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mardi 7 mars 2023

Connaissez-vous les plus étranges gravures rupestres de Fontainebleau, celles du style HMM ?

J'ai déjà évoqué très longuement les gravures rupestres préhistoriques de la forêt de Fontainebleau et des Trois Pignons qui comptent parmi les plus nombreuses d'Europe mais aussi parmi les plus énigmatiques. Aux très classiques sillons et autres quadrillages, il faut ajouter depuis une dizaine d'années, un nouveau corpus de gravures encore plus ésotériques, celles très figuratives du style HMM. Un ensemble de plus d'une centaine de panneaux mystérieux, souvent très difficiles à observer, et qui n'a rien à envier aux pétroglyphes Anasazis ou Aborigènes. En effet, un important ensemble de gravures d'un style très particulier a été identifié fin 2014 par des prospections conduites principalement par Pierre Bouillot, Philippe Boyer, Patrick Kluska et Richard Lebon en forêt domaniale de Fontainebleau à l'occasion d'une révision de l'inventaire des sites rupestres réalisé par le GERSAR (Groupe d'études, de recherches et de sauvegarde de l'art rupestre). Comme les autres gravures rupestres de Fontainebleau, elles ont été réalisées pour la plupart à l'intérieur de petites cavités rocheuses mais s'en distinguent par un style unique. De nouvelles prospections effectuées en 2018 ont amené à la découverte de 27 autres compositions gravées.

Gravures rupestres de Fontainebleau de type Haut Mont Malmontagne
Gravures rupestres de Fontainebleau de type Haut Mont Malmontagne


Le style HMM se caractérise par des gravures très fines et peu profondes dont les éléments forment des compositions parfois très denses et soigneusement réalisées. Plus encore que les traditionnelles gravures rupestres de Fontainebleau, il convient d'insister sur le caractère non ostentatoire de ces gravures HMM, principalement réalisées dans des cavités exiguës. Elles sont donc souvent très peu visibles depuis l'extérieur. On y retrouve de nombreux signes géométriques, des représentations stylistiques humaines et animales et de nombreuses créatures fantastiques. Parmi les éléments les plus remarquables, on observe des svastikas, des croix présentant des pointes entre les branches, des triangles marqués d'une cupule au centre, des peignes opposés séparés par des cupules, des figures en forme de roue ou évoquant le soleil, des travois (système simple de transport avec des perches ancêtres des charrues) avec attelage, des représentations de cervidés, d'oiseaux, de serpents, de personnages à tête représentés par une cupule, des créatures féminines à tête en demi-lune et corps quadrillé et de créatures masculines à tête triangulaire dont certaines tenant un sistre… Plusieurs personnages sont munis d'un objet en forme de bâton sur lequel sont fixés des éléments qui font penser à un sceptre. Enfin, on notera aussi qu'aucun attribut guerrier indiscutable, tel qu'épée, poignard, lance ou bouclier, n'apparaît dans ce groupe.



Petite cavité gravée HMM
Gravures rupestres de Fontainebleau de type Haut Mont Malmontagne

Détail de la gravure HMM

et son relevé par le GERSAR

L'importance de la découverte a donc conduit à la création d'une équipe de recherche spécifique, constituée de membres du GERSAR, de la SARP (Société archéologique de la région de Puiseaux) et d' une partie du personnel du musée de Préhistoire d'Île-de-France à Nemours pour l'étude de ce groupe de gravures dont le style unique est baptisé « Haut Mont-Malmontagne » (HMM), en raison de la localisation des premières découvertes sur ces secteurs de la forêt.

L’unité du style de chaque panneau suggère que sa réalisation s’est faite en une seule fois et qu’elle est l’œuvre d’un seul graveur. A la différence des autres auvents gravés de la forêt, souvent réutilisés à travers les âges, les signes HMM sont généralement bien individualisés et ne se recouvrent pas, ce qui facilite grandement la lecture des unités graphiques. On peut même observer une certaine logique d'ensemble et de constitution de réseaux dans lesquels les éléments seraient interconnectés.
 
