mercredi 21 juin 2017

les obli-yettes du Bois Rond

Greg CLOUZEAU
Restons sur le circuit rouge ED- du Bois Rond avec une nouveauté introduite en 2011 au numéro 36, les Obli-Yettes !
Ce surplomb se fait en départ assis à droite en profitant d'une grande rampe de lancement avant une remontée en force sur un plat lointain...
Si le bloc ne vaut pas plus de 6B, mieux vaut avoir les bras longs et les jambes courtes pour sortir de la cave !
 En même temps avec cette chaleur, on n'a pas vraiment envie d'en sortir...
Une formalité pour Nicolas et Ivan ce qui me permet de vous proposer deux images et deux points de vue !

Nico sort des obli-yettes, n°36 rouge, Bois Rond
Nico sort des obli-yettes, n°36 rouge, Bois Rond
 
Ivan sort des obli-yettes, n°36 rouge, Bois Rond
Ivan sort des obli-yettes, n°36 rouge, Bois Rond
 

mardi 20 juin 2017

Le vélo de Max se trouve au Bois Rond

Greg CLOUZEAU
Cela ressemble sans doute à une de ses petites phrases codées lancées sur les ondes durant l'occupation mais il s'agit d'un jeu de mots nommant une drôle de traversée du circuit rouge ED- du Bois Rond. D'ailleurs, un peu plus haut sur le pignons, dans le même registre, se trouve Anna et Robie.

Comme beaucoup de traversée ouvertes au milieu des années 90, j'ai ajouté Le vélo de Max au tracé initial d'Alain Vinouze et Arnaud Ansart lors de ma première réfection du balisage en lui donnant le n° 38 bis. Un enchaînement difficile que j'avais sans doute sous estimé et quyi m'a pris pas mal de temps. C'est avec plaisir que j'y suis retourné, donner les méthodes aux copains pour leur séance de travail. J'en profite donc pour vous proposer ce décomposé en 16 photographies avec Ivan mais surtout Sylvain, très proche du but !

Elle démarre assis à droite, passe sous le 38 rouge (retord), puis sous le 24  bleu (crawl) avant un repos dans la conque où se trouve une très belle orange pouvant servir d'échappatoire (6b+/c).

Comme toujours cliquez sur une photographie pour passer en plein écran.

 

 

 

 

 

 

 
 


Après cette première partie plutôt physique, elle se poursuit vers la gauche, dans une succession de mouvements délicats et aléatoires mêmes si les pieds sont sur une marche ! Ecart, puis regroupement, avant un croisé qui fait couiner et une remontée difficile avant de basculer sur l'arrête pour une version que je proposerait aujourd'hui plutôt à 6c+/7a...

 
 
 
 
 
 
 
 

lundi 19 juin 2017

Le long fleuve tranquille du circuit rouge du Bois Rond

Greg CLOUZEAU
Ivan dans le long fleuve tranquille, 6A, Bois Rond, Trois Pignons
Voilà bien longtemps que je n'ai pas posté de photographies d'escalade et tout particulièrement du circuit rouge ED- du Bois Rond dans les Trois Pignons.

Ce circuit dont j'ai rafraîchi le balisage l'an dernier alterne dalles et murs techniques avec des traversées surplombantes assez longues.
Parmi celle-ci, Le long fleuve tranquille (n°37 rouge) offre une très belle succession de croisés physiques sur grosses prises pour une jolie promenade en 6A (par le bas) ou 6B en départ assis. Petit décomposé photographique des mouvements du mur avec l'ami Ivan.

Ivan dans le long fleuve tranquille, 6A, Bois Rond, Trois Pignons
 
Ivan dans le long fleuve tranquille, 6A, Bois Rond, Trois Pignons
 
 
 
 
 
 
 

mercredi 14 juin 2017

Digitales pourpres forestières.

Greg CLOUZEAU
digitale pourpre (Digitalis purpurea) Trois Pignons, Fontainebleau
Ces magnifiques plantes fleurissent de juin à septembre assurant ainsi une source régulière de pollen et nectar durant plusieurs semaines pour les insectes en lisière de nos forêts, sur des sols plutôt acides, frais et légèrement ombragés et jusqu' plus de 1000 mètres d'altitude dans nos montagne..

Mais elles sont aussi belles que dangereuses ! Ultra toxique, même. Mais comme souvent c'est une bénédiction pour la médecine qui a trouvé dans les feuilles de la digitale pourpre (Digitalis purpurea) et de la digitale laineuse (Digitalis lanata), la digitoxine ou digitoxoside, (digitaline)  un glycoside cardiotonique. Elles ne sont pas nombreuses dans la Domaniale de Fontainebleau mais se rencontre ici et là et c'est en lisière de la domaniale des Trois Pignons, non loin de la Roche aux Sabots, que j'ai pu photographier ces belles cloches.

