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lundi 26 juin 2017

C'est le bon moment pour photographier les demi-deuils en forêt de Fontainebleau

Avec les fortes chaleurs des derniers jours, les fleurs des pelouses des forêts domaniales de Fontainebleau, des Trois Pignons et de la Commanderie, ont une forte tendance à se faner. C'est pourtant au dessus de celles-ci que volent en juillet-août de nombreux papillons remarquables. Parmi eux, les demi-deuils, grands papillons noirs et blancs se remarquent facilement et volaient en grand nombre ce week-end. Le Demi-deuil (Melanargia galathea), est donc une espèce de lépidoptères (papillon) appartenant à la famille des Nymphalidae, à la sous-famille des Satyrinae, à la tribu des Satyrini et au genre Melanargia. Voilà pour les puristes !


C'est un papillon de taille moyenne (5 à 6 cm) qui présente un magnifique damier noir et blanc les ailes ouvertes. Le revers dessine en noir les limites des damiers avec dans la forme type une ligne d'ocelles aux postérieures. Le revers de la forme Melanargia galathea leucoderma Esper est blanc. Dans les formes Melanargia galathea procida Herbst et encore plus chez Melanargia galathea magdalanea Reichl, le noir domine. Sur le dessous des ailes postérieures, on remarque une série d’ocelles – taches en forme d’yeux – dans les tons bruns. Le mâle et la femelle sont ressemblants, mais la femelle est un peu plus grande et présente sur le dessous de l’aile postérieure les mêmes dessins, mais bruns sur fond jaunâtre.




Demi-deuil (Melanargia galathea), Fontainebleau


Contrairement à de nombreux autres Rhopalocères, le mâle ne guette pas le passage des femelles depuis un perchoir, mais les recherche activement en vol parmi les graminées. Autre particularité de l'espèce, Madame ne se préoccupe pas beaucoup de sa progéniture ! Les œufs sont tout simplement largués en vol ou lâchés d'un perchoir. La chenille éclot environ 3 semaines plus tard. Les larves grignotent quelques feuilles avant de chercher un abri pour l'hivernage. Puis la chenille reprend son activité au printemps; elle se nymphose fin mai, à proximité du sol.

Où trouver des demi-deuils en forêt de Fontainebleau ?



Même si les milieux ouverts se font de plus en plus rares en forêt de Fontainebleau et ont tendance à se refermer en se couvrant de buissons puis d'arbres (voir notamment le parking du Rocher Canon depuis sa fermeture il y a une dizaine d'années), il reste quelques belles places d'observation.


C'est le cas de la grande pelouse du Rocher Saint Germain (Cabaret Masson), de la plaine de Chanfroy (hélas et heureusement clôturée) ainsi que les abords des aqueducs qui constituent de formidables biotopes. D'ailleurs, c'est le long de celui de la Vanne que j'ai fait ces images car le Demi-deuil fréquente les terrains enherbés, prairies et bas-côtés de routes ou voies de chemin de fer. Il apprécie notamment les fleurs de Centaurées. Particulièrement actif les jours ensoleillés, il demeure en position de repos sous les herbes, ailes repliées, dès que le temps se couvre. Le week-end dernier, plus d'une trentaine d'individus virevoltait sur cette bande herbacée.




Demi-deuil (Melanargia galathea), Fontainebleau











jeudi 23 mars 2017

Les aqueducs de Fontainebleau

Si la forêt est bordée par la Seine, aucune rivière ne la traverse. Tout du moins, pas naturellement ! En 1854, Georges Eugène Hausmann propose un projet d'alimentation en eau de Paris.

Les sources de la Vanne sont acquises en 1860 et les plans du tracé de l'aqueduc sont terminés en 1865. Œuvre de l'ingénieur Eugène Belgrand, l'ouvrage est achevé en 1875. Long de 173 km, l'aqueduc traverse la forêt de Fontainebleau sur 17 km dont 3,5 en aérien.

L'aqueduc dans sa traversée du Coquibus
L'aqueduc dans sa traversée du Coquibus

Il rassemble des eaux provenant de différentes sources dont celles du Loing et du Lunain.
L'eau arrive au réservoir de Montsouris, situé dans une ancienne carrière souterraine dans le 14e arrondissement de Paris.
L’aqueduc est parfois souterrain. Il traverse intégralement le rocher de Bouligny à une profondeur moyenne de 26 mètres sur une longueur de 1397 m. C’est exactement ici, à deux pas de la route de Nemours, qu’eut lieu un éboulement lors du chantier de creusement, le 20 juillet 1868, accident qui fit quatre morts !

 
L'aqueduc dans sa traversée du Coquibus
L'aqueduc dans sa traversée du Coquibus
 
En dehors des mares de platières et des quelques fontaines aménagées par les Sylvains, l'eau ne coule pas beaucoup en forêt. Au XIXe, on profita donc du succès de certains sites pour y aménager de nombreuses buvettes. Les six plus importantes sont en effet établies autour de la Fontaine Sanguinède, au Mont Chauvet, au Bouquet du roi, près de la Fontaine Dorly, au Rocher Cassepot et, bien entendu, à la Caverne aux Brigands.
Mais cela ne semblait pas suffire à calmer la soif de nos touristes alors certains échafaudent des projets au coût pharaonique et qui n'aboutiront jamais.
Ainsi, en 1847, l'ingénieur Alexandre Corréard, envisage la construction d'un barrage sur la Seine. De celui-ci, un réseau de canalisations amènerait l'eau au cœur de la forêt.
Denecourt n'est pas en reste et reprenant ce projet, il imagine un aqueduc pour alimenter les sites les plus touristiques.
Enfin, en 1865, l'ingénieur Garceau proposait lui de creuser un canal de trois mètres de large qui encerclerait la forêt domaniale sur une vingtaine de Kilomètres. Des travaux estimés alors à plus d'un millions de francs !
 
L'aqueduc dans sa traversée du Coquibus
L'aqueduc dans sa traversée du Coquibus