Cet ensemble de plus d'une centaine de panneaux montre donc une profonde originalité et on peut dire qu’il est sans équivalent connu à ce jour en Europe. Une datation des gravures à la fin de l’âge du bronze a été proposée en s’appuyant sur des similitudes avec des éléments datés mais c'est encore en discussion et leur présence dans certains secteurs ruinés par les carriers peut laisser courre à d'autres hypothèses. En tous cas, la présence de créatures serpentiformes, de signes à caractère solaire, astral, et féminin ne pourront qu’inspirer les mythologues pour d'autres interprétations dont les plus farfelues.

L’âge du bronze (-3 300 à - 1 200 av JC) est la période de la Protohistoire caractérisée par l'existence de la métallurgie du bronze, et succédant au Néolithique final. C'est donc potentiellement un des chaînons manquants entre les célèbres gravures Préhistoriques de la forêt de Fontainebleau et les vestiges Gallo-romains. En effet, un certain nombre de signes observables parmi les gravures HMM se retrouvent aussi sur des céramiques de la fin du Bronze final mises au jour dans des contrées plus méridionales, notamment dans les régions Drômoise, Centrale et Centre- Ouest de la France. Une représentation d'un sistre, un instrument de musique comportant des objets (coquilles, rondelles) qui s'entrechoquent quand on le secoue, dans une forme présentant une forte ressemblance avec le sistre en bronze mis au jour à Hochborn en Rhénanie-Palatinat, peut contribuer à renforcer cette proposition de datation. Toutefois, elles reste très sujette à caution ! 

Comment imaginer que les mêmes programmes iconographiques aient été suivis par des gens décorant des céramiques et d’autres œuvrant dans des anfractuosités rocheuses, qui plus est dans des zones géographiquement éloignées de plusieurs centaines de kilomètres ? Comme le rappelait Laurent Vallois du Gersar dans un article qu'il a publié sur le sujet, "cette hypothèse, qui est fondée essentiellement sur des analogies de répertoire entre les panneaux HMM et les céramiques décorées de la période envisagée, est exactement cela – une hypothèse – et elle n’a jamais été présentée autrement par moi et/ou mes collaborateurs. À l’heure actuelle, il est tout à fait prématuré de vouloir se prononcer pour ou contre sa validité, pour différentes raisons. Rappelons, notamment, que le phénomène HMM était inconnu au début de l’année 2014, or des abris gravés HMM contenant une iconographie remarquable ont encore été découverts très récemment (en avril 2018) : il est encore trop tôt pour considérer que l’on dispose d’un corpus stabilisé. Par ailleurs, des opérations de sondages ont été menées en 2016 27 et 2017, opérations qui demandent à être poursuivies. La réflexion sur l’attribution chronoculturelle des gravures HMM dépendra des résultats de ces sondages et de la prise en compte de corpus complets, tant céramique que rupestre". 



Relevé d'un beau panneau gravé
de style HMM à Fontainebleau 

Relevé d'un beau panneau gravé
de style HMM à Fontainebleau



D'après les premières recherches et interprétations, on peut constater "qu'aux figurations humaines at animales s'ajoutent fréquemment des représentations de créatures évoquant à la fois l'humain et l'animal mais qui n'apparaissent jamais sur les céramiques du Bronze final. Les hommes de l'âge du Bronze final ont pu se mettre en scène sur les deux types de support (roche et céramique) sous l'aspect de personnages à tête formés par une cupule. En revanche, les créatures fantastiques, qui apparaissent souvent en position dominante, pourraient correspondre à des divinités dont la représentation n'avait pas sa place sur les poteries. Les gravures de style HMM peuvent être exécutées comme des représentations symboliques de constructions mythologiques améliorées ou révisées par la population dans son ensemble ou quelques-uns de ses représentants. Ces symboles vraisemblablement liés à des mythes cosmogoniques pourraient, dans le cas de certaines compositions au moins, se reporter à ces récits dont la transmission orale aurait été accompagnée d'un rapport sur la pierre de signes évocateurs apparaissant sous la forme d'une représentation codifiée".
Relevé comparatif des anthropomorphes de style HMM à Fontainebleau
Source GERSAR 

