Les lichens sont des bioindicateurs précieux

mousses et lichens de Fontainebleau (C) Greg Clouzeau
J'avais dans un article précédent fait une courte présentation du merveilleux monde des lichens,  source inépuisable de clichés pour photographes passionnés du petit monde. Si les grimpeurs sont des familliers des mousses et lichens qui gênent considérablement l'escalade, ils devraient s'y intérresser d'avantage avant de les brosser, certains d'entre eux étant plutôt rares à Fontainebleau ! C'est le cas par exemple du lichen Solorina saccata (L.) Ach. (1808) re-découvert en Forêt de Fontainebleau et décrit par Gabriel Carlier et Michel Arluison, p. 189 dans un bulletin de l'ANVL en 2012.
Par ailleurs, notez que les lichens sont aussi de merveilleuses sentinelles quand à la pollution ou au changement de milieu. Ce sont des bioindicateurs.




Un bioindicateur est un organisme vivant dont les fonctions vitales réagissent à la pollution.
Les lichens sont des organismes symbiotiques (algue et champignon) présents naturellement sur les arbres et les rochers qui ont des particularités qui les rendent très sensibles à la pollution. Les qualités de bioindicateurs des lichens sont connues depuis le XIXe siècle. En effet, dès 1866, Nylander remarque que le nombre de lichens diminue à l’approche des villes et écrit : « Les lichens donnent à leur manière la mesure de la salubrité de l’air ».



De nombreux scientifiques travaillent sur la bioindication lichénique, soit en étudiant l'accumulation et les dosages de polluants, soit, si les polluants ont un effet sur la croissance ou la mort des lichens, sur leur présence et nombre en un site donné. Les espèces de lichens vont réagir différement.




Un peu partout donc des programme se mettent en place pour suivre la vie de nos lichens. Certaine d'entre eux en Auvergne, en Normandie ou en Chartreuse par exemple font l'objet de programme de sciences participatives dont nous parlons régulièrement sur la TL²B.


Lichen fruticuleux, Fontainebleau, Trois Pignons, (C) 2016 Greg Clouzeau
Lichen fruticuleux, Fontainebleau, Trois Pignons, (C) 2016 Greg Clouzeau


A Paris, les premières grandes études date de 1998 sur les chênes du bois de Vincennes. En 2002, un premier inventaire des lichens est lancé dans 27 jardins parisiens. Les nombreux relevés de lichens réalisés ont permis la sélection de lichens facilement identifiables et réagissant aux variations d’oxydes d’azote d’origine automobile. Une échelle de correspondance entre les lichens observables et les niveaux de NOX, baptisée Li-NOX, a été déposée à l’Institut National de la Propriété Industrielle par la société Aair Lichens.




Parmi les 27 jardins inventoriés à Paris, 50 placettes (arbre isolé ou groupe d’arbres) ont été sélectionnées pour faire l’objet d’un suivi avec l’échelle Li- NOX. Ces placettes de référence sont plus ou moins exposées aux polluants. Depuis 2006, 23 placettes choisies dans les rues complètent le réseau.


Retrouvez une séléction de mes images de lichens ici et  pour les mousses de  Fontainebleau dans la Photohèque du Pays de Fontainebleau. Et si vous vous en sentez le courrage, n'hésitez pas à proposer une identification des espèces en commentaire ! 




Parmi les très nombreuses documentations (pdf) disponibles sur la toile, je vous recommande notamment celles ci-dessous et la page facebook de Lili Ken
Pour les mousses :
http://vigienature.mnhn.fr/sites/vigienature.mnhn.fr/files/uploads/vf_Livret_Bryologie_MNHN_Natureparif.pdf
Sur les lichens comme bioindicateurs :
http://www.arehn.asso.fr/publications/cpa/cpa29.pdf
http://www.invs.sante.fr/publications/2005/dechets/pdf/2-4.pdf




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