Description


Les digitales forment le genre Digitalis et compte environ vingt espèces de plantes herbacées classiquement placées dans la famille des Scrofulariacées. Le nom provient du latin digitus c'est-à-dire « doigt » et fait référence à la facilité avec laquelle on peut introduire un doigt dans la corolle de la fleur de Digitalis purpurea. Pour la même raison, les Anglais nomment ces plantes foxglove, « gant de renard » et les Allemands fingerhut, « chapeau de doigt ». En français, d'autres appellations existent comme « Dé de Bergère », « Gant de Bergère », « queue-de-loup » suivant les régions.

digitale pourpre (Digitalis purpurea) Trois Pignons, Fontainebleau
Digitale pourpre (Digitalis purpurea) Trois Pignons, Fontainebleau
Cliquez pour afficher en plein écran

Les feuilles sont soit basales, en rosette, soit caulinaires. La tige est simple, dressée, creuse, et avec une consistance plutôt coriace à section anguleuse.  Sur la tige, les feuilles simples, sont alternées avec une base simple (ou légèrement décurrente). Les feuilles sont entières, ovales, pétiolées avec une base en coin et un limbe gaufré, avec un bord crénelé et un sommet pointu. Leur face supérieure est pubescente alors que leur face inférieure tomenteuse .


digitale pourpre (Digitalis purpurea) Trois Pignons, Fontainebleau
digitale pourpre (Digitalis purpurea)
Les fleurs sont regroupées en grappe. Les fleurs sont purpurines, tachées de violet à l'intérieur. Elles sont portées par un pédoncule court lui aussi tomenteux. Elles présentent 4 étamines soudées à la corolle, de taille différente, en deux groupes de deux. Les anthères des étamines sont allongées, avec deux loges chacune. Le pistil est surmonté d'un seul style et d'un seul stigmate bifide. La corolle est en forme de tube avec des lobes inégaux (une lèvre supérieure simple, et une lèvre inférieure avec trois lobes). Le calice est lui aussi tomenteux et est formé de 5 lobes ovales, soudés à la base.

Alors "tomenteux", c'est pour les puristes botanistes, car la plupart d'entre nous dirait : cotonneux,  recouvert de poils épais, ou d'un duvet de poils fins donnant une impression feutrée.

La digitale est très courante en région parisienne d'autant plus qu'elle est aussi vendue pour les jardins.

Attention : la plante est toxique dans toutes ses parties.

La digitoxine fut découverte en 1775 par William Withering, un médecin et botaniste britannique. L'utilisation thérapeutique moderne de cette molécule est rendue possible grâce aux travaux du pharmacien et chimiste français Claude-Adolphe Nativelle qui isole en 1868 la digitaline sous forme cristallisée par purification d'un extrait alcoolique de feuilles de digitale dans le chloroforme. On l'utilise dans le traitement de diverses affections du cœur comme l'insuffisance cardiaque.

Chaque plant contient à des doses différentes le principe actif. Les concentrations en alcacloïdes toxiques des digitales laineuses (D. lanata) ou des digitales jaunes (D. lutea) peuvent être plusieurs fois supérieures à celles trouvées dans D. purpurea . En plus, cette concentration semble varier en fonction de son exposition au soleil de la plante.

digitale pourpre (Digitalis purpurea) Trois Pignons, Fontainebleau
digitale pourpre (Digitalis purpurea) Trois Pignons, Fontainebleau

mardi 13 juin 2017

Apremont Désert c'est le Dolmen des vieux

Greg CLOUZEAU
Des très nombreux blocs remarquables ouverts à Apremont Désert par l'ami Tony ou Eric Allayaud, le bloc du Dolmen des vieux est un toit incontournable. Si ceux-ci sont nombreux dans le secteur, idéal pour se mettre à l'ombre, le Dolmen compte sans doute parmi les plus beaux toit de Bleau avec des prises extraordinairement sculptées dans un rocher où les oxydes de fer ont bien coloré le plafond.

Farid dans le plafond du Dolmen des vieux, 7A+, Apremont Désert, Fontainebleau
Farid dans le plafond du Dolmen des vieux, 7A+, Apremont Désert, Fontainebleau

Pour cette version en 7A/7A+, il faut partir assis à droite dans la fosse avec un subtil crochetage et sortir au niveau dans du mur à coté du n°21 jaune non sans avoir arqué un méchant gratton ! Autant dire que les poids lourd auront plus de mal que les poids plumes... Un exercice brillement réussit par Franck entièrement flashé par l'ami Farid... Comme quoi, les vieux...

Franck dans le mur du Dolmen des vieux, 7A+, Apremont Désert, Fontainebleau
Franck dans le mur du Dolmen des vieux, 7A+, Apremont Désert, Fontainebleau
 
Franck dans le mur du Dolmen des vieux, 7A+, Apremont Désert, Fontainebleau
Franck dans le mur du Dolmen des vieux, 7A+, Apremont Désert, Fontainebleau
 
Franck dans le mur du Dolmen des vieux, 7A+, Apremont Désert, Fontainebleau
Franck dans le mur du Dolmen des vieux, 7A+, Apremont Désert, Fontainebleau
 
 

lundi 12 juin 2017

L'orpin des rochers, la belle étoile des Trois Pignons

Greg CLOUZEAU

l'Orpin rupestre (Sedum rupestre L.) Vallée chaude, Trois Pignons.
De toutes les fleurs jaunes visibles en juin juillet, les orpins(Sedum ) sont sans doute les plus remarquables.
Cette plante vivace de la famille des Crassulacées (Crassulaceae) se fait discrète toute l'année avant d'étaler au grand jour ses fleurs étoilées d'un jaune d'or éclatant.