L'interprétation de ces messages vieux de plus de 3 000 ans suscite aujourd'hui plus de questions qu'elle n'apporte de réponses. Comment décoder sans erreurs ces éléments souvent récurrents et interdépendants ? Par exemple, le fait que toutes les représentations de cervidés sont tournées à gauche, comme pour les quadrupèdes schématiques (indéterminables) est probablement significatif. Plusieurs cervidés ont une longue queue ramifiée, ce qui suggère une volonté de ne pas représenter des animaux réels mais probablement des créatures mythologiques. On peut aussi remarquer que ces animaux ont un dos courbé ou sinueux. Enfin, d'autres cervidés sont figurés en position ascensionnelle ce qui semble là encore évoquer un culte. On note par ailleurs de nombreuses association entre des bois de cervidés et des serpentiformes. Dans cette gravure, nous voyons le cervidé se tenir face à un signe serpentiforme vertical par exemple.

Ne peut-on voir ici les prémices du culte à Cernunnos, le dieu gaulois du renouveau et des cycles naturels ? Très largement représenté dans le monde celte, son adoration était très probablement antérieure aux Gaulois et nos gravures en seraient donc peut-être un témoignage.

D'ailleurs, l'observation des nombreux personnages, laisse souvent le sentiment d’être face à tout autre chose qu’à la mise en scène d’humains ordinaires. Les êtres qui sont représentés sur ces panneaux sont des créatures qui ne sont ne sont que partiellement anthropomorphes. De fait, si des représentants de l’humanité « normale » sont bien présents sur ces panneaux, c’est toujours sous la forme de figurations humaines très simples, de très petite taille renforçant l’infériorité de leur statut par rapport aux créatures surnaturelles qui peuplent les mêmes panneaux. 

Relevé comparatif des anthropomorphes de style HMM à Fontainebleau
Source GERSAR 



A ces éléments caractéristiques du style HMM s'ajoute une profusion de symboles géométriques dont l'utilisation ne doit sans doute rien au hasard. Parmi ceux-ci, l'étude attentive des triangles est une piste intéressante car il en existe plusieurs sortes. En effet, outre les triangles classiques, on note la présence de triangles ponctués et de triangles assimilés à un pubis.

Par exemple sur la gravure que je vous présente en photographie aujourd'hui, l’unique triangle ponctué semble faire partie d’un signe plus complexe de type « lancéolé », avec une double hampe et des recoupements perpendiculaires à cette hampe double. Nombre de ces triangles ponctués servent à figurer une partie anatomique bien précise de créatures à la morphologie pour le moins déconcertante. Il s’agit d’êtres à corps filiforme sinueux ou dont le tronc est une grille, qui ont en commun d’être privés de jambes mais terminés par une queue qui elle-même se termine par un triangle ponctué. 

Anthropomorphes HMM et utilisation des triangles ponctués et pubiens
Source : GERSAR



Quant aux triangles pubiens, il est déjà présent dans l’art rupestre de Fontainebleau depuis probablement le paléolithique malgré l’absence d’un véritable contexte gravé autour de ces figures, et en particulier de représentations animalières caractéristiques de l’art pariétal (voir mes images de la Bl'Origine dont le pubis est entouré de deux chevaux en vente ici). Les triangles pubiens du corpus HMM sont  souvent intégrées à des représentations de personnages féminins avec un corps en grille ou se trouvent dans l’environnement immédiat de l’un des personnages. Il est bien évident que l’usage qui est fait des triangles pubiens dans ces compositions HMM est très différent de ce que nous avons sur les panneaux classiques. 

Voilà pour cette présentation un peu rapide des gravures de Fontainebleau du style HMM. Si leur datation s'avère exacte, ces pétroglyphes constituent un patrimoine d'une très grande valeur archéologique à préserver à tout prix. Ces étranges gravures rupestres de la forêt de Fontainebleau témoigneraient-elles de rites préceltiques ou druidiques ? Merci au GERSAR et notamment à Alain, Oleg, Laurent ainsi qu'à Cécile pour les éléments qu'ils m'ont transmis pour la rédaction de cet article !

Comme toujours, je me refuse à livrer la moindre localisation de ces gravures ici ou sur les réseaux sociaux. En cas de découverte de telles gravures, merci d'en informer le GERSAR et de taire leur localisation.

