de Fontainebleau
L'Ophrys fuciflora








Ophrys Fuciflora, Fontainebleau
Ophrys Fuciflora, Fontainebleau
Les Orchis

Là encore, il existe plusieurs caractéristiques communes aux Orchis dont la premières est sans aucun doute le port du casque en toutes circonstances.






Elles sont assez faciles à identifier en dehors de quelques espèces et des hybrides. L'une des plus communes est sans doute la Pyramidal. Pourtant, depuis peu, celle-ci ne fait plus partie des Orchis à proprement parler mais des Anacamptis !

L'homme-pendu (Orchis anthropophora)

Sans doute l'une des plus faciles à reconnaître avec sa fleur qui évoque un petit bonhomme pendu, les membres étant formés par les lobes du labelle et la tête par la connivence des 3 sépales et des 2 pétales supérieurs.
Ce sont des plantes qui atteignent une hauteur de 20 à 40 cm.
Les feuilles, lancéolées, d'environ 5 cm de long, forment une rosette basale.

Ses inflorescences allongées portent jusqu'à une cinquantaine de fleurs jaune verdâtre sans éperon, nectarifères. La couleur du casque diffère de celle du labelle et les variations de couleur du casque et du labelle vont du jaune verdâtre, fréquent, jusqu'au brun-rougeâtre. La floraison s'échelonne d'avril à juin suivant la région et l'altitude.






L’orchis bouc, (Himantoglossum hircinum), ou himantoglosse à odeur de bouc

On l'appelle parfois loroglosse à odeur de bouc2 (Loroglossum hircinum).

Himantoglossum signifie langue en lanière, et Loroglossum langue étroite en référence au labelle de la fleur. hircinum fait référence à l'odeur de bouc forte et désagréable des fleurs.

Plante robuste pouvant atteindre 1 m. Elle possède de nombreuses feuilles d'un vert grisâtre qui apparaissent en automne, persistent l'hiver puis se flétrissent à la floraison. L'inflorescence est cylindrique et assez dense, fleurs verdâtres bordées de pourpre, sépales et pétales rassemblés en casque, labelle très allongé, jusqu'à 6 cm, enroulé, plus ou moins déployé à l'horizontale à la floraison, peu échancré à l'extrémité. Odeur marquée caractéristique.




L'Orchis militaire (Orchis militaris), ou Orchis guerrier.

C'est une plante haute de 20 à 50 cm à tige robuste, à feuilles basales plutôt dressées, oblongues, lancéolées et à petites feuilles caulinaires engainantes. L'inflorescence présente des bractées violacées, c'est un épi dense, conique, de 10 à 40 fleurs aux sépales et pétales latéraux rassemblés en casque pointu, de couleur lilas-cendré à l'extérieur, veiné de violet à l'intérieur. Le labelle trilobé est anthropomorphique, au centre clair avec des ponctuations pourpres. Le lobe central est lui-même terminé par 2 lobules (les jambes) séparés par une dent. L'éperon, à l'arrière du labelle, est court et cylindrique, descendant.






Orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis)



L'Orchis pyramidal atteint de 30 à 60 cm. On le trouve en milieux calcaires, particulièrement sur les pelouses, aussi aux bords des routes et chemins. C'est le cas notamment dans l'ENS de la Prairie Malécot (77) où se jette le ru de la mare aux Evées ou dans l'ENS de la Plaine de la Sorque. Il est assez rare et sa floraison va de mi-mai à mi juin.


































Orchis mâle (Orchis mascula)



L'Orchis mâle atteint 30 cm et pousse généralement en pleine lumière ou à mi-ombre sur des sols calcaires ou peu acides, secs ou humides. Il est assez commun, en colonies très dispersées.
La floraison va de mi-avril à mi-mai.























Orchis pourpre (Orchis purpurea)



L'Orchis pourpre atteint 40 à 90 cm, pousse en pleine lumière ou à mi-ombre sur des sols calcaires, secs ou humides. Assez commun en Seine et Marne il souffre, par endroits, de trop fortes cueillettes et de l'exploitation des forêts.
Sa floraison va de fin avril à début juin.









































Il manque dans mes photographies guide l'orchis singe (Orchis simia) qui ressemble à l'orchidée militaire mais avec des jambes et des bras roses fins et courbes et l'Orchis brûlé qui elle aussi n'est plus une orchis mais une Néotie ! Elle ressemble beaucoup à l'orchis pourpre mais avec un dégradé dans la couleur des casque dont l'intérieur est clair. J'y ajoute la listère à feuille ovale (une autre Néotie) à cause de la forme de son labelle et de son casque.

 
Couleur des sépales
Couleur du labelle
Forme du labelle
Orchis pourpre (O. purpurea)
"casque" du bonhomme petit, pourpre foncé sur les 2 faces

blanc à papilles pourpres

"jambes" du bonhomme 2 fois plus larges que les "bras", présence d'une dent entre les "jambes"
Orchis militaire (O. militaris)
"casque" du bonhomme de couleur rosé clair uniforme sans taches, veinés de violet à l'intérieur

rose clair entouré d'un liseret plus foncé, à papilles pourpres

"jambes" du bonhomme une fois 1/2 plus larges que les "bras", présence d'une dent entre les "jambes"
Orchis singe (O. simia)
"casque" du bonhomme, blanc à rose

blanc à papilles pourpres sur le "corps" du bonhomme,extrémité des "bras" et "jambes" rose foncé

"bras" et "jambes" de la même largeur, extrémités recourbées, présence d'une dent entre les "jambes"
Orchis brûlé (Neotinea ustulata)
rose à pourpre (pourpre foncé quand la fleur n'est pas épanouie)
blanc à grosses taches roses arrondies peu nombreuses
"jambes" juste échancrées à peu séparées
Orchis homme-pendu (O. anthropophora).
vert à liseré rose
"corps" vert, "jambes" et "bras" roses
"bras" et "jambes" de la même largeur, parfois très longs

Listère ovale (Listera ovata)

Très discret, on ne le remarque pas toujours lorsqu'il pousse dans un sous bois tapissé de ronces, le Listère à feuilles ovales atteint facilement 60 cm de haut et pousse donc en milieux ombragés, formant parfois des populations de plusieurs centaines de sujets. C'est l'espèce la plus répandue dans la région. La floraison va de mai à fin juin.









Listère ovale (Listera ovata)

Listère ovale (Listera ovata)

Listère ovale (Listera ovata)









Voilà pour les ophrys et orchys les plus courantes. Mon ami photographe Djamal vous en propose aussi plusieurs articles sur son site et un ebook sur les orchidées. Enfin, pour celles et ceux que cela intéressent voici une quinzaine de pages (pdf) pour apprendre tout ce qu'il y a à connaître à leur sujet. Les fans ne manqueront pas aussi de rendre visite à cette base de données des orchidées de France.


Beaucoup d'orchidées sont protégées. Même si parfois elles sont abondantes, la cueillette devrait être interdite. Leur fragilité et celle de leur milieu doit amener chacun à respecter les orchidées en les admirant et en les laissant sur site.

Autre site à visiter : société française d'orchidophilie












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