Les fleurs des orpins sont le plus souvent en étoile à 5 branches (parfois 4 ou 6) et ont généralement 2 fois plus d'étamines que de pétales.

Le genre Sedum est composé de plus de 400 espèces de plantes succulentes, c'est à dire adaptées pour survivre dans des milieux arides du fait des caractéristiques du sol ou du climat. Cette résistance est liée à leur capacité de stocker de l'eau dans les feuilles, les tiges ou les racines. Les plantes succulentes sont très souvent xérophytiques (se dit de tout moyen qui empêche la perte d'eau). Par exemple les feuilles peuvent être recouvertes d'une cire ou de poils, ou présenter une réduction de la surface... On les trouve un peu partout dans l'hémisphère nord y compris dans de très hautes altitudes. Elles pousses sur tous types de sol, y compris les plus pauvres et plus acides et peuvent se contenter d'un creux de rocher avant de coloniser tout un mur... Rien d'étonnant donc à ce qu'elles fleurissent au milieu du sable des Trois Pignons et résistent bien aux très hautes et très basses températures de la Vallée Chaude.

Si elles sont souvent appelées « plantes grasses », elles ne contiennent aucune graisse et doivent cette mauvaise appellation à leur aspect massif.


Orpin rupestre (Sedum rupestre L.) Vallée chaude, Trois Pignons.
Orpin rupestre (Sedum rupestre L.) Vallée chaude, Trois Pignons.
Si vous connaissez très certainement le très commun Orpin brûlant dit aussi poivre des murailles (Sedum acre), vous trouverez sans doute plus beau, l'Orpin rupestre (Sedum rupestre L.) dit aussi Orpin des rochers ou Orpin réfléchi avec qui la confusion est tout a fait possible. Ce dernier est beaucoup plus grand (15 à 40 cm de haut contre une dizaine pour l'Orpin acre).

Orpin rupestre (Sedum rupestre L.) Vallée chaude, Trois Pignons.
Orpin rupestre (Sedum rupestre L.) Vallée chaude, Trois Pignons.

Description l'Orpin rupestre (Sedum rupestre L.) :

La souche émet de nombreux rejets stériles, à feuilles serrées formant un épi dense. La tige est dressée, pleine, avec une consistance herbacée, à section ronde. Elle a une surface lisse et glabre. Les feuilles sont simples, alternées, à bords parallèles, non pétiolées, plus ou moins cylindriques avec un prolongement à la base (Celles de leurs petites sœurs sont triangulaires) Elles ont un limbe succulent, avec un bord lisse et un sommet pointus. Leurs deux faces sont glabres.

Les fleurs jaunes sont regroupées en épi. Les deux ou trois épis portés par une tige forment un corymbe. Surtout, les fleurs sont portées par un pédoncule court et glabre ce qui n'est pas le cas pour l'Orpin brûlant. Elles présentent 10 à 16 étamines soudées entre elles. Les filets des étamines sont poilus à la base. La corolle est formée de 5 à 8 pétales égaux, libres, avec l'extrémité arrondie.
Le calice est glabre. Il est formé de 5 à 8 sépales libres triangulaires, appliqués sur les pétales, moins longs que la corolle.

Celles de l'orpin brûlant sont donc dépourvues de pédoncule et ne présentent que 10 étamines libres.
La corolle est formée de 5 pétales libres, avec l'extrémité pointue. Le calice est glabre. Il est formé de 5 sépales libres ovales, disposés en coupe.

vendredi 9 juin 2017

Carnage au Bas Cuvier

Greg des blocs
Le Carnage !

C'est le nom d'un des plus célèbres blocs de Bleau, ouvert par Jérôme Jean Charles à une époque où l'on se souciait assez peu d'éthique et de potentiel grimpable pour les générations futures...
Ce 7B, devenu 7B+  (pour moi 7C mais est-ce important ?) est la voie centrale du triptyque le plus visité de Bleau ! Faut parfois faire la queue pour l'essayer ou prendre plaisir à regarder ceux et celles qui le maîtrise.
Et si en plus le Carnage est fait par une femme, on va pas bouder notre plaisir. Du coup, je (re)poste deux photographies de l'amie Catherine Miquel, grimpeuse de haut niveau et artiste exceptionnelle, aussi petite que puissante ! La preuve ! ...