Vous pouvez retrouver toutes mes images et articles sur le sujet en suivant le tag : Gravures rupestres

Bibliographie :

BÉNARD ALAIN (2017) – Les abris ornés des VH (Forêt domaniale de Fontainebleau). Art rupestre (bulletin du GERSAR no 71), pp. 3-10. 
LEBON RICHARD, SIMONIN DANIEL & VALOIS LAURENT (2017) - Un important corpus de gravures rupestres de style inhabituel récemment découvert dans le massif de Fontainebleau. Bulletin de l’APRAB n o 15, pp. 61-71. 
LEBON RICHARD, SIMONIN DANIEL & VALOIS LAURENT (2018) – Des dépôts de pierres gravées relevant du style Haut Mont-Malmontagne dans le massif de Fontainebleau. Bulletin de l’APRAB n o 16, pp. 64-76. 
VALOIS LAURENT (2015) – La question des triangles pubiens dans l’art rupestre de Fontainebleau (1e partie). Art rupestre (bulletin du GERSAR) no 67, pp. 15-38. 
VALOIS LAURENT (2016) - La question des triangles pubiens dans l’art rupestre de Fontainebleau (2e partie). Art rupestre (bulletin du GERSAR) no 68, pp. 11-39. 

Et les articles de VALOIS LAURENT publiés sur le sujet dans les bulletins du GERSAR n o 70, pp. 13-28 ; no 70, pp. 29-34 et no 72 de juin 2018

mardi 14 mai 2019

Une libellule pas si déprimée à découvrir et inventorier

J'ai déjà évoqué ici les libellules (odonates) et leurs habitats à plusieurs reprises. Du printemps à l’automne, les occasions de photographier les libellules sont très nombreuses pour peu que l'on fréquente les mares et autres points d'eau du Pays de Fontainebleau. Mais de retour à la maison, identifier précisément ces belles inconnues n'est pas toujours aisé. Profitez de la 4ème édition de la fête des mares pour vous lancer dans l'aventure et participer à l'enrichissement des bases de données partagées.

Par exemple, le week-end dernier  j'ai observé la libellule déprimée. Très commune en Europe, on la rencontre jusqu'en Asie centrale. C'est une espèce relativement tolérante quant à la qualité du milieu mais Libellula depressa pourrait être moins abondante qu'il y a quelques années notamment du fait de la disparition des mares, de l’assèchement de certaines zones humides, ainsi que la densification de la végétation. Elle mérite donc d'être surveillée tout comme les mares.

Femelle Libellula depressa , Pays de Fontainebleau
Femelle Libellula depressa , Pays de Fontainebleau


Profitez donc du lancement national de la 4e édition de la Fête des mares samedi 1er juin 2019 pour vous inscrire au programme participatif d'inventaire des mares d'Ile-de-France animé par la Société nationale de protection de la nature depuis 2010. Ce travail a déjà permis de recenser près de 22 300 mares dans la région ! 


Comment participer ? 


Ce programme est accessible à tous, que vous soyez déjà un naturaliste confirmé ou tout simplement comme moi curieux de nature.
Différents degrés de participation vous sont proposés et participer à l'inventaire des mares de votre secteur peut se limiter à la simple localisation d'une mare. C'est déjà une information précieuse ! Vous pouvez vous lancer dans la description plus complète de la mare à l'aide de la fiche de caractérisation des mares (pdf du SNPN) puis y réaliser des inventaires naturalistes de la  flore (pdf), des odonates (pdf), ou amphibiens (pdf)  grâce à ces supports. Il existe un protocole d'observation pour la localisation des mares et leur caractérisation (pdf), l'inventaire de la flore des mares (pdf) ou celui de la faune des mares (amphibiens et odonates).

De retour chez vous, vous pourrez saisir l'ensemble de vos observations sur la plateforme de saisie dédiée à l'inventaire dans la rubrique Saisie des mares.
Et si on ne connaît rien aux odonates ? Rassurez-vous, la SNPN (entre autres) met à votre disposition des outils gratuits et facile d'utilisation.