Cathy Miquel dans Le Carnage, 7b+, Bas Cuvier, fontainebleau, février 2014 (C) Greg Clouzeau
Cathy Miquel dans Le Carnage, 7b+, Bas Cuvier, fontainebleau, février 2014 (C) Greg Clouzeau
Cathy Miquel dans Le Carnage, 7b+, Bas Cuvier, fontainebleau, février 2014 (C) Greg Clouzeau
Cathy Miquel dans Le Carnage, 7b+, Bas Cuvier, fontainebleau, février 2014 (C) Greg Clouzeau

mardi 6 juin 2017

Dur dur l'identification des Mélitées à Fontainebleau

Greg CLOUZEAU
Si certains papillons s'identifient au premier coup d'œil, d'autres nécessitent une étude approfondie recto-verso ! Et parmi eux, les mélitées ! N'étant pas entomologiste, je trouve qu'il est en effet difficile de s'y retrouver entre le Mélitée du Plantain, celui des Lancéoles ou celui du Mélampyres, tout trois présents dans le Pays de Fontainebleau... Donc pour les individus croisés ce week-end dans les Trois Pignons, je penche pour La Mélitée du mélampyre (ou Damier Athalie, Melitaea athalia) mais j'hésite encore... ?


La Mélitée est une espèce de lépidoptères appartenant à la famille des Nymphalidae, à la sous-famille des Nymphalinae et au genre Melitaea. C'est là que cela peut ce compliquer...

Par exemple, la Mélitée du mélampyre (ou Damier Athalie, Melitaea athalia) présente un dessus orange avec une ornementation marron formant des bandes de damiers et une bordure marron, Le revers des antérieures est orange, celui des postérieures est à bandes de damiers blanc et jaune, damiers limités par les nervures noires et de fines lignes noires. Mais les autres espèces comme la Mélitée du Plantain, des Centaurées ou  celle des Lancéoles sont assez proches...


Mélitée de Mélampyres ?Trois Pignons, Fontainebleau, Noisy sur Ecole
Mélitée de Mélampyres ?Trois Pignons, Fontainebleau, Noisy sur Ecole


Les Mélitées volent une seule génération mais avec des émergences entre mi-mai et mi-août. Une seconde génération est possible, c'est le cas pour la sous-espèce Mellicta athalia celadussa quand elle réside à basse altitude. Elles hivernent au stade de chenille, dans une toile de soie sur leur plante hôte.

Les plantes hôtes de sa chenille sont des Melampyrum dont le Mélampyre des prés (Melampyrum pratense) et celui des forêts (Melampyrum sylvaticum), des plantains dont le Plantain lancéolé (Plantago lanceolata ), des digitales dont la Digitale pourpre (Digitalis purpurea ), des Veronica ainsi que la Linaire commune (Linaria vulgaris)

Les Mélitées semblent en voie de régression, à la suite du recul de ses habitats, sur une partie de son aire naturelle de répartition, et notamment en Ile-de-France ! C'est un papillon des lisières de bois herbues et fleuries. Il apprécie la strate herbacée des clairières forestières, éventuellement légèrement ombrée, et comme habitats de substitution les landes et prairies bocagères. On le trouve jusqu’à 1 600 mètres. Autant dire qu'en forêt de Fontainebleau, les Mélitées sont peu nombreuses...


Mélitée de Mélampyres ?Trois Pignons, Fontainebleau, Noisy sur Ecole
Mélitée de Mélampyres ?Trois Pignons, Fontainebleau, Noisy sur Ecole


En effet, ces papillons vivaient dans les milieux ouverts intraforestiers entretenus par de grands herbivores qui ont disparu ou se sont raréfiés. Ils sont donc depuis plusieurs milliers d'années devenus dépendants des clairières créées par l'activité humaine et rend cette espèce sensible aux différents modes de sylviculture...
Enfin ces papillons volent peu longtemps et surtout sur de courte distance. Ils sont donc faciles à capturer ! Mais vous n'en ferez rien car maintenant vous les savez menacés et protégés...


Mélitée de Mélampyres ?Trois Pignons, Fontainebleau, Noisy sur Ecole
Mélitée de Mélampyres ?Trois Pignons, Fontainebleau, Noisy sur Ecole


vendredi 2 juin 2017

Une étrange Crénature des Trois Pignons

Greg CLOUZEAU
Bonsoir,
Je n'ai pas beaucoup de temps en ce moment pour mettre en ligne mes dernières images de Bleau mais je ne résiste pas à vous présenter cette superbe CréNature croisée au détour d'un sentier dans les Trois Pignons.
Promis, je reviens bientôt sur la toile...

CréNature, Trois Pignons, Fontainebleau
CréNature, Trois Pignons, Fontainebleau
Cliquez pour afficher en plein écran

vendredi 12 mai 2017

La flore remarquable des platières Natura 2000 de l'Essonne

Greg CLOUZEAU
Bleau, ce n'est pas que la domaniale de Fontainebleau et des Trois Pignons. Le Pays Bleausard est celui des grès et s'étant bien au-delà de la Seine et Marne, en Essonne mais aussi par îlots dans les Yvelines et même dans l'Oise. Cette géologie particulière permet l'apparition et le maintient d'une faune et d'une flore extraordinaire, souvent méconnues du Grand Public. Ainsi, les platières de l’Essonne sont connues depuis longtemps par les botanistes pour leur richesse floristique. Le programme d’inventaire écologique lancé, sous l’égide du Conseil Général de l’Essonne  au début des années 90 se poursuit encore sur les platières gréseuses du département, biotope retenu comme prioritaire dans le cadre de la politique des Espaces Naturels Sensibles. Une récente balade dans ce secteur est l'occasion que j'attendais de vous parler un peu de la flore de la Platière du Télégraphe, dans la forêt départementale des Grands Avaux, très connue des grimpeurs sous le nom de "Beauvais".