Petit rappel comme je l'indiquais dans ce vieux billet : Il y a deux grandes familles de libellules au sens populaire : les Anisoptères (les libellules/Epiproctophor dont entre autres, les orthétrums, les libellules, les anax, les aeschnes, les gomphes, les sympetrums etc). et les Zygoptères (aussi appelées demoiselles). En raison des grandes variations pouvant exister entre individus d’une même espèce, les critères visuels courants ne sont parfois pas suffisants et doivent alors être complétés par d’autres observations plus précises mais pas faciles (comme l’analyse des pièces copulatrices ou de la nervation alaire). Pire, l’identification des jeunes (immatures) et des femelles est souvent rendue plus ardue et repose sur des critères encore plus pointus. Heureusement pour moi, cette femelle de la  Libellula depressa n'a pas ce défaut  et son identification ne souffre pas de difficulté.

Chez la libellule déprimée adulte, l'abdomen du mâle est bleu clair alors que celui de la femelle est brun et jaune (taches jaunes bien visibles sur les côtés). Son nom vient du latin depressus qui signifie déprimé, aplati, enfoncé et fait référence à l'abdomen de cette espèce qui est court, large et aplati. Attention, à l'état immature, mâle et femelle ont les yeux verts et le corps de couleur jaune donc très ressemblant à celui de la femelle adulte. Par ailleurs, c'est la seule qui présente une large coloration noire à la base de ses ailes antérieures.

Saurez-vous trouver à quelle espèce appartient ce spécimen ?


Les adultes, visibles d'avril à mi-septembre, volent très rapidement, se perchent souvent au sommet de la végétation. Les mâles agressifs, chassent les concurrents. Elles fréquentent les cours d'eau lents, les étangs, les mares même artificielles en pleine ville où elles peuvent se reproduire mais elles ont une préférence pour les points d'eau peu profonds, ensoleillés, à la végétation pauvre. Elles sont considérées comme une espèce de libellule colonisatrice des milieux neufs.

Pour vous faciliter le travail d'identification, re-découvrez les odonates de la région à travers les « fiches Odonates » (pdf) réalisées par la SNPN et ou consultez L'atlas en ligne de l' observatoire cettia 

Femelle Libellula depressa , Pays de Fontainebleau
Femelle Libellula depressa , Pays de Fontainebleau


mercredi 13 mai 2015

Des orchidées sauvages en forêt de Fontainebleau !

Orchis pourpre (Orchis purpurea)
Trouver une orchidée sauvage en forêt de Fontainebleau n'est pas impossible mais on peut facilement passer la journée à les rechercher si on connait pas un peu leurs biotopes ! En effet, les biotopes propices à leur épanouisement ne sont pas légions dans le massif forestier. Fuyez les pinèdes, les endroits sableux, les mares acides qui ne sont pas des lieux favorables.
La connaissance du terrain et du mode de pousse permet de chasser les orchis et les trouver est toujours un petit moment d'émotion. Je suis assez nul en botanique mais je suis un curieux de nature ou par nature et je peux vous dire qu'il existe plus d'une trentaine d'espèces à observer dans le Pays de Fontainebleau.

Commençons avec une remarque évidente mais nécessaire : les orchidées sont des fleurs fragiles et relativement rares. Il convient de ne pas les cueillir. Avec un appareil photo numérique ou même un smartphone, vous pourrez emmener avec vous un souvenir de votre orchidée sauvage.
L'orchidée est une fleurs que l'on trouve dans certains milieux à travers le monde.  Le nom Orchidée vient du grec orchis, qui signifie "testicules", en référence à la forme des tubercules souterrains de certaines orchidées.  Une trentaine d'espèces poussent en forêt de Fontainebleau. Elles ne sont pas toutes aussi exubérantes que celles des tropiques ou des serres. Nos orchidées sauvages ont des fleurs plus petites mais pas forcément moins jolies.
Aujourd'hui, leurs biotopes sont souvent menacés en Ile de France et dans le Pays de Fontainebleau du fait de l'urbanisation, des changements industriels et agricoles, de la sylviculture et de l'enrésinement de la forêt de Fontainebleau ou du tourisme. J'y reviendrai régulièrement sur le blog…

Comment reconnaître une orchidée dans la nature ?