La Forêt départementale des Grands Avaux est un site remarquable à plus d'un titre. Si les grimpeurs connaissent très bien les chaos rocheux et ses innombrables circuits d'escalade, les randonneurs ne devraient pas manquer d'y aller parcourir le sentier bleu ou les tronçons du GR et PR. Ce faisant, ils trouveront dans cet espace forestier aux portes de Paris et de Corbeil, un concentré de Bleau. C'est d'ailleurs cette proximité avec la Capitale dont on aperçoit les Tour Eiffel, Montparnasse et de La Défense depuis la Tour du Buisson qui font de cette forêt l'un des sites les plus fréquentés du Pays de Fontainebleau, au cœur du PNR du Gâtinais Français. Je reviendrai aussi sur d'autres facettes de ce massif forestier notamment sur la sylviculture mais là, je vais évoquer la Zone Natura 2000.


Tour Eiffel, Montparnasse et de La Défense depuis la Tour du Buisson
Tour Eiffel, Montparnasse et de La Défense depuis la Tour du Buisson

Profitant d'une trop courte balade sur le site, j'ai pu faire quelques repérages pour l'étude de la faune et flore locale. En attendant donc d'y retourner faire de plus amples investigations, voici un long article rédigé sur la base des informations  du DOCOB (DOCUMENT D’OBJECTIFS NATURA 2000) des Buttes gréseuses de l’Essonne (N°1100806 révisé en Juin 2010) qui est un des plus intéressants que je connaisse car précisant la localisation des espèces. Pour de plus ample informations, je vous invite à lire celui-ci (et bon nombre d'autres documents très intéressants) via la page qui leur est consacré dans la Tribune Libre de Bleau et Cie (http://www.tl2b.com/p/documentation.html).

Survol de la Forêt Départementale des Grands Avaux, Essonne, (C) 2012 Greg Clouzeau
Forêt Départementale des Grands Avaux vue du ciel, Essonne, (C) 2012 Greg Clouzeau
Ces milieux de très faible productivité n’ont pas été soumis à  une exploitation agricole et il y a bien longtemps que les troupeaux ont disparu de nos forêts. Seul les taillis (surtout de Chênes pubescents mais aussi de Châtaigniers) ont été exploités pour la production de bois de chauffage. Plus tard, les résineux ont été introduits dans les secteurs de landes et chaos rocheux. En fait, ce sont surtout les extractions de grès qui ont profondément modifié le paysage et réduit la superficie des platières. Aux grandes tables de grès ont succédé d'immense fronts de taille et aplats gréseux secondaires, ainsi que des affleurements sableux plus ou moins mélangés à des cailloutis siliceux et calcaires.

L’intérêt écologique de ces milieux est aujourd’hui reconnu à divers titres (ZNIEFF, ENS,
Natura 2000). Une gestion conservatoire y est engagée afin de préserver ce patrimoine remarquable dans le cadre de programmes pluriannuels. Au total 6 habitats d’intérêt communautaire ont été recensés sur le site des buttes gréseuses de l’Essonne. L'un des sites les plus remarquables avec la Platière de Bellevue est sans doute la Platière du Télégraphe.



La Platière de Télégraphe



La Platière de Télégraphe est située au cœur de la forêt départementale des Grands Avaux, propriété du Conseil général, soumise au régime forestier et dont la gestion est confiée à l’Office National des Forêts (triage n° 74 de Saint-Vrain, Révision d’Aménagement Forestier 2006-2020).
Elle couvre une superficie de 11,4 ha sur la commune de Champcueil. Délimitée par deux vallées alluviales où coulent l’Essonne et l’Ecole, la commune se situe à cheval sur le plateau de Mondeville et la plaine de Chevannes.

Son intérêt biologique a été mis en évidence officiellement lors de la création d’une ZNIEFF de type 1 (N° rég : 91135002, N° SPN : 110001646) décrite en 1984 puis révisée en 1999 sous le nom de « Boisement sur grès à Beauvais » (188,72 ha, alt. 80-135 m), puis des classements en ENS et en Zone Natura 2000.

Les différentes zones de la forêt départementale des Grands Avaux sur fond IGN Top 25

Quatre habitats de grand intérêt communautaire y sont étudiés au sein de la Zone Natura 2000 :
- des formations amphibies, et des rives exondées, des lacs, étangs et mares ;
- des pelouses sèches silicicoles ;
- des pelouses permanentes denses et steppes medio-européennes ;
- des landes sèches.

La composition floristique de ces milieux est remarquable, notamment au lieu-dit de la Platière de Télégraphe avec des espèces strictement inféodées aux platières gréseuses temporairement humides : notamment Crassula vaillantii et Sedum villosum protégées à l’échelle régionale, accompagnées d’espèces déterminantes comme Moenchia erecta et Ranunculus paludosus.
On notera également la grande richesse entomologique de ces sites mise en évidence par M. Gérard Luquet qui y a mené des inventaires de 1994 à 2009 avec 34 espèces de lépidoptères (dont 2 menacées d’extinction en Ile de France et une protégée au niveau régional), 13 espèces d’orthoptères (dont 1 vulnérable en Ile de France et 3 protégées au niveau régional).

On peut découper la Platière de Télégraphe en trois grandes zones :
- une zone plane centrale comportant des affleurements gréseux et calcaires en place (marettes, dalles, landes, chênaie pubescente) ;
- un coteau boisé au nord occupé par un taillis dense de Châtaigniers avec de nombreux rochers
et blocs de grès affleurants (chaos) ;
- l’ancienne carrière du Buisson qui comporte des fronts de taille et des affleurements sableux.

Le site est ceinturé au nord par une plantation de Douglas, à l’est par de la Chênaie acidiphile,
à l’ouest et au sud par des taillis de Chênes pubescents et châtaigniers.

Les châtaigniers sont une des essences dominantes des vallées de l'Essonne
Les châtaigniers sont une des essences dominantes des vallées de l'Essonne et atteignent des tailles respectables...


Je vous suggère d'accéder au site de la Platière en prenant la grande allée bordée de petits chênes, juste après la Tour du Buisson dont je reparlerai. Un panneau marque l'entrée de la Zone Natura 2000. Respectez les sentiers et le site. Ne cueilliez rien !


Panneau de présentation de la Platière et rappel des réglementations sur le site


Les différents milieux suivis par le Réseau Natura 2000 font l'objet d'un classement codifié. Par exemple, les Landes sèches répondent au Code NATURA 2000 : 4030

Les landes sèches


Le code 4030 regroupe tous les types de landes mésophiles à sèches. Ces formations ligneuses
basses structurées par les Ericacées, les ajoncs ou les genêts sont caractéristiques du domaine
atlantique et sub-atlantique. Elles sont souvent issues d’une dégradation de milieux forestiers
acidiphiles.

Malgré leur inscription comme habitat prioritaire au sein de la directive européenne, les landes sont des habitats relativement banals dans l’ouest de la France. ils sont cependant moins fréquents en Ile-de-France. Il est donc importants de maintenir leur présence dans notre région.

La zone de landes occupe une petite partie de la Platière de Télégraphe (6000 à 7000m²)
Ces landes sont structurées par 2 espèces d’Ericacées bien présentes sur l’ensemble de la
zone : la Callune (Calluna vulgaris) et la Bruyère cendrée (Erica cinerea) que j'avais déjà évoqué dans un article sur ces deux plantes typiques de Bleau et souvent confondues par le citadin. On y trouve aussi quelques chênes rabougris et bouleaux disséminés ainsi que des pins qui sont accompagnés par des espèces végétales typiques des ourlets comme la Germandrée scorodoine (Teucrium scorodonia), la Laîche à pilules (Carex pilulifera) ou la Fougère aigle (Pteridium aquilinum). Des faciès dégradés de pelouses à Canche flexueuse (Deschampsia flexuosa) y sont aussi imbriqués par endroit.  Les landes correspondent ici surtout à une dégradation de la végétation  des chênaies acidiphiles avec laquelle elles forment une mosaïque imbriquée.

Paysage typique des landes du Pays de Fontainebleau avec ce mélange de Callune et Bruyère.
Paysage typique des landes sèches du Pays de Fontainebleau avec ce mélange de Callune et Bruyère.

Les pelouses


Comme pour les landes, les pelouses répondent à un code dans la nomenclature Natura 2000.

Pelouses ouvertes à Corynephorus canescens et Agrostis des dunes continentales (Code 2330)


Cet habitat remarquable est rare en France. Il regroupe les pelouses pionnières colonisant les affleurements sableux siliceux de l’intérieur des terres (« dunes continentales »).

Sur le site, ce sont certaines perturbations d’origine anthropique et localisées au niveau d’anciennes
carrières ou sur les bords qui ont permis le maintien de cet habitat. Comme fréquemment pour ces végétations d’origine secondaire, le cortège floristique typique est appauvri et banalisé (développement d’espèces rudérales, c'est à dire des plantes qui poussent spontanément dans les friches, les ruines, le long des chemins, souvent à proximité des lieux transformés par l'homme). Les espèces caractéristiques sont présentes ponctuellement et disséminées çà et là : Corynéphore blanchâtre (Corynephorus canescens), Jasione des montagnes (Jasione montana) et espèces annuelles psammophiles comme la Téesdalie à tige nue (Teesdalia nudicaulis), la Linaire couchée (Linaria supina), la Petite oseille (Rumex acetosella), le Pied d’oiseau délicat (Ornithopus perpusillus), la Cotonnière naine (Logfia minima), etc.

Ces pelouses sableuses hébergent une entomofaune spécialisée notamment en Coléoptères ou
Hyménoptères. Le maintien et l’amélioration de cet habitat sur le site nécessitent une gestion active : hersage, mise en défend, mise en lumière... Le maintien d’un piétinement maîtrisé peut également
contribuer à l’entretien de ce milieu.