Quatre détails de la plante pour permettront de déterminer si vous avez à faire à une orchidée ou pas :

  1. Les feuilles sont sans dents, sans découpes et plutôt rectiligne.
  2. Les nervures des feuilles d'orchidée sont parallèles aux bords de la feuille.
  3. Au sol les feuilles de certaines orchidées sont opposées, pour d'autres elles sont réparties sur la tige.
  4. Enfin à la base de chaque fleur une grosseur est visible. Elle contiendra la future graine après fécondation. 
  5. Mais attention, au-delà des très belles et exubérantes orchidées, certaines (la Néottie par exemple) peuvent facilement être confondues avec d'autres plantes 



On trouvait dans l'encyclopédie en ligne sur Fontainebleau, un très bon pdf animé présentant 35 espèces mais il n'est plus disponible. J'ai donc refait un petit guide d'identification des principales espèces d'Orchis et Ophrys (c'est gratuit !). Pour les passionnés, mon ami photographe Djamal vous en propose aussi plusieurs articles sur son site et un ebook sur les orchidées. Enfin, pour celles et ceux que cela intéressent voici une quinzaine de pages (pdf) pour apprendre tout ce qu'il y a à connaître à leur sujet.
Voici quelques espèces que j'ai pu photographier dans le Pays de Fontainebleau et qui sont facile à identifier :

ORCHIS




Orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis)





Orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis)

Orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis)


Orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis)

Orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis)

Orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis)

Orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis)

Orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis)




Orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis)






Orchis mâle (Orchis mascula)







Orchis mâle (Orchis mascula), Fontainebleau, 77
Orchis mâle (Orchis mascula), Fontainebleau, 77


Orchis mâle (Orchis mascula), Fontainebleau, 77

Orchis mâle (Orchis mascula), Fontainebleau, 77
Orchis mâle (Orchis mascula), Fontainebleau, 77
Orchis mâle (Orchis mascula), Fontainebleau, 77
Orchis mâle (Orchis mascula), Fontainebleau, 77




Orchis pourpre (Orchis purpurea)





Orchis pourpre (Orchis purpurea), Fontainebleau
Orchis pourpre (Orchis purpurea), Fontainebleau
Orchis pourpre (Orchis purpurea), Fontainebleau

Orchis Militaire (O. Militaris)










Orchis Bouc (Himantoglossum hircinum)

Orchis Bouc (Himantoglossum hircinum)
Orchis Bouc (Himantoglossum hircinum)





L'Homme pendu (Orchis anthropophora)



L'Homme pendu (Orchis anthropophora)
L'Homme pendu (Orchis anthropophora)





Enfin, les Ophrys dont les fleurs imitent à la perfection différentes espèces animales sont aussi présentent dans le Pays de Fontainebleau.

OPHRYS



C'est le cas par exemple de Ophrys Mouche (Ophrys insectifera)

Ophrys Mouche (Ophrys insectifera)
Ophrys Mouche (Ophrys insectifera)




Ophrys Mouche (Ophrys insectifera)

Ophrys Mouche (Ophrys insectifera)

Ophrys Mouche (Ophrys insectifera)







Ophrys Bourdon (Ophrys fuciflora)

























Ophrys Abeille (O. Apifera)







Platanthère à fleurs vertes ou orchis verdâtre  (Plantathera Chlorantha)



La platanthera chlorantha parfois appelée orchis des montagnes ou orchis verdâtre ou platanthère à fleurs verdâtres est une orchidée sauvage terrestre européenne qui est relativement rare et très localisée. Elle se rencontre le plus souvent en pleine lumière, sur substrats acides ou humides et dans des dépressions marécageuses en montagne. A ne pas confondre avec la plantathera bifolia dont les loges polliniques sont parallèles et non divergentes










Listère ovale (Listera ovata)






Listère ovale (Listera ovata)
Listère ovale (Listera ovata)

Listère ovale (Listera ovata)

Listère ovale (Listera ovata)

Listère ovale (Listera ovata)


Listère ovale (Listera ovata)
Listère ovale (Listera ovata)


Céphalanthère pâle ou blanche dite aussi à grandes fleurs ou Helléborine blanche (Cephalantera damasonium)



La Céphalanthère pâle atteint de 20 à 60 cm. On le trouve en milieux calcaires, surtout en chênaies pubescentes et en hêtraies. Elle est plutôt commune et sa floraison va de mi mai à mi juin. Comme elle est moins extravagante que les autres orchidées, on n'y prête sans doute moins d'attention



Céphalanthère (Cephalantera damasonium)
Céphalanthère (Cephalantera damasonium)