Deux pelouses ponctuelles à Corynéphore blanchâtre de quelques mètres carrés ont été
observées. Ailleurs, les pelouses siliceuses ne comportent qu’un cortège disséminé d’annuelles sur les affleurements sableux de la carrière du Buisson.

Formations herbeuses sèches semi-naturelles et faciès d’embuissonnement (Code 6210)


Les pelouses du 6210 observées sur le site sont à rattacher au sous type 2 : pelouses calcicoles semi-sèches subatlantiques.
Les pelouses calcaires sont des habitats semi-naturels remarquables. Ces milieux herbacés extensifs hébergent fréquemment, tant au niveau floristique (notamment nombreuses orchidées) que faunistique (entomofaune), un patrimoine écologique remarquable.

Les pelouses sont disséminées au niveau de la chênaie pubescente, essentiellement le long du
GR et du chemin menant de la Tour du Buisson à la carrière, ainsi que sur la partie sommitale
des fronts de taille de la carrière.



La grande allée du Chemin des Platières, Grands Avaux, Essonne
La grande allée du Chemin des Platières, Grands Avaux, Essonne


La végétation qui borde ces allées n'a pas grand chose d'exceptionnelle mais ces pelouses offrent tout de mes un beau spectacle avec au printemps, des tapis de jacinthes des bois, de superbes bouquet de Sceau de Salomon et ici et là des mosaïque de Bugle.  Elles hébergent quand même quelques espèces remarquables comme la Campanule à feuilles de pêcher (Campanula percicifolia) ou l'Orchis singe (Orchis simia) en lisière de la Chênaie pubescente ainsi que l’Azuré bleu céleste (Lysandra bellargus).



Dans les parties les plus fraîches, on trouve de superbes tapis de Jacinthe des Bois.
Dans les parties les plus fraîches, on trouve de superbes tapis de Jacinthe des Bois.


La bugle rampante (Ajuga reptans)
Et de bugle rampante (Ajuga reptans)


Les Pelouses pionnières sur dômes rocheux (Code NATURA 2000 : 8230)


Elles correspondent à un habitat spécifique que l'on trouve habituellement plutôt en montagne. Sur la Platière de Télégraphe, l’habitat 8230 est particulièrement remarquable par son originalité, son état de conservation et son intérêt patrimonial. Compte tenu de la très faible épaisseur du sol et de la sécheresse des stations en période estivale, ces formations végétales sont particulièrement sensibles au piétinement qui, s’il est trop intense, banalise la flore jusqu’à éliminer totalement les espèces caractéristiques de cet habitat. Le maintien d’un éclairement important et surtout, la limitation du piétinement permettront de maintenir cet habitat dans un bon état de conservation.

Ce groupement végétal comprend les communautés colonisant les dalles rocheuses siliceuses bien
exposées, dominées par des plantes de la famille des Crassulacées (notamment Sedum ssp).

Les habitats les plus remarquables sont sans aucun doute ces pelouses sur dômes rocheux et les gazons amphibies des mares et vasques temporaires. En bon état de conservation, ils hébergent une flore riche et diversifiée d’un grand intérêt patrimonial au niveau régional.

Localisées essentiellement sur la platière, les pelouses siliceuses à orpins d’origine naturelle constituent l’un des plus beaux groupements végétaux du site par son originalité et le nombre d’espèces remarquables qu’il héberge comme le Trèfle strié (Trifolium striatum), le Trèfle scabre (Trifolium scabrum), la Crassule tillée (Crassula tillae), l’Orpin de Bologne (Sedum sexangulare), la Renoncule des marais (Ranunculus paludosus), etc. Elles occupent seulement 10 à 20 mètres carrés disséminés sur les franges des affleurements gréseux. Cette station est traversée par le GR. Au centre, sur le GR, la zone est très dégradées par le piétinement qui ne permet que le maintient d'une végétation banale à Pâturin annuel (Poa annua).

L’Orpin blanc (Sedum album) est une plante crassulescente à l’aspect rougeâtre, très sensible au piétinement. Sur les aplats gréseux des fronts de taille de la carrière du Buisson, des pelouses d’origine secondaire se sont installées. Apparentées aux pelouses naturelles de la platière, leur composition floristique est appauvrie par le manque de maturité de ces groupements d’origine anthropique. Aucune espèce remarquable n’y a été recensée.

L’Orpin blanc (Sedum album), très fragile, borde parfois le chemin sur la Platière...
L’Orpin blanc (Sedum album), très fragile, borde parfois le chemin sur la Platière...


L’Orpin de Bologne (Sedum sexangulare) est une espèce rare en France (Fournier, 1961). Elle est légalement protégée en Ile-de-France, très rare et en forte régression. Caractéristique des végétations éparses et pelouses sur dalles, rochers et vieux murs, l’Orpin de Bologne occupe sur le site une dizaine de mètres carrés, répartis en deux petites tâches d’environ 5m² sur la platière.

L’Orpin velu (Sedum villosum) est très rare dans l’Essonne et en Ile-de-France, légalement protégée au niveau régional. Il a été vu pour la dernière fois en 2000 par Alain Fontaine disséminé le long du GR où il apparaît moins hygrophile que la Crassule de Vaillant, espèce avec laquelle il est fréquemment associé. L’absence d’observation lors de la campagne d'étude en 2005 illustre le caractère à « éclipse » de ces espèces caractéristiques des milieux amphibies temporaires qui se développent uniquement lorsque les conditions hydriques stationnelles leur sont favorables. 

La Crassule de Vaillant (Crassula vaillantii) considérée comme très rare en France par Fournier (1961), est sans aucun doute l’une des espèces les plus intéressantes de ce site. Légalement protégée
en Ile-de-France, cette espèce présente encore un bastion important dans l’Essonne qui renforce le rôle du Département pour la sauvegarde de l’espèce en France. Caractéristique des milieux siliceux temporairement immergés, elle occupe sur le site deux vasques boueuses piétinées par les promeneurs et les VTT, de part et d’autre du GR.

Cet aspect « rudéral » des stations à Crassule de Vaillant a également été constaté dans l’ouest de la France (territoire du Conservatoire Botanique de Brest) où elles sont localisées sur des parkings, des lieux fréquentés…Sur les deux vasques de la platière, chaque station fait environ 1m² et comporte plusieurs dizaines d’individus (environ 100 et 50 pieds observés suivant les passages).  Chaque zone se découpe en 3, de la bordure du GR où l’intensité du piétinement empêche le développement de l’espèce, sur une frange boueuse les premiers pieds chétifs commencent à apparaître. Ensuite, on remarque une situation optimale où les pieds sont bien développés. Enfin, une zone où la densité de la végétation empêche à nouveau le développement de petite plante.


La végétation annuelle des rives exondées (Code NATURA 2000 : 3130)  


Les écoulements de surface sur les bords de platière et l’eau temporairement stagnante dans les vasques conditionnent la présence de groupements végétaux tout à fait originaux. Ces communautés sont constituées de plantes petites à naines contrairement aux zones humides « classiques » souvent caractérisées par des roselières et des mégaphorbiaies. Ces plantes souvent annuelles redoutent la concurrence des hautes herbes vivaces dont le développement est limité sur ces stations par l’alternance des immersions / assèchements, la pauvreté et l’acidité des substrats et la perturbation anthropique des stations (piétinement, VTT…).

La concurrence est rude pour émerger des hautes herbes, joncs...
La concurrence est rude pour émerger des hautes herbes, joncs...


Le code 3130 regroupe diverses communautés végétales apparentées à caractères amphibies et héliophiles. Sur la platière du Télégraphe, on observe une variante de ce groupe (3130.4) qui concerne les "Communautés annuelles oligotrophiques à mésotrophiques, de bas niveau topographique, planitiaires, d’affinités atlantiques, des Isoeto-Juncetea". Cet habitat rare et très localisé en France.

Les gazons amphibies à annuelles occupent 2 vasques temporaires de quelques mètres carrés de part et d’autre du GR La végétation caractéristique s’exprime sur une frange étroite entre le GR, piétiné, et la végétation plus dense en arrière (Joncs épars…). Une perturbation anthropique légère (piétinement) semble favorable au maintien de cet habitat.


Saxifrage granulée, je n'ai même pas vu la zygène cachée dans le coin droit
Concentré sur l'identification de cette Saxifrage granulée, je n'ai même pas vu la zygène cachée dans le coin droit. Grrrr.


La végétation, souvent mal caractérisée au niveau phytosociologique dans ce type de groupement, comporte un cortège hétérogène « d’espèces amphibies » assez important sur la Platière de Télégraphe :

Liste des espèces caractéristiques des gazons amphibies observées en 2005 sur la Platière de Télégraphe

Alopecurus geniculatus L. Vulpin genouillé AR
Crassula vaillantii (Willd.) Roth Crassule de Vaillant R
Isolepis setaca (L.) R. Br. Scirpe sétacé R
Juncus bufonius L. s.s. (excl. ambiguus & foliosus) Jonc des crapauds C
Juncus tenuis Willd. Jonc grêle C
Lythrum portula (L.) D.A. Webb Pourpier d'eau AC
Mentha pulegium L. Menthe pouliot TR
Montia fontana L.ssp chondrosperma (Fenzl) Walters Montie printanière R
Polygonum minus Hudson Petite renouée TR

Statut de rareté dans le département de l’Essonne TR = très rare – R = rare – AR = assez rare – AC =
assez commune – C = commune

On remarque dans ce tableau le nombre élevé d’espèces présentant un intérêt patrimonial fort au niveau départemental ou régional (espèces très rares, rares et légalement protégées), mais plus faible au niveau national (Crassula vaillantii).

Malgré l’exiguïté des stations, l’habitat d’intérêt communautaire 3130.4 recensé sur la Platière de Télégraphe héberge de nombreuses espèces remarquables caractéristiques et apparaît comme assez typique et en bon état de conservation. Les stations sont actuellement peu menacées. Le contrôle de la fréquentation, de l’éclairement et du développement du Jonc épars devrait permettre de maintenir cet habitat dans un bon état de